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Sénégal/Vaccination contre la Covid-19: Tout ce qu’il faut savoir.

« Il faut que les populations sachent que ces vaccins ont suivi toutes les étapes, toutes les phases ont été respectées… »(Tandakha Dièye, Professeur Immunologiste)

le professeur immunologiste Tandakha Dièye s’est exprimé ce Dimanche 14 Février 2021 sur l’importance du vaccin. Pour rappel le chef de l’Etat, M. Macky SALL, avait en conseil des ministres du Mercredi 10 Février 2021, demandé au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour le démarrage de la campagne de vaccination sur toute l’étendue du territoire national à partir de la fin du mois de février.

Le spécialiste en vaccinologie rassure les populations sur l’efficacité des vaccins existants sur le marché. « Nous avons eu à travailler sur cinq types de vaccins. Les vaccins à ARN, les vaccins Moderna, les vaccins Pfizer, les vaccins de Astra Zeneca, le vaccin russe Spoutnik et la troisième plateforme qui est le vaccin traditionnel », informe le président du comité des vaccins Covid au Sénégal.

Nous avons travaillé sur les doses des vaccins et la conservation et enfin leur efficacité

Cependant pour mieux convaincre la population, il étale la stratégie médicale utilisée au Sénégal qui a abouti à une conclusion concluante. « Nous avons travaillé sur la tolérance, sur l’innocuité parce que le vaccin ne doit pas tuer quelqu’un. Il faut que les populations sachent que ces vaccins ont suivi toutes les étapes qu’il faut pour arriver au point vaccin. Toutes les phases ont été respectées. Aussi bien l’innocuité, l’immunogénicité a été recherchée. Nous avons travaillé sur les doses des vaccins et la conservation et enfin leur efficacité. »

Toutefois, il reconnaît qu’il leur faut encore et mieux expliquer en détail l’efficacité des vaccins que le Sénégal compte emmener. « Ce sont les première et deuxième phases qui sont les plus difficiles. C’est à ce niveau qu’on doit convaincre la population sur la normalité de l’apparition des effets secondaires qui sont attendus. Mais ce sont les effets secondaires graves qu’il ne faut pas. Nous vous rassurons que rien n’a été laissé au hasard. Tout a été bien documenté et ce sont des vaccins qui sont sûrs. »

« Il y a plus  de 5 millions de doses qui sont données chaque jour et l’Afrique est derrière« 

L’expert international sur les vaccins dans le monde et membre de plusieurs comités internationaux sur les vaccins rassure les populations qui sont récalcitrantes sur la prise du vaccin contre la Covid-19. Il donne les chiffres ahurissants de la vaccination dans le monde. Et ce qui l’étonne, c’est que l’Afrique est toujours derrière et que le Sénégal est toujours dans la phase d’hésitation de la prise de la dose de vaccin. 

« Il y a 172 millions de doses de vaccins qui sont distribuées dans le monde ce matin. Il y a plus de 5 millions de doses qui sont données chaque jour et l’Afrique est derrière . Tout le monde sait que cette Covid-19 tue et c’est un véritable casse-tête pour tout le monde. Il est grand temps que l’on comprenne que pour y arriver, il y a une autre possibilité que nous avons, une autre arme que nous avons, c’est le vaccin. Il faut qu’on en profite le maximum possible. Nous sommes prêts à répondre à toutes les questions possibles, même les rumeurs sont les bienvenues. En tout cas, le vaccin rime avec rumeur, rime avec suspicion, rime avec méfiance. » 

Et de conclure pour dire que « malgré les variantes qui peuvent entraver la marche du vaccin, il faut savoir que chaque pays doit avoir son épidémiologie propre. Nous au Sénégal on a vu qu’on a eu très peu de variantes. Ce qui fait que l’ensemble de ces vaccins sont bien valables pour le Sénégal. » 

« La vaccination ne va pas freiner la dissémination du virus. Elle vient en complément aux gestes barrières… » (Dr Coumba Kane, virologue )

S’il y’a un besoin criard pour le Sénégal au moment où le virus lié à la pandémie de covid-19 s’est largement propagé dans toute l’étendue du territoire, c’est de se doter de moyens nécessaires de limiter la propagation. C’est d’ailleurs ce qu’ont soutenu plusieurs experts en santé et spécifiquement dans ce domaine où l’on parle de virus.  

En effet, se basant sur la particularité du virus et son aspect virulent, le Dr Coumba Touré Kane rappelle à la population la nouvelle posture à prendre face à son évolution. « Nous sommes dans une pandémie qui doit réveiller encore une fois de plus, l’ensemble des consciences surtout vers un changement de comportement. Il nous faut adopter avec facilité le respect des mesures barrières édictées par les autorités sanitaires parce que pour le moment, même avec le vaccin qui est tant annoncé, l’impact ne sera pas immédiat. Donc, ce qui peut nous protéger, c’est le respect de ces mesures- là, particulièrement le port de masque », soutient l’experte en virologie.

Interpellée sur la mutation du virus en période de froid, la professeure titulaire de microbiologie, bactériologie et virologie à la Faculté de médecine l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar sera sans équivoque.  » Ce sont des virus qui sont généralement des virus à pic épidémique saisonnier. Donc on peut relativiser car, si nous prenons le cas de l’Afrique du Sud, ils sont en période de chaleur et nous en période de froid ». Ainsi, explique notre interlocuteur, « les virus à voie respiratoire ont généralement une recrudescence en période de fraîcheur. Mais pour ce coronavirus, c’est l’avenir qui édifiera le monde, notamment celui scientifique ».

Cependant, le virus en lui-même, mute. C’est d’ailleurs la particularité des virus dits ‘virus à ARN’ (leur matériel génétique étant composé d’un acide nucléique appelé ARN). Cependant, le Dr Coumba Touré Kane estime que nous ne disposons pas des moyens pour faire toute la surveillance génomique requise pour voir exactement quels sont les virus qui circulent, pourquoi tel ou tel variant etc. « C’est vrai qu’il y’a l’Institut Pasteur qui fait des séquences, il y’a également l’Iressef qui en fait. C’est donc certainement pas suffisant pour étayer tout ce qui est virus circulant dans le pays. Car il faut faire des échantillonnages répétés, selon les localités géographiques et les séquencer. C’est vrai que cela a un coût onéreux… Qui va donc les prendre en charge? C’est la vraie question à se poser », rappelle le Dr Kane.
Ce qui est clair, c’est que le testing doit être décentralisé, comme le fait savoir la virologue.

« Je le dis depuis le mois de Mars. Pour cette pathologie, il faut une large formation pour commencer à faire le testing un peu partout dans le pays. C’est ce qui nous permettra d’ailleurs d’avoir un grand nombre de gens testés.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le Sénégal doit se préparer à d’autres éventualités concernant l’apparition d’autres virus plus virulents. Il nous faut donc bien nous y préparer avec un système sanitaire performant et bien préparé.

S’agissant de la vaccination, la  conseillère en charge des partenariats, de la recherche et de l’innovation auprès du ministère de la Recherche et de l’Innovation de l’Enseignement supérieur estime que le vaccin ne vient qu’en complément. C’est pour ainsi signifier aux sénégalais que la lutte se fait globalement. « On doit se rendre à l’évidence et savoir une bonne fois que le vaccin vient en complément à tous les éléments et stratégies de riposte que nous avons déjà mis en place. Ce n’est pas la vaccination qui va freiner la dissémination du virus. Même avec la vaccination, le virus va continuer à coexister avec nous. Donc il est important que les gens sachent l’importance de ce vaccin, car il freine les formes graves et peut aussi, peut-être, limiter certaines infections ».

C’est dans ce sens qu’il est important que tout le monde se mette dans une bonne logique de communication pour faire savoir aux citoyens, l’importance de ce vaccin, mais également l’impératif de s’armer toujours de ces mesures barrières édictées par les autorités sanitaires. C’est extrêmement important », considère le Dr Coumba Touré Kane.

Dans cette perspective, la virologue reste persuadée que la riposte se fait à tous les niveaux et par toutes les couches existantes surtout au niveau communautaire en insistant sur l’aspect comportemental. 

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