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RECRUTEMENT D’ENSEIGNANTS : LE SIENS APPROUVE ET SOUHAITE LA MISE EN PLACE D’UN PRSEF

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Dans le discours de célébration du 61ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le Président de la République tirant les enseignements de la crise politique, sociale et sanitaire que traverse le pays, a réaffirmé sa volonté d’œuvrer pour un « Sénégal pour tous » en mettant à profit l’ensemble des instruments à sa disposition pour « un nouveau point de départ », de nouvelles réponses aux besoins en éducation, formation, emplois, financement de projets et soutien à l’entreprenariat des jeunes.

A cette fin, il a décidé par une réorganisation des allocations budgétaires de dégager des ressources qui, sur trois ans permettront de financer un Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes qui sera issu du Conseil Présidentiel du Jeudi 22 avril.

En outre, une stratégie de territorialisation des politiques et de mutualisation des instruments de promotion de l’emploi, de l’entreprenariat et d’insertion des jeunes sera déclinée et reposera entre autres leviers et dans un souci d’équité territoriale et de simplification de procédures sur un guichet unique qui sera installé dans chacun des 45 départements.

Dans le court terme, le recrutement de 65.000 jeunes est annoncé avec une allocation de 80 milliards de FCFA dans les différentes « activités d’éducation, de reforestation, de reboisement, d’hygiène publique, de sécurité, d’entretien routier et de pavage des villes, entre autres », avec un quota spécial réservé « au recrutement de 5.000 enseignants pour le préscolaire, le primaire, le moyen et le secondaire, y compris les Daaras modernes et l’enseignement arabe ».

Le SIENS salue et soutient cette décision du Président de la République, comme réponse à la question du chômage des jeunes et de la problématique de l’emploi, et considère qu’elle peut être très bénéfique pour le Système d’Education et de Formation qui souffre d’un déficit lourd d’enseignants.

Cependant, pour notre organisation syndicale, cette décision implique un certain nombre de considérations :

  • Selon certaines estimations, le Sénégal aurait besoin dans les projections les plus optimistes de plus de 40.000 enseignants au primaire d’ici 2023. Le déficit est donc réel et les autorisations de recrutement et quotas annuels doivent impérativement être à la hauteur de ce gap ; ce qui ne semble pas être le cas depuis plusieurs années à tout le moins avec un niveau de recrutement moyen d’environ 2000 enseignants par an pour l’élémentaire ;
  • Un risque subsiste autour des modalités de ce recrutement s’il s’envisage en dehors des procédures appropriées et pourrait de ce fait répondre à une logique politique qui verrait dans le secteur de l’éducation et de la formation vital pour le présent et pour le futur du pays, une niche et une opportunité d’ajustement à court terme ;
  • Toute décision allant dans le sens de la création d’emplois dans le secteur hautement stratégique de l’éducation doit impérativement s’inscrire dans une logique de planification rigoureuse, de quête d’un accroissement de l’efficacité interne et externe, de la durabilité et de l’intégration des impératifs de l’agenda 2030, ainsi que du respect des principes, valeurs et objectifs partagés vers une scolarisation universelle de qualité, sans « laisser personne au bord de la route » ;
  • Un consensus fort s’est dégagé au niveau de la communauté éducative, compte tenu des implications négatives constatées (défaut de transparence, faible qualité, clientélisme politique, népotisme…), pour définitivement tourner la page des recrutements parallèles ou « sécuritaires », non conformes à la doctrine du cadre réglementaire pour l’entrée dans la profession d’enseignant. Au contraire, l’ensemble des acteurs militent en faveur d’une amélioration du dispositif et des procédures (décentralisation du Concours de Recrutement des Elèves Maîtres -CREM- dans une logique d’équité territoriale, augmentation de la durée de la formation initiale, meilleure adéquation avec l’année scolaire, relèvement du plateau technique des CRFPE avec une dotation appropriée en logistiques…) ;
  • La valorisation de la plateforme qu’offrent les CRFPE et la FASTEF, le démarrage de la formation initiale, la disponibilité des formateurs permanents (132 pour les 14 centres), l’existence de centaines de jeunes sénégalais qui ont déjà assumé les contraintes du concours d’entrée et placés sur la liste d’attente du CREM (sur les deux dernières années seulement, environ 1418 en français et arabe ), de même que tous ces jeunes sans emplois, déjà titulaires de diplômes professionnels tant pour l’élémentaire que pour le moyen secondaire. Tous ces éléments imposent le recentrage de ce recrutement exceptionnel sur ce riche vivier, si tant est que le seul souci des pouvoirs publics est de favoriser la création d’emplois dont le secteur a besoin pour répondre de manière pertinente au besoin d’éducation et de formation de milliers d’enfants et de jeunes.

Tenant compte de ces éléments, le SIENS :

  • Suggère au Ministre de l’Education nationale d’œuvrer conformément à la doxa de la grande communauté des acteurs de l’éducation au respect des valeurs et du consensus fort pour un recrutement en quantité et qualité, notamment sur la base du vivier indiqué et de ne point céder aux chants des sirènes allant dans le sens d’un recrutement fondé sur une vue à court terme et non en adéquation avec une éthique de refondation de l’Ecole comme socle de production du capital humain et d’un Sénégal moderne et authentique ;
  • Demande au Président de la République, au-delà de ce recrutement exceptionnel bien salué, de mettre en place un plan de relance du système d’Education et de Formation qui intégrerait d’ici à 2024 la question du financement massif et innovant du secteur, le recrutement d’agents en nombre et qualité, y compris, comme annoncé récemment lors De la cérémonie officielle de lancement du rapport international du Programme d’Analyse des Systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC), celui d’inspecteurs de l’enseignement en charge de la conception, du contrôle et de l’encadrement, ainsi que la mise en place de conditions attrayantes de rémunération et de performances seule gage de maintien, de stabilité et d’efficacité interne et externe ;
  • Convie l’ensemble des acteurs à garder un niveau élevé de vigilance et à exercer leur droit de regard et leur capacité critique, afin que notre projet d’Ecole ne soit pas dévoyé.

Fait à Dakar, le Samedi 10 Avril 2021

Pour le Bureau exécutif national

Le Secrétaire général national

Al Cantara SARR




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