PUBLICITE

DU NOUVEAU

De qualité pour tous

Pour une éducation

Une coalition

L’HISTOIRE ORALE DES GRAND SERIGNE DE NDAKAROU

Ces en 1795 que le premier Serigne Dakar fut nommé à ce poste. C’était quasiment à la fin du 18ème siècle. Le titre de Serigne renvoie à des connaissances islamiques et juridiques de la Charia. Le premier Grand Serigne qui s’appelait Dialy Ngoné Mbengue était le fils de Massamba Diop surnommé Doudou Diop.
Pourquoi l’a-t-on élu Serigne Dakar ?
à cette époque, il n’y avait pas de Grand Serigne, mais Serigne Dakar tout court. A cette époque, la société léboue était déjà assez islamisée, chaque village léboue sont Serigne
mais comme le père de Dialy Ngoné était déjà un érudit de l’islam, quand il est arrivé à Thieudieum qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel siège de la Bceao, près du port de Dakar, on en fait un Oustaze. Donc c’était lui qui apprenait le Coran aux Dakarois.
A force de rester cohabiter avec les lébous, il a pris une femme dans la communauté du nom de Ngoné Mbengue qui est la mère du premier Serigne Dakar à savoir Dialy Ngoné. Comme ce dernier n’était lié aux lébous que par des liens matrilinéaires, les notables de la communauté l’ont élevé au titre à la fois de Serigne Dakar et de Juge.Le premier Serigne Dakar est fils d’un Bargueth, un noble de l’ancien royaume du Cayor, précisément du Coki. Il est resté à Dakar et a continué à dispenser des cours d’enseignement coranique. Dialy Ngoné a pris comme épouse une dame nommée Anta Ndiaye. De cette liaison est né Moussé Anta, le père de Dialy Beukeu devenu par la suite Grand Serigne de Dakar. Le role de grand serigne ces d’enseigner le Coran mais également d’être le Juge de la Communauté lébou. le terme « Chef supérieur » n’existe pas en milieu Lébou; c’est une invention du colon en 1914 pour soutenir un notable Lébou du nom de Gornarou GUEYE qui était « Ndéyi Diambour » (président de l’assemblée législative) acquis à leur cause.la communauté Léboue est matriarcale et non patriarcale. seul le titre de Grand Serigne est hérité de la lignée paternelle . Les autres comme le Jaraaf, ndey ji rew, Ndéyi diambour, Saltigué etc sont de la lignée maternelle.
à la bataille de Pikine en 1831, bataille qui opposa Matari Anta Diop, fils de Dial Diop, Serigne Ndakarou nouvellement élu aux dignitaires de Ndakarou dirigés par son cousin l’Imam Matar Sylla et qui, s’insurgèrent contre son autoritarisme plus ou moins excessif. Matar Sylla est fils de Khary Diop, Khary Diop et Dial Diop sont frères et sœurs de même père et mère. Cette bataille pour sauver les principes démocratiques qui fondent le pouvoir politique lébou fût gagnée par les partisans de Matar Sylla et lequel, hérite du titre de Serigne Nadkarou tout en gardant son titre d’imam. Et Matari défait rejoignit sa famille maternelle de Rufisque où, vivent aujourd’hui ses descendants et arrières petits fils notamment la famille de feu Youssouph Mbargane Diop.
Mactar Diop dit Mataari Anta a été démis de ses fonctions en 1830 par la collectivité lébou pour s’être livré à des pillages sur les biens du Damel du Cayor ayant entraîné mort d’homme. Claude Faure, dans l’Histoire de la Presqu’Ile du Cap-Vert et des origines de Dakar (p. 68), confirme ce haut fait qui révèle l’esprit de justice et de liberté chez les Lébou en ces termes : « […] Moctar Diop voulut exercer des pillages sur les gens et les biens du Damel du Cayor. Le premier griot du Damel, étant venu à Gorée pour acheter de l’eau-de-vie fut tué au retour par un fils de Mactar Diop et un griot de Ndiaga Hissa. Les gens de Dakar adressèrent des observations à Mactar Diop et lui signifièrent qu’ils ne le voulaient plus comme chef, puisque malgré leur volonté de faire la paix avec le Damel il cherchait à provoquer une guerre […] »
Le Serigne Ndakaaru Mactar Diop fut remplacé par un autre Mactar : Mactar Diôl dit Elimane Diôl, Serigne Ndakaaru de 1831 à 1852.
Nous sommes donc dans un régime de démocratie directe avec les Lébou mise en branle par le respect de la liberté d’aller et de venir et le droit à l’intégrité physique de la personne que l’on retrouvera un siècle plus tard dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948. Il s’agit là d’une coutume constitutionnelle née de la tradition orale sénégalaise à l’image de la Common Law britannique.
Et plusieurs faits jalonnent l’histoire de la pratique démocratique chez les Lébous.
Ainsi, le Serigne Ndakaaru Elimane Diôl, pouvait se targuer d’avoir inscrit son mandat sous le sceau de l’affirmation du principe de la laïcité bien avant les lois françaises de 1905 séparant l’Etat de l’Eglise. Le contenu de sa correspondance du 18 mai 1847 adressée au Damel du Cayor Maïssa Tenda Dior pour réclamer la libération des missionnaires français Aragon et Siméon, habitants du territoire des Lébou, dont le seul tort était de prêcher la foi chrétienne dans le Cayor, mérite d’être cité pour ses résonances modernes.
C’est le Serigne Ndakaaru Elimane Diôl qui écrit « Merci à Dieu qui nous a donné la plume pour écrire et la sagesse pour parler.
A présent moi le Serigne de Dakar Elimane Diôl je dis au Damel du Kayoor Maïssa Tenda les mots qui suivent : en arrêtant les deux missionnaires sur tes terres, tu as fait tort non au Gouverneur de Saint-Louis, ni au Roi de France mais à moi Elimane, parce qu’ils habitent dans mon territoire. Les missionnaires disent la vérité. Si tu veux la recevoir c’est bien, sinon renvoie-les tout de suite. Je suis la même religion que toi, mais je n’ai pas fait emprisonner les missionnaires. Je les ai laissés libres. Si les maures qui demeurent au Kayoor venaient à Dakar, serais-tu content si je les faisais arrêter ou tuer ?
Si tu gardes un seul mouchoir des missionnaires, je suis décidé à te faire la guerre pendant 30 ans. Mamadou Mbengue, Souleymane, Diaraf Birago et Matar Sylla partagent mon point de vue. Nous sommes tes alliés. Mais si tu fais tort aux missionnaires, nous devenons tes ennemis. Paix, vie et liberté à qui fait le bien » (Lettre rédigée en arabe par Souleymane Sy, neveu du Serigne Ndakaaru Elimane Diôl, retouchée tout en respectant le fond de la lettre par le Professeur Assane Sylla)
En cette période d’intolérance religieuse où la vague islamiste menace de déstabiliser gravement le monde et particulièrement le Sahel, ce message du Serigne Ndakaaru Elimane Diôl de 1847 garde dans toute sa fraîcheur pour exiger plus de respect de la liberté de conscience dans le monde. Presqu’un siècle après cette lettre adressée au Damel Maïssa Tend, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme 10 décembre 1948, en son article 18 donne raison au Serigne Ndakaaru Elimane Diôl : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, les cultes et l’accomplissement des rites ». Les traces écrites attestant de l’attachement des Lébou aux valeurs démocratiques universelles ne sont pas des reliques mais des leviers de développement pour un Sénégal émergent.Refusant de prendre leur tradition pour une tour d’ivoire, les Lébou ont beaucoup plus à donner qu’ils n’en reçoivent.
Après le décès de Momar Maréme Diop, en 1985, une autre bataille de succession déchira la famille léboue. Abdou Diouf, qui venait d’arriver au pouvoir, en 1981, reconnu comme Grand Serigne légitime El hadji Bassirou Diagne Maréme Diop, qui avait comme challenger El hadji Mame Youssou Diop (fils de El Hadji Ibrahima Diop), qui entra alors en dissidence. (Notons que El Hadji Bassirou Diagne, qui se réclame de la lignée de Dial-Diop de par sa filiation maternelle, aura été le 3e Serigne Ndakaaru à ne pas être un « Diop », après les Grand Serigne Elimane Diol (1831-1855), d’ascendance toucouleur et descendant lui aussi de Dial Diop de par sa mère, et Alpha Diol, fils d’Elimane Diