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Impact de la dette sur la masse salariale: ActionAid interpelle l’État du Sénégal

À la lumière de la crise sanitaire, et malgré la crise croissante de la dette, le Sénégal a aussi mis en place des programmes et stratégies pour maintenir les emplois et en créer pour les femmes et les jeunes. Cependant, malgré ces efforts fournis, ces systèmes politiques et juridiques mis en place qui accordent aux femmes des droits formels, le Sénégal à l’instar d’autres pays, autant que la société civile nationale peinent à réduire les violences faites aux femmes et aux filles.

L’augmentation des inégalités, de l’injustice entre les sexes et de la crise climatique font partie du quotidien des citoyennes et citoyens. Il est donc urgent de revoir le rôle fondamental de redistribution des États et de re-imaginer le secteur public. Au cours des quarante dernières années, les politiques d’austérité aux pays en développement ont entraîné des réductions d’effectifs dans le secteur public qui ont sapé la capacité des gouvernements à fournir des services publics de qualité. & En effet, pour que le recouvrement de la dette soit assuré, les Institutions Financières Internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale obligent nos gouvernements à adopter des mesures restrictives dont l’une d’elles qui a le plus d’impact sur les services publics est l’imposition de limitations de la masse salariale du secteur public, ce qui nuit à la fourniture de services publics sensibles au genre. Il y a deux conséquences directes dont les femmes sont les plus affectées : • Des blocages au recrutement de nouveaux travailleurs essentiels, même lorsqu’il y a de graves pénuries ; et • Des limites strictes aux salaires déjà bas des travailleurs actuels du secteur public, ce qui nuit au recrutement et à la rétention de personnel qualifié ainsi qu’à la qualité en soi et à la disponibilité du service public.

La mise en oeuvre des réductions de la masse salariale du secteur public se révèle à la fois brutale et sans orientation, allant à l’encontre des objectifs de développement et sapant la capacité des gouvernements à répondre aux crises croisées ; elle compromet les progrès en matière de santé, de protection sociale, d’éducation, d’égalité des sexes et de réduction de toute forme d’inégalité ou d’inéquité. À l’occasion de l’atelier national consacré à la  restitution de l’étude sur l’impact de l’endettement sur la masse salariale au Sénégal, qui s’est tenu ce 1er Decembre 2021, la société civile a encore interpellé l’État du Sénégal sur les contraintes imposées par le FMI au Sénégal. « Cette étude nous a révélé des résultats très intéressants. Les conditionnalités imposées par le FMI ont un impact sur la mobilisation des ressources, sur l’investissement, autrement dit la redistribution », souligne Zakaria Sambakhé. Poursuivant, le directeur d’Actionaid participant avec les autres membres de la société civile, révèle que « la croissance devrait servir aussi à la redistribution dans le secteur public sensible au genre. Par contre, on voit la croissance et le remboursement de la dette », dénonce Zakaria qui estime que c’est la femme qui sera obligée de jouer aux sapeurs-pompiers dans les ménages.

« On a évalué cette contribution à 10% du Pib du Sénégal. Si les autorités venaient à reconnaître le rôle des femmes dans les communautés, vous verrez comment le Sénégal pourrait s’en sortir. Nous voyons aussi que le service public est en train d’être privatisé. Alors que la solution devrait être le public dont le service doit être gratuit : la santé, le transport, l’énergie, l’éducation. L’une des recommandations est de rendre gratuit le service public, la masse salariale doit être rationalisée. Si chaque année on recrute 10.000 enseignants, le gap serait comblé ».

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