Slide background

Le système éducatif sénégalais : un modèle de résilience. (Serigne F. SECK)

Plus qu’une hypothèse d’école, c’est une réalité crue. Le système éducatif sénégalais fait, en effet, figure de proue à l’échelle africaine voire mondiale. Pour avoir produit d’illustres personnalités de la trempe de Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop, Lamine Gueye et j’en passe, notre système ne peut qu’être logé à la même enseigne que les systèmes les plus performants au monde.

Le passé de ce pays, jalonné par l’étape de la colonisation, conforte amplement cette théorie, si l’on en juge par le rôle de tête de pont joué par notre pays dans ce contexte de domination. Il aura suffi de revisiter le rôle prééminent joué par notre système dans la formation de l’élite africaine pour se convaincre de la performance de celui-ci. En effet, l’élite de cette époque était formée dans sa majorité, au niveau de l’Ecole Normale William Ponty qui faisait office de creuset dans lequel étaient préparés les profils nécessaires à la gouvernance de bon nombre de pays africains. Cette vocation sous-régionale voire africaine a été maintenue sous l’ère des indépendances qui a vu naître avec la création de l’Université de Dakar et certains instituts orientés vers des programmes académiques plus structurés.

Aujourd’hui, plus que jamais, notre système a gardé ce rang en contribuant, dans le cadre des accords de partenariat interétatique, à la formation au niveau supranational. C’est l’occasion de rendre un hommage mérité aux hommes et aux femmes qui lui ont permis de tenir haut le flambeau. Le système continue, en dépit des aléas de tous ordres qui rythment son odyssée, de garder le cap afin d’offrir à notre Etat les meilleurs serviteurs qui soient. Dans ce même ordre d’idées, on ne peut ne pas tresser des lauriers à l’endroit de ces enseignants émérites qui continuent, jour après jour, de maintenir la flamme allumée par les générations précédentes. Le contexte de covid constitue donc un écueil que le système surmontera en puisant ses ressources dans le génie de ce peuple. Une réflexion approfondie sera de mise pour apporter à cette pandémie la meilleure réponse, tout en minorisant les risques de déperditions et les entraves susceptibles d’affecter les performances.

Avec les deux premières vagues, nos acteurs ont pu créer les conditions optimales de réussite, malgré toutes les contraintes qui planaient hélas sur l’année scolaire écoulée. Dans les mêmes conditions, une formule appropriée sera certainement apportée à cette troisième vague afin d’endiguer les effets dévastateurs de cette pernicieuse pathologie. Pour cela, il faut que les protagonistes s’arment de stratégies, de vigilance et aussi d’une tension permanente vers des actions opportunes et efficaces.  La viabilité de notre institution et sa survie semblent être assujetties au respect scrupuleux de cette exigence. Notre école continue encore d’offrir l’exemple d’un système résilient. Son parcours historique, fondé sur le génie d’un peuple apte à transcender toutes les difficultés liées à son histoire, constitue une profonde source de motivation dans la perspective de le sortir victorieux de cette lutte. C’est ce même génie qui a permis la création en 2011 d’une structure comme le CRFPE (fusion entre l’EFI et le PRF), structure qui a grandement contribué à l’amélioration de la qualité des enseignements-apprentissages au Sénégal. Son avenir radieux dépendra de notre capacité d’adaptation et d’invention. En d’autres termes, nous devons être plus créatifs et entreprenants.

Serigne Falilou SECK

Chargé de com /CRFPE de Louga

Partager



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *