PUBLICITE

DU NOUVEAU

De qualité pour tous

Pour une éducation

Une coalition

Kédougou / Lutte contre le COVID 19 : « La région est prête à faire face à la maladie au cas où elle se présenterait dans nos murs » (M. Saër Ndao, Gouverneur)

De par sa position géographique, la région de Kédougou, frontalière avec le Mali et la République de Guinée Conakry,  mérite une attention particulière. À cause de la porosité des frontières, un dispositif spécial doit être mis en place pour faire face à la pandémie du covid-19, communément appelé coronavirus.   Il urge que les acteurs prennent à bras le corps ce problème et mettent un dispositif pouvant permettre  « de faire face à la maladie au cas où elle se présenterait dans nos murs », a dit le tout nouveau gouverneur de région, M. Saër  Ndao. 

Dans un entretien exclusif accordé à Dakaractu, le chef de l’exécutif régional est revenu sur l’ensemble du dispositif, allant du plan de riposte régional, à la sensibilisation en passant par la prévention.

Plan de riposte et Surveillance des frontières : « On a pris toutes les dispositions pour qu’au niveau des frontières, on surveille le maximum possible »

Pour le Coronavirus nous avons tenu notre rencontre pour élaborer notre processus  de réponse face à cette épidémie. Il s’agissait d’abord d’expliquer c’est quoi la maladie, discuter avec l’ensemble des acteurs du système sanitaire de la région et l’ensemble des autorités administratives pour qu’on puisse voir réellement quel est l’enjeu, quel est l’impact, mais aussi quels sont les réels dangers. On a pu quand même recueillir les avis des uns des autres. L’instruction a été donnée au médecin chef  de la région, d’aller très vite vers l’élaboration de ce qu’on appelle le plan de riposte. Un  plan de riposte régional,  parce que Kédougou a une spécificité que d’autres régions n’ont pas. Nous avons une ouverture vers des voisins c’est-à-dire les deux frontières avec le Mali et la Guinée. À ce sujet, nous devons prendre des mesures hardies, des précautions pour un peu juguler la maladie au cas où elle se présentera  dans nos murs. C’est d’abord contrôler les entrées au niveau des frontières, bien sûr les sorties, mais aussi mettre le focus sur tout ce qui peut être un point de passage parce que ce ne sont pas seulement les points de passage réglementaires que les gens utilisent pour rentrer. C’est pourquoi on a mis à contribution les forces de défense et de sécurité (la police, l’armée, la gendarmerie) qui sillonnent tout le long de la frontière. Nous allons mettre en place un dispositif qui nous permettra de contrôler ces gens. Maintenant dans les discussions, il est ressorti que les forces de défense et de sécurité souhaiteraient avoir plus de formation, c’est ce qui a été retenu.  Et on va le mettre dans le plan de riposte pour qu’on puisse les doter en matériel si possible, mais aussi les outiller dans le cadre de la formation pour qu’ils puissent comprendre quel est le bon comportement à avoir face à cette maladie. Nous allons mettre les moyens qu’il faut, mettre l’expertise qu’il faut pour bien former les forces de défense et de sécurité qui sont sur le long des postes frontaliers. Mais aussi que ce soit au niveau de la Douane, de la police et de la Gendarmerie, de l’armée, on va tout mettre en œuvre pour essayer de faire le maximum de formation à ce niveau. L’autre souci c’est qu’ils avaient aussi souhaité avoir beaucoup plus de moyens, c’est-à-dire les moyens qui permettent de détecter  à première vue quelqu’un qui a des suspicions de maladie parce que c’est pas tout le long du corridor qu’on voit des infirmiers chefs de poste, parce que là où il y a des infirmiers chefs de poste, ils vont directement se référencer à lui, mais là où il n’y a pas des infirmiers chefs de poste, ils seront obligés de se débrouiller. En tout cas, on a pris toutes les dispositions pour qu’au niveau des frontières, on surveille le maximum possible et qu’au cas où il y aurait quelque chose qui pourrait ressembler à cette maladie on puisse le prendre en charge tout de suite et faire le nécessaire.

