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Sénegal: Covid-19, 3 mois aprés.

« Le nombre de tests a été multiplié par 20 depuis début mars, avec une capacité qui est passée de 500 à 2000 »Dr Amadou Sall (Institut Pasteur)

« L’analyse de trois mois d’activités a permis de constater qu’au total 51 694 tests ont été effectués par l’institut Pasteur de Dakar », a révélé ce samedi, le Dr Amadou Sall. Ces prélèvements ont été effectués sur autant de personnes dans le cadre du dépistage et de la prise en charge du nouveau coronavirus depuis la détection, le 2 mars 2020 du premier cas de Covid-19 au Sénégal.

« Le premier cas suspect a été testé le 26 février 2020 et le premier cas confirmé, le 2 mars », a dit le directeur de l’Institut Pasteur de Dakar, faisant le point mensuel sur la situation du Covid-19 au Sénégal.

Les prélèvements des cas suspects ont été réalisés par l’Institut Pasteur de Dakar, mais aussi par deux laboratoires mobiles déployés à Touba et à Kolda. Les labos mobiles de Touba et Kolda ont réalisé respectivement 7 224 et 4 832 en trois mois de riposte contre le nouveau coronavirus.

« L’installation de ces labos mobiles a pour but, selon lui, de renforcer la lutte au niveau des régions et permettre une détection précoce des cas ».

 « Le nombre de tests a été multiplié par presque 20 depuis le mois de mars, avec une capacité qui est passée de 500 à 2000 tests par jour. Nous sommes dans une dynamique d’adaptation », nous apprend le directeur de l’Institut Pasteur de Dakar.

Il est revenu sur le traitement rapide des échantillons. « Il est extrêmement important, puisque la totalité des tests qui sont réalisés par l’Institut Pasteur de Dakar sont rendus dans les 24h », a-t-il indiqué.

Le Dr Sall s’est félicité de la mise en place d’une plateforme digitale qui a déjà reçu plus de 160 connexions par jour. Elle est utile pour rendre les résultats aux médecins chefs des districts et des régions afin d’améliorer la lutte sur le terrain, selon lui.  

« Une autre plateforme de suivi des traitements a été mise en place. Des évaluations régulières sont faites afin d’ajuster le traitement et de changer de démarche chaque fois que c’est nécessaire », a appris Amadou Sall.

Il souhaiterait que le travail se poursuive de manière à donner l’opportunité d’avoir accès à de nouveaux traitements. Sall est d’avis que pour vaincre l’épidémie, il faut une adaptation du dispositif accompagné par le respect strict des mesures de prévention, des mesures d’hygiène et des mesures barrières.   

« Au cours des trois derniers mois, la nature dynamique de l’épidémie a nécessité une adaptation régulière du dispositif et de la stratégie de lutte qui devra être poursuivie compte tenu des nouvelles mesures qui ont été prises ».

Prise en charge en réanimation : « Hôpital Dalal Diam et Matlabul’Fawzeyni, les futurs centres dédiés ». (SAMU)

Dans la perspective d’une meilleure gestion de l’épidémie à coronavirus, d’autres services de réanimation s’avèrent nécessaires.

C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, lors du point de presse consacrant les trois premiers mois de lutte contre la Covid-19, le professeur Mamadou Diarra Bèye, directeur du SAMU national, a affirmé que « l’hôpital Dalal Diam ainsi que celui de Matlabul Fawzeyni, auront des espaces entièrement dédiés à la prise en charge des cas graves ».

Par ailleurs, Mr Diarra Bèye, au vu de l’allègement des restrictions, informe qu’une certaine priorisation sera accordée aux  personnes âgées et celles vulnérables.
Aussi, une des dispositions nouvelles a été la mise en place dans les différents hôpitaux régionaux, de lits de réanimation pré-covid; autrement dit, mettre en place les soins appropriés en attendant les résultats qui seront prélevés après l’évacuation.

Le directeur du SAMU national notera d’ailleurs que des efforts sont en train d’être faits pour recevoir dans les plus brefs délais les résultats des tests pour savoir si le malade va être transféré dans les sites classiques ou dans un centre de traitement Covid-19.

Covid-19 et stigmatisation : « Se cacher pour mourir est un danger » (Pr Moussa Seydi)

La lutte contre la covid-19 doit être entre les mains de la communauté. En insistant sur cette phrase, le professeur Moussa Seydi  invite la population à être plus responsable quant à la gestion de la maladie à coronavirus. Il invite les uns et les autres à éviter la stigmatisation qui est très dangereuse pour les malades qui tardent à aller se faire consulter. 

Pour le professeur Seydi, il y’a des patients graves qui refusent d’aller à l’hôpital pour cause de stigmatisation ce qui est grave d’ailleurs pour le malade qui se cache pour mourir mais aussi pour son entourage.

Il renseigne qu’il y’a même parmi ses malades des personnes qui travaillent dans le système de la santé, mais qui refusent de se faire soigner. Et cette forme de stigmatisation est un  danger car cela pourrait réduire à néant leur lutte. Il se félicite des malades qui ont  accepté de témoigner à visage découvert pour sensibiliser sur les méfaits de la maladie, car la prévention est importante dans ce contexte. Le traitement est essentiel pour la prise en charge afin d’éviter des complications. Une prise en charge qui nécessite bien sûr des moyens.

La lutte entre les mains de la communauté nécessite essentiellement le respect des mesures barrières pour éviter plus de malade, car autant le nombre de cas augmente, autant le nombre de décès peut s’accroître… 

Gestion de la Covid-19 après l’allégement : « On risque d’avoir beaucoup plus de décès si… » (Dr Abdoulaye Bousso)

« On a aujourd’hui plus de 4.000 malades de la Covid-19, après 3 mois de présence de la maladie au Sénégal. Le nombre de cas a bien évolué. On a eu 6 fois plus de guéris. Nous sommes partis de 8 à 47 décès. Les cas contacts représentent 86% et les cas importés 2%. Il faut s’attendre à ce que les cas communautaires augmentent. Aujourd’hui, ils représentent 10% des malades de la Covid-19. La majorité des patients que nous avons sont asymptomatiques. Ces derniers malades représentent 60,7% des sujets malades. Les cas importés constituent 2%. Quant aux cas contacts, ils se chiffrent à 87%. Il est relevé que 64% de nos districts sont touchés, aujourd’hui, et aucune région n’est épargnée », telle  est la situation dressée ce samedi 6 juin 2020 par le Dr Abdoulaye Bousso, le directeur du Centre des opérations d’urgences sanitaire (Cous).
 
Dans sa présentation, il a signalé que Dakar demeure l’épicentre avec un nombre de 74%. La promiscuité et l’étroitesse des maisons y sont pour quelque chose, a-t-il rappelé. 
 
Pour la classification des malades, il a signalé que 55% des malades sont des hommes. Du côté des personnels de santé : 131 malades ont été enregistrés. Ce sont des personnels administratifs, paramédicaux, médicaux etc… Les infirmiers et les sages-femmes malades représentent 45%. Quant aux médecins malades de la Covid-19, ils sont de l’ordre de 14%. 
 
Concernant la gestion des personnes malades du coronavirus, 33 sites de traitement ont été aménagés sur l’étendue du territoire. Parmi eux, 9 sites de prise en charge sont extrahospitaliers, a dit Dr Bousso. 
 
Ce dernier a toutefois salué la décision prise par le président Macky Sall, allant dans le sens de l’allégement des mesures de restriction. ‘’Nous invitons les populations à prendre en compte que la Covid-19 est toujours là. Nous faisons toujours notre mieux’’. Mais, il prévient : ‘’Si on ne respecte pas les mesures barrières, le nombre de cas grave peut connaitre une hausse. Si la maladie se propage, les personnes vulnérables seront plus touchées. Et les hôpitaux ne pourront pas les prendre en charge’’. 
 
Le directeur du Cous de relever une peur qui anime le personnel médical face à cette épidémie. ‘’Quand on voit le relâchement, cela nous fait peur. Il nous faut continuer de respecter les mesures barrières. (…). Aujourd’hui, il faut nous attendre à l’augmentation des cas communautaires. Si les mesures barrières ne sont pas respectées, on risque d’aller vers des situations extrêmement difficiles. Les prochaines semaines, il faudra qu’on mette l’accent sur les cas graves. Et si les mesures barrières ne sont pas respectées, les cas graves risquent d’augmenter et nos hôpitaux n’ont pas les ressources pour les prendre en charge. Il est extrêmement important qu’on respecte aujourd’hui plus que jamais ces mesures barrières. Il faut que tout le monde comprenne que la maladie est toujours là, qu’on n’est pas encore sorti de l’auberge. On risque d’avoir beaucoup plus de décès. Donc, il nous faut veiller à la protection des groupes vulnérables. Sinon on peut avoir une situation qui risque d’être plus dramatique’’. 
 
Par rapport à la libre circulation qui va suivre avec la levée des restrictions dans le secteur du transport nous allons avoir des difficultés à suivre tous les contacts. Les populations vont être amenées à bouger d’une région à une autre’’, a rappelé le Dr Bousso.




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