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Thiès, le rayonnement entre élections locales et agitations politiques (Lamine A. FALL)

Le remake de 2014 théorisé par certains responsables politiques n’aura pas vraiment lieu. Et pour cause… beaucoup d’entre eux ont mûri. Et la jeunesse d’hier, l’est moins aujourd’hui. La dynamique d’alors, impulsée par un ancien ministre téméraire, mais très peu stratège, à l’évidence, avait fait perdre à la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, le contrôle de l’ensemble des exécutifs locaux. Les thiessois avaient montré leur préférence à l’orange, couleur du parti du Président Idrissa SECK.
Sept années après cette raclée politique historique vécue par la majorité présidentielle, la ville de Thiès semble tenir encore à son leader.
Acceptant la main tendue du Président de la République en rejoignant la grande coalition Bennoo Bokk Yaakaar, Idrissa a fini de conforter sa mainmise sur l’ensemble de la ville. Nul n’est dans le secret du sacrifice mutuel de ces deux grandes personnalités, mais l’on peut aisément conjecturer que la patrimonialisation politique de la « Cité du Rail » était nécessairement au centre. Tant mieux, si l’engagement pour la construction inclusive et sans délai d’un pays uni et passionné dans le travail et résolument orienté vers l’émergence économique, sociale, politique et culturelle devait passer par l’acceptation de la main de l’adversaire juré d’hier. Les Thiessois qui l’ont combattu n’avaient pas tord, puisqu’ils le prenaient pour un ennemi du peuple nageant à contrecourant de l’intérêt général. Aujourd’hui que la plupart de ces citoyens ont finalement compris que le Président Idrissa SECK n’est ni un marchand d’illusion ni traître, son assise sur les différentes collectivités de « la Ville aux deux gares » ne s’en trouvera que renforcée. L’on se rend compte aujourd’hui que son seul péché était de voir autrement et d’agir politiquement selon les contingences. Sous ce rapport là, nous avons nous-même écrit énormément d’insanités sur lui et sa gestion à chaque fois qu’il a fallu lui apporter la réplique au nom de notre leader et Président de l’Alliance pour la République. Aujourd’hui encore, il lui est reproché de répondre favorablement aux sirènes de l’intérêt général. Nous estimons que sa seule ingratitude est d’avoir feinté habilement les grands radicaux de la scène politique qui n’ont pour dessein que d’incendier notre pays à flots de discours incendiaires et d’invites à la désobéissance au nom de l’antisystème. Dès lors, au nom de cet intérêt général et de la République, ces détracteurs ne peuvent pas prendre le dessus.
Aussi, pour toutes ces raisons, avions-nous très tôt saisi l’essence même de la sainte alliance « Mburook-Soow », une extraordinaire coalition de coalitions, plus puissante et
hautement plus dévastatrice que le Bennoo Bokk Yaakaar. Dès lors, les remous et vaines agitations pour anéantir cette volonté partagée de deux leaders d’expériences et d’expertises politiques avérées, n’étaient que feu de paille. Nous avons donc, expressément accepté de participer à l’oeuvre d’édification d’une nouvelle ville Thiès aux côtés de responsables du parti REWMI choisis par le duo Macky-Idrissa, et nous l’avons fait, à la tribune du 04 avril, offert par notre frère, le maire Lamine Diallo.
L’émergence des collectivités territoriales thiessoises vaut tous les détours, tous les sacrifices. Les investitures pour les élections locales du 23 janvier 2022 ont été faites dans la douleur, mais heureusement, dominée par un esprit de dépassement à toute épreuve. Certains militants se croyant suffisamment responsables et ayant pris en bandoulière le slogan « jamais derrière un maire de REWMI » se sont heurtés à la robustesse et à la fermeté de la grande coalition naissante, inspirée par nos deux leaders.
La grande coalition « Mburu ak Soow » vient de démontrer, s’il en était besoin, que le transfert définitif de pouvoir local est opéré, mais encore, que le renoncement politique du Président de la République à la remise en cause de l’autorité du Président Idrissa SECK sur l’étendue de la ville de Thiès est une belle réalité. Ainsi, accepter d’être l’herbe qui trépasse, lorsque deux éléphants se battent, n’est que suicidaire. Même du temps le plus épique de ce mortal Kombat, nous n’avions pas décrété la mort politique de celui qui dans l’arène politique, symbolise le mythe de l’hydre, ce serpent gigantesque qui possédait plusieurs têtes, et soufflait par ses multiples gueules une haleine empoisonnée sur les marais de Lerne (cf. la mythologie grecque). Ce sera donc avec lui que se fera le destin de notre ville.
Si sa volonté et celle du Chef de l’Etat est de mettre à la tête de nos institutions municipales des hommes et des femmes en qui ils ont pleine confiance, Alléluia ! Nous les soutiendrons par devoir et par désir intense d’émergence. Nous avons choisi le camp des courageux et non des poltrons, de l’intelligence et non l’indigence intellectuelle, en somme, celui de la victoire.
Et ensuite viendra le vrai temps du travail. Pendant ce dernier septennat, les thiessois ont couru derrière l’idée d’une éventuelle réouverture de la NSTS et de la relance du chemin de fer. Selon les dernières informations, cela se précise de plus en plus. Les Thiessois qui, dans leurs rêves, parlaient de production, de transformation et
d’exportation de produits made in Sénégal devaient crier bien fort pour être entendu. Et encore, ils étaient qualifiés de chauvins. Qu’à cela ne tienne, nous acceptons d’être de « chauvins thiessois ». Pour sûr, nous attendons du duo Macky-Idrissa que notre pays arbore enfin le profil d’un pays émergent avec beaucoup d’exportations de produit transformés.
L’alliance politique Idrissa-Macky correspond à une conversion économique pour le Sénégal en général et la ville de Thiès (son terroir) en particulier. L’espoir renaît. Et pour la première fois depuis 2004, l’espérance d’une ré-industrialisation de notre région refait surface et commence à surfer dans les esprits les plus critiques. Et cela suffira au bonheur de ceux qui aiment ce pays. Nous n’avons pas de mots pour les autres. Le passage au purgatoire du Président Idrissa SECK aura duré 17 longues années. Basta ! Et nous savons de science certaine qu’un homme d’État comme lui, est doté d’une forte capacité à surmonter ses erreurs, mais surtout à pouvoir renaître en bon visionnaire.


Lamine Aysa FALL
Bennoo Bokk Yaakaar – Thiès-Nord
Lamineaysa.ndiaye@gmail.com

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