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DU NOUVEAU

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Qui sont Les Sérères ?…

Qui sont Les Sérères ?

D’après Pierret, « Sérère » désigne, en Egyptien, celui qui trace le temple.

En observant le Sérère, peut-être, Diodore de Sicile admirait 2 siècles avant J. Christ, la religiosité du Noir.

Parti de l’est en longeant la frange saharienne, le Sérère arriva sur la rive droite du Sénégal après un séjour dans la boucle du Niger, au royaume de Koukia.

Après les dynasties des Diaabées et des Par Diaabés musulmans, le Sérère, le Peulh et le Diola s’allièrent à des musulmans du Mali, sous la direction de Kodomak (Koromak).

Et une 3eme dynastie monta sur le trône, une dynastie noire, celle des Tondions. Les deux premières étaient à peau blanche.  Racisme dirait-on ! Oui et il fallait trouver la peau nègre. !  Cependant, surprise des musulmans ! Diolas, Peulhs, Sérères décidèrent de conserver leurs croyances. Ils partirent ; ils pratiquèrent la fraternité du sang – au préalable.  Un homme de chaque groupe donna quelques gouttes « de sang que l’on mélangea à du miel » ; l’on en goutta et il fut prononcé le serment de se porter amitié et secours pour l’éternité. Anathème sur qui violenterait au physique ou au moral « un parent à plaisanterie ».  Les Peulhs partirent pour l’ouest, l’est, le sud-est.  Les Djolas et les Sérères pour le sud-ouest. Nos ancêtres choisirent le bassin du Saloum et le Sud-ouest du pays des « Gayi dior ».  Ces territoires étaient déjà occupés par des Socés.  L’administration coloniale amputa le Sine du secteur de Juwaala ; le royaume du Baol perdit sa partie maritime avec Portudal ; le Kayor donna un grand morceau (la région de Tivaouane).

Ainsi, fut créé arbitrairement le cercle de Thiès. Il devint la région de Thiès. Les Sérères enlevés au Sine et au Baol furent appelés Sérères de la Petite-Côte (expression française) comme s’ils formaient une fraction à part. En gros, les Sérères se répartissent ainsi : du sud au nord.

  1. Au Sud-ouest, les Sine-Sine de Pal marin, Joal à Thiadiaye, Tassette, Babak sud de Thiès ; le long de la mer, au nord de Joal se sont installés des Niominka et des Saloum-Saloum du Log chassés de leurs pays par les guerres entre Maba et Saloum Samba Laobé Fall (Ngazobil, Ndianda, Mbodiène…).
  2. Les Dieghem de la côte, des environs de Mbour vers l’intérieur : Warang, Mbour, Soussane.
  3. Les Safènes du Baol : Portudal, Yène, Sangué (2 lieues au sud ouest de Thiès dont les habitants, les Tine, sont capables de calmer la mer en furie et de rendre la pêche fructueuse à Guérew.
  4. Les Palors-Sile ou Waro peuplent le Diander : Gorom, Sébikotane – Tieudem – Mbidjeum – etc.
  5. Au nord de Thiès, des falaises au Lac Tanma, vivent les Ndoutes appelés ainsi par leurs voisins, car ils étaient passionnés de Kassak de circoncis (Ndoute), et allant du côté de Tivaouane pour en atteindre Mont Rolland, Darou Alpha.
  6. Au nord-est de Mont Rolland, sont les Lehars, Pambal, Mbaraglou, Yeundane.
  7. Les Safènes doivent leur nom à leur aptitude à carder le coton (Saf en Sine-Sine signifie carder le coton).  Le secteur était-il riche en coton ?

N’est-il pas permis de penser que les hommes étaient de bons tisserands.

Le Sine Sine, lui-même, est appelé Dieghem-dieghem ou Kamé.

  1. Le dernier groupe, les Nones, occupe la région accidentée de Thiès (Fandène, Peykouk, Silman, Diankhène, Dioung…

Les Nones se considèrent comme Safènes. Ils se comprennent avec les Lehars et les Safènes.  Pinet Laprade (1860) le capitaine Vincent (1861), présentèrent « les Nones comme des hommes farouches, cruels envers les étrangers. C’était un monde fermé, entretenant le troc avec les voisins pour se procurer le strict nécessaire ; le None achetait avec défiance des armes au comptoir de Bargny ».

« Le None cultivait le mil, l’arachide, le cotonnier ; il vivait du produit du crû, comme les Sérères ».  Les voyageurs traversaient le pays none aux heures chaudes de la journée. Le courrier de Gorée, de Saint Louis, du Baol s’arrêtait à proximité du village de Diankhène. Les porteurs déposaient la caisse, prenaient quelques minutes de repos, se restauraient et repartaient. Le relais, le point de repos fut appelé « Caisse Dianhène » – déformé par les Français en Thiès Diankhène.  D’aucuns déclarent :

« le courrier arrivait au relais en plein midi et le quittait après un petit repos. Voyager à cette heure, c’est le dianq-dianq ».

« Les collectivités nones étaient indépendantes les unes des autres ». Elles supportaient mal l’autorité d’étrangers.

Et l’administrateur Dulphy nota en 1976 : « les taxes et les impôts n’étaient levés que par la violence ».

 

Administration au temps des rois

 

  1. Le damel du Cayor nommait Fara Ndoute. Ce chef, de la famille royale, sans prétention à la couronne, avait autorité sur les Ndoute, les Sile et la région du Diander.
  2. Le Teigne du Baol avait pour représentant un Jaraf auprès des Nones. Jaraf avait peu d’autorité sur le None.

En pays none, écrivait Dulphy « le Lamane était l’unique chef. Il administrait son village. Chaque village était une république indépend !!

Le Lamane était le plus ancien parmi les chefs de familles. Dans les affaires, sa voix était consultative, « égale à celle des autres » (Dulphy).

La fonction n’était pas héréditaire et il y avait collégialité.

  1. Dans la province du Sine, « le chef de la collectivité villageoise était la représentant de Bour ». Il ne pouvait être nommé sans son agrément. « A ce titre, il faisait exécuter les ordres du Bour. Il rendait la justice en premier ressort et fixait les amendes proportionnées moins au degré de gravité qu’au iegré de fortune. Le chef de village les versait au Bour qui lui remettait une part » (Dulphy).
  2. Chez les Safènes, le chef de village était l’homme le plus agé.

Les critères à remplir par le chef de village étaient :

– être éloquent, persuasif, savoir discuter, savoir convaincre ;

– posséder la sagesse : avoir beaucoup vu, beaucoup appris : avoir l’expérience des hommes ;

– être un homme de la connaissance : science de l’atmosphère, de la terre, des animaux, des végétaux ; savoir même guérir des maladies.

 

Rappel historique

 

Les Sérères du Sine et du Baol eurent à se plaindre des commis de commerce français installés sur la Petite Côte – Bour Sine et Teigne saccagèrent les comptoirs en 1678. L’amiral Ducasse obtint, l’année suivante, la cession d’une bande côtière large de 6 lieues.

De 1684 à 1691 Buur Saloum Makhourédia Diodio fut damel après avoir débarrasé le Cayor du marabout Khali Ndiaye Sall. Fara Ndoute allait lui présenter ses hommages annuels.  Les Français Pinet Laprade, Vincent, Azan s’intéressèrent au pays none qu’il fallait traverser pour acheminer le courrier de Dakar à Saint Louis.

Le grand Diogomay Tine de Gorom manifeste son désaccord quand Madiodio céda sa province à Faidherbe en 1861. Il invita Lat Dior à occuper la région ; il refusa de donner le nom des habitants lors du recensement des villages en 1863. Il mourut sous les canons de Pinet Laprade qui avait encerclé la cité – avril 1863.

Les Sérères massacrèrent les soldats de la garnison de Pout en juillet 1863 ; le sergent français échappe au carnage.  En 1861, Pinet Laprade exerça des représailles contre Pout ; puis il édifie le premier fort de Thiès du 5 au 12 mai.

Y a-t-il des races différentes ?

Les observateurs européens ont des opinions différentes sur l’ethnie sérère.

Villard dans son histoire du Sénégal (1940) a écrit :  « le bloc sérère est, peut-être, le plus ancien groupe ethnique du Sénégal ».  Beslier, page 32 :  « le peuple none, de race noire, occupe la petite république des nones, à la pointe sud du Cayor. Les nones sont fétichistes et parlent le None ;  « Le peuple sérère, de race noire, occupe les royaumes de Baol, de Diéghem, de Sine, de Saloum. Il est fétichiste et parle sérère ».  Sa distinction entre None et Sérère est réfutée par le père Gravrand qui reconnaît « l’existence de deux fractions : les Sérères Nones et les sérères Sine dont le langage est le caractère le plus distinctif quoique les dialectes ne soient que légèrement différents. Les premiers parlent le None et habitent le sud du Cayor ; les seconds parlent le Ndiéghem et peuplent le Baol, le Sine et les rives du Saloum ».  Le peuple sérère a formé un bloc avec les mêmes croyances, les mêmes coutumes bien qu’il y ait des diversités dues au milieu physique et au voisinage (Ouolof, Peulh, Socé).  Les musulmans du Cayor ne l’ont jamais inquiété ; et ils sont allés au Cap-Vert où ils préparèrent la révolte de 1790 contre damel Amady Ndela Coumba !

El Hadj Oumar en 1848 déclara à ses disciples « les nobles qualités sont en pays sérère ; seul manque l’Islam. Il viendra un jour ».  Amadou Cheikhou BA, vainqueur du Cayor en 1874-75, respecta les territoires sérères et campa, à proximitédes Niayes, à Noto Gari Diamo.  Joal, Fadjout, Ngazobil furent les premiers marchés de la conquête évangélique grâce à l’ouverture d’esprit, à la tolérance de Bour Sine.  Les missionnaires eurent plus de chance à Thiès qu’au Cayor et au Gadiaga.  Les Sérères, morcelés en communautés, sont attachés à leur terre, « à Koumba Ndiaye, femme vivante, désirable et féconde ; la pluie est la semence qui lui permet de donner son fruit » – le Père Gravrand.  Ils sont travailleurs : agriculteurs, éleveurs.  Ils ne sont pas bellicistes bien qu’ils défendent leur domaine avec les armes, avec des abeilles guerrières au Baol comme en pays mandingue.  Au sujet des dialectes, il faut signaler que le phénomène s’observe chez les Diolas et les Peulhs.  Le Peulh du Fouta et du Ferlo s’entend difficilement avec celui du Bandé à Kédougou, avec son parent du Fouladou. Les Diolas sont dans la même situation.

La société sérère

  1. a) Les gens libres cohabitent avec les griots – en pays none.

Chaque homme peut se livrer à l’occupation de son choix : tissage, vannerie, poterie, forge.

Pas de castes de forgeron, de cordonniers, de tisserands, de « bûcherons ».

  1. b) Fadhiout ignore les castes ; par contre la société Sine-Sine est hiérarchisée et en plus de la noblesse des hommes libres, elle compte des bijoutiers, des tisserands, des griots et des esclaves.



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