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Année scolaire 2020/2021: la COSYDEP fait le point.

La présente note fait la synthèse des discussions sur les différents points du contexte en rappelant d’abord les raisons qui justifient le choix de la question et ensuite la position de la COSYDEP.

  1. LE RECRUTEMENT DE 5000 ENSEIGNANTS PAR LE MEN

La mesure se justifie par le fait qu’elle soit une réponse à une veille demande des OSC dont la COSYDEP. Dans ses différentes déclarations faites à la suite des leçons tirées de la pandémie du Covid 19, la Coalition a mené plusieurs plaidoyers pour la résorption des grands déficits qui fragilisent le système éducatif notamment le déficit en enseignants. Toutefois, sa pertinence ne doit pas éclipser la nécessité de disposer d’enseignants de qualité remplissant toutes les conditions requises sur le plan de la compétence. A cet effet, la Coalition a très tôt attiré l’attention sur la transparence et l’observance de critères objectifs écartant toute démarche complaisante et partisane. Des suggestions claires ont été faites dans le sens des modalités en demandant d’accorder la priorité aux candidats titulaires d’un diplôme professionnel.

  1. LA TENUE SCOLAIRE

Elle rentre dans les mesures constitutives des réformes des années 2000 pour la démocratisation de l’éducation, la réduction des inégalités à l’école, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Le ministère a d’ailleurs expérimenté des formules mais la question des coûts, les problèmes de distribution et la complexité des marchés avaient fini par écarter la formule centralisée en déléguant la question aux IA, en rapport avec les collectivités territoriales et les établissements. Même si les résultats obtenus sont encore à améliorer, il convient de respecter les principes de la déconcentration / décentralisation. Le ministère peut accompagner les IA tout en leur laissant l’initiative des décisions. En tout état de cause, deux questions se posent. D’abord la priorité de cette opération de 10 milliards face aux défis prégnants, ensuite le dispositif participatif et transparent qui devra la soutenir pour l’exécuter, si le niveau central était retenu pour l’opérationnaliser.

  1. LA PANNE DU DIALOGUE SOCIAL

Depuis plus d’un an, le monitoring des accords gouvernement-syndicat est paralysé. Malgré les efforts faits et les risques encourus par les enseignants durant la période de la pandémie, aucune mesure décisive allant dans l’application des accords n’a été prise. Il s’y ajoute un arrêt systématique des réunions de suivis. L’analyse du contexte montre que cette situation constitue une source de crise latente dans l’espace scolaire. La Coalition réitère son appel pour la reprise du dialogue et la mise en œuvre des accords. En outre, elle demande, comme par le passé, que les prochaines vacances soient mises à profit pour préparer la rentrée et anticiper les conflits potentiels.

  1. DENOUEMENT DE L’ANNEE SCOLAIRE

Il rentre dans la théorie des 3D (Démarrage, Déroulement, Dénouement) développée par la Coalition et qui indique les moments cruciaux de l’année scolaire. Comme pour l’année précédente, le dénouement de 2020-2021 se fera en plein hivernage. Il est particulièrement important de prendre toutes les dispositions utiles pour une organisation réussie des examens scolaires. La Coalition recommande (1) d’établir un état des lieux objectif de la tenue des examens de l’année passée ; (2) d’en tirer les leçons pour mieux adresser les examens de cette année ; (3) de cartographier les écoles inondables pour identifier les potentiels centres d’examen ; (4) de soutenir le dispositif par une préparation psychosociale des candidats et de leurs enseignants ; (5) de renforcer le dispositif de sécurisation du processus des examens (éviter les fuites, fraudes et erreurs). Enfin, la Coalition considère que cette situation qui se répète devrait inviter à redéfinir le calendrier scolaire et à corriger conséquemment l’état du réseau scolaire.

  1. PERIODE PRE-ELECTORALE

La fin de l’année scolaire 2021-2022 coïncide avec une période préélectorale intense (locales, législatives et présidentielle) à laquelle le système éducatif est très sensible. Au regard des résultats obtenus aux examens l’année passée, des efforts doivent être faits pour relever encore la barre sinon la garder au même niveau. Il est un devoir pour la communauté éducative d’utiliser tous les moyens disponibles pour mettre l’école à l’abri des jeux d’acteurs. La Coalition estime nécessaire de trouver des stratégies qui invitent les candidats à décliner leur vision en matière d’éducation. Pour ce faire, la COSYDEP tiendra aux niveaux national et local, par l’entremise des antennes régionales, des séances d’interpellation de candidats sur leurs programmes et agendas pour le secteur de l’éducation.

  1. VIOLENCES CONSTATEES DANS LES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES

Il a été constaté ces derniers temps plusieurs cas de violences subies par les enseignants dans les écoles (cas des profs de Kébémer, de Thiaroye, …). La COSYDEP condamne vigoureusement ces situations qui brutalisent et humilient les enseignants. L’Etat doit prendre des mesures vigoureuses contre toute forme de violence dans l’espace scolaire et universitaire. Il faut cependant, faire remarquer que cette violence est l’expression d’une crise sociétale profonde. Une crise de l’autorité clairement établie. L’autorité religieuse, politique, coutumière, associative est défiée. Le parent, face à ses enfants, n’y échappe pas non plus. Par ailleurs, l’école est concurrencée par d’autres instances non contrôlées. Il s’agit de la rue, des médias, des réseaux sociaux qui sont des « écoles ouvertes ». En somme, ce qui advient aux enseignants est en réalité la conséquence de cette crise d’autorité qu’il faut adresser. Il nous faut interroger nos méthodes d’éducation pratiques, à travers l’école mais aussi les médias, pour y enlever tout ce qui est favorable à la promotion de la violence. A y regarder de plus près, c’est une véritable reconversion des mentalités qu’il faut opérer à tous les niveaux d’éducation.

  1. LA PROBLEMATIQUE DE L’EDUCATION AUX VALEURS

Cette question domine le débat à travers les LGBT et la problématique de l’éducation sexuelle ou à la sexualité, c’est selon. La COSYDEP estime que les communautés sénégalaises ont déjà leurs approches et leurs réponses tirées de leurs traditions, de leurs croyances et de leurs religions. Sa position est claire, il faut veiller sur la souveraineté du Sénégal en matière d’éducation avec un système qui écoute plus et mieux le citoyen sénégalais qui en est le bénéficiaire et qui doit en être le commanditaire. Le Sénégal n’a pas besoin d’autres réponses venant d’ailleurs.

La Coalition reste convaincue que les réponses fabriquées ailleurs ne passeront pas par l’école, comme en témoigne l’attitude des syndicats et des OSC déterminés à barrer la route à ces pratiques mais aussi la mobilisation citoyenne qui a engagé les leaders religieux, coutumiers et associatifs. Pour rappel, aux lendemains de la fameuse rencontre à Saly, entre le ministère de l’Education nationale, l’Unesco et le G7, le Directeur Exécutif avait été saisi au moins par trois organes de presse. La vigilance et le courage des syndicalistes avaient été salués. Ensuite, en revisitant le « Livre blanc » de 2014, en contribution aux Assises Nationales de l’Education et de la Formation, à la page 69, la COSYDEP avait bien positionné la problématique de l’éducation aux valeurs. A ce titre, les ANEF ont traité de façon rigoureuse et exhaustive la question des valeurs et recommandé les actions à entreprendre pour mieux ancrer le système éducatif dans les valeurs culturelles. La Coalition reste persuadée qu’une application intégrale et correcte des conclusions des Assises et une vigilance permanente constituent la meilleure manière de nous prémunir de tout danger (dépravation des mœurs, émigration clandestine, violence, …).

Seulement, dans un monde d’écoles ouvertes (télés, réseaux sociaux, …), il faut non seulement protéger les enfants à l’école mais aussi dans la rue et dans les familles. Pour ce faire, les meilleures réponses sont celles qui renforcent l’esprit critique et les capacités de discernement des enfants en vue de leur permettre de sélectionner dans la masse d’informations reçues, celles qui renforcent leur foi, leurs croyances et consolident leur culture. Le défi prégnant est la situation des « hors école » et les agressions des familles par des messages, des pratiques, des textes et images face à des enfants sans défenses solides. L’école devient doublement importante car elle est à la fois un cadre protecteur et un moyen pour accompagner la maison. Au total, la COSYDEP condamne toute tentative de promotion de contre valeurs.

  1. LE COVID 19 A L’ECOLE

L’année scolaire en cours est la première année de pandémie vécue pleinement par l’école et ses acteurs. En un moment où l’on parle de troisième vague, il est important d’appeler à plus de mobilisation et de vigilance. Les réponses développées pour renforcer la résilience du système éducatif, protéger davantage les élèves et les enseignants doivent être augmentées, diversifiées et diligentées. Pourtant, cette année devrait, non seulement permettre de renforcer la résilience du système mais aussi de résorber les nombreux gaps (déficits en infrastructures, équipements, personnels, quantum horaire, …). Mais on s’est rendu compte qu’il n’y a pas eu de corrections majeures sur le réseau scolaire en lien avec les injonctions du Covid, en plus de la tendance baissière du budget d’investissement.

La COSYDEP rappelle que les leçons apprises de la pandémie exigent des mesures fortes pour :

  • Résorber les déficits en infrastructures et personnels
  • Améliorer l’approvisionnement en eau et l’hygiène dans les écoles
  • Assurer la sécurité des établissements
  • Pérenniser le dispositif de lutte contre le virus dans les écoles
  • Renforcer les capacités des enseignants et des élèves dans l’utilisation des ressources numériques
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