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PODOR: HISTOIRE DE LA CREATION DU VILLAGE DE fondé-ASS

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Les moins jeunes se souviennent de la visité avortée de Jacques DELORS, alors Président de la Commission Européenne, à Phondèas. C’était si ma mémoire ne me trahit en 1991. Le Premier Ministre du Sénégal d’alors n’avait pas voulu accompagner Jacques DELORS pour… ‘‘cause de superstition’’.
Le Président de Dental Fondé ASS, le regretté A. Racine LY, avait alors commis le texte ci-dessous pour éclairer l’opinion publique et retracer l’historique de la création de Fondé-Aas. Ce texte, véritable leçon d’histoire, explique les fausses croyances qui veulent faire de Fondé-Aas un village tabou qui ferait perdre son pouvoir à toute autorité qui la visiterait.

LES MYSTERES MAL « FONDE AAS » DU PREMIER MINISTRE

Fondé-Aas n’est pas un village tabou. Il nous parait indispensable de nous attarder un instant sur quelques aspects historiques, lesquels ont sans doute directement inspiré des croyances quelques peu exagérés.
Nous sommes au milieu du XVIIe siècle. Gasbah actuel Podor est partie intégrante du Royaume du Tooro dont la capitale est Guédé.
Le roi, on le sait, porte le titre de Lam Tor. Celui de l’époque était Amad Ngay Sall.
Souvent le Lam-Toro et son équipage, une sorte de cavalerie, se déplacent à travers le royaume. La durée de son séjour dans un village dépend du nombre de de l’importance des affaires à traiter. Mais, si dans certaines contrées, les habitants sont heureux et fiers de recevoir le monarque, en revanche, ailleurs, ce n’est pas de gaieté de cœur que l’on est son hôte. En effet, nombreux sont ceux qui redoutent les visites du roi, il y a de quoi.
Les familles du village visité, servent à tour de rôle, conformément à la tradition, des plats copieux et exquis au roi et à sa suite. Toutefois les serviteurs qui portent les repas au souverain ne retournent jamais chez leurs maîtres. Pour la raison bien simple qu’ils deviennent et restent la propriété du roi. Le système dure, tant et si bien qu’il finit par laisser. On murmure, on s’interroge, car dans certaines familles, les serviteurs viennent à manquer. On cherche à fomenter des complots. On finit par jeter un sort au Lam-Toro. Mais, bien protégé par toutes sortes de gris-gris, de talismans et de fétiches, le chef reste indemne. Cependant son unique fils, le jeune prince et futur héritier du trône, est atteint. Il tombe gravement malade.
La nouvelle comme une trainée de poudre se répand à travers le Toro jusqu’au dernier hameau du royaume.
Le monarque réunit sa cour et tient conseil. Une décision est vite prise. Il s’agit de faire appel aux douze tablettes du Tooro. Mais l’eau bénite avec le lavage ne donne point de résultat. Et l’état du prince héritier empire…
C’est alors qu’un confident du roi fait venir Thierno Ciré auprès du monarque. Thierno Ciré Yakhoba LY sera le fondateur de Fondé-Aas. Il habite Thioffi, un quartier de Gasbah, à l’emplacement du futur fort de Faidherbe qui sera construit en 1854 et qu’occupera l’armée coloniale puis, plus tard et jusqu’à nos jours la gendarmerie nationale.
Le marabout est conduit auprès du prince. Grâce à Dieu, Theirno guérit in extremis le malade qui semblait condamné à une mort certaine. Que demande-t-il en échange de ses soins mystiques ? Simplement une terre à cultiver.
C’est le moment de sceller un accord, lequel conduira à un contrat de fidélité liant non seulement le roi et le marabout, mais aussi leurs successeurs respectifs.
Lam-Toro s’était adressé à Thierno en ces termes : « Les terres que tu auras traversées à cheval depuis ton départ de Gasbah jusqu’au moment où nous nous rencontrerons, seront tiennes et constitueront ta récompense ».
Lam-Toro et Thierno s’entendent sur un jour à l’aube duquel, ils partent à cheval, le premier de Guédé, le second de Gasbah. Au moment de leur rencontre, l’un avait fait plus es trois quarts et l’autre moins du quart de la distance entre les deux localités dans leur direction respective, quarante kilomètres séparant Guédé et Gasbah.
Au point de rencontre donc, les deux hommes échangent les salutations d’usage. Puis Lam-Toro dit : « Thierno, tu as quitté Gasbah tard peut être ? ». Et Thierno de répondre : « En effet, Lam-Toro, je ne voudrais pas te prendre trop de terre ».
Mais d’un geste majestueux, le roi désigne d’Est en Ouest et du Nord au Sud, les terres qu’il attribue définitivement à Thierno Ciré. Puis, il fait au marabout le serment solennel de ne plus jamais fouler ces désormais sacrés pour lui et ses successeurs. Et sans plus tarder, Thierno Ciré, entreprend le défrichement de ses terres, sur lesquelles, il va travailler pendant qu’il est encore à Gasbah. Plus tard, compte tenu de l’importance et de la fertilité de ses champs, il fondera le village de Fondé-Aas.
Thierno Ciré, fondateur de Fondé-Aas détenait des pouvoirs occultes impressionnants. N’a-t-il pas défriché ses terres sans se servir de sa hache, ni de coupe-coupe ? Simplement en trempant sa plume taillée dans un morceau de bois, dans son encrier (Dah) et en inscrivant des signes sur le tronc des arbres et des arbustes qu’il avait décidé de détruire. Sous sa plume magique, il dessèche arbres et buissons qui tombent aussitôt.
Cette histoire toute authentique qu’elle soit, n’en est pas moins imprégnée de surnaturel. Transmise de génération en génération, elle aura sans doute contribué à alimenter des superstitions parfois démesurées. Sans compter quelques faits saillants du passé colonial du village…
Doté de dons exceptionnels, Thierno Ciré ne pouvait négliger de protéger son village notamment contre l’étranger. Mais le but et la portée de ces protections occultes sont souvent mal compris. Il s’agissait de sévir exclusivement contre l’envahisseur et contre l’oppresseur. Il en va autrement à l’égard de toute personne bien intentionnée arrivant à Fondé-Aas. En effet, la logique ne saurait admettre que les mânes de Fondé-Aas sont les habitants sont d’ailleurs, fort réputés pour leur ouverture d’esprit et leur hospitalité s’en prennent s’en prennent sans distinction à tous les visiteurs, même ceux dont la présence est porteuse de bienfaits pour le village. Maints évènements d’importance variable et parfois très actuels, ont déjà démenti le tabou dont on veut encombrer Fondé-Aas….
L’avenir de tout un village, qui s’est particulièrement distingué par son ardeur à la tâche et son amour du travail est peut-être en jeu.

Feu Amadou Racine LY




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