De la prévention :  « On a demandé au médecin chef de région d’aller vers les Inspections d’Education et de Formation (IEF) pour ensemble essayer de former d’abord au niveau des écoles les enseignants »

La seconde phase était dédiée à  la sensibilisation parce qu’il nous fallait mettre un plan de sensibilisation qui permettrait de dire à tout le monde c’est quoi le Coronavirus. Pour le moment, la maladie on peut la combattre par la prévention donc donner des mesures de prévention qui permettraient à tout le monde de voir qu’est-ce qu’il faut faire.  Ce qu’on a appelé toujours le lavage systématique des mains et ça on a demandé au médecin chef de région d’aller vers les Inspections d’Education et de Formation(IEF) pour ensemble essayer de former d’abord au niveau des écoles les enseignants, accompagner les enseignants dans la mise en œuvre des leçons d’éveil qui leur permettent d’installer au niveau de ses enfants les pré requis et les pré acquis nécessaires pour leur permettre de bien comprendre la maladie et pourquoi se laver les mains tout le temps. Mais aussi essayer de mettre dans les écoles un dispositif de lavage des mains pour que pendant la recréation et après les recréations,  avant que les élèves ne retournent dans les salles de classe, pour qu’ils puissent se laver les mains devant chaque classe  comme on l’avait fait avec Ebola. Devant chaque classe on doit avoir un dispositif de lavage des mains et ça je pense qu’il va falloir que le médecin chef  travaille avec les IEF pour qu’on puisse mettre tout ça en place, parce que ça rentre dans le cadre de la prévention.

De la sensibilisation :  « Les rassemblements qui n’ont aucune urgence et qui peuvent attendre qu’on les reporte à une date ultérieure. »

Le grand problème c’est les grands rassemblements. Lors de la réunion, il a été retenu que les rassemblements qui n’ont aucune urgence et qui peuvent attendre qu’on les reporte à une date ultérieure. Par contre, les grands rassemblements qu’on ne peut pas reporter, qu’on essaye de mettre un dispositif de lavage des mains avec une forte sensibilisation ou bien mettre à disposition ce qu’on appelle les gels hydro alcooliques pour permettre aux gens, chaque fois que de besoin, de se laver les mains parce qu’il y a beaucoup de monde, on se serre toujours la main, on fait manger les gens dans des conditions qui ne sont pas du tout ce qu’il faut. Là aussi, il faut qu’on prenne les dispositions et pour ça on a mis à contribution les communicateurs traditionnels qui vont beaucoup nous appuyer dans ça. On va leur donner la formation nécessaire pour  qu’ils nous appuient dans cette lutte. En tout cas ce que j’ai demandé, c’est que toutes  les occasions puissent être saisies pour faire de la sensibilisation. Dès l’instant qu’on aura cinq personnes autour de quelqu’un, qu’on puisse sensibiliser comme ça chacun prendra les dispositions.

Du rôle des média : « Ce sont les radios communautaires qui vont nous permettre d’aller vers les gens à travers les langues qu’ils comprennent »

On a réfléchi sur ça, parce qu’on a pensé que la sensibilisation peut passer par les occasions saisies, mais aussi par les radios communautaires. Ce sont les radios communautaires qui vont nous permettre d’aller vers les gens à travers la langue qu’ils comprennent et si on parle aux  gens dans les langues qu’ils comprennent, on peut toujours les amener à aller vers des situations qui permettent de transcender mieux la maladie et de s’installer dans cette dynamique de compréhension; donc on va mettre à  contribution les radios communautaires mais  pas qu’elles. Toute la presse réunie peut nous aider  à entrer dans cette phase de sensibilisation et chacun dans son coin, s’il dit que je peux être un relai sensibilisateur, le problème va être réglé… 

Yaya cissokho




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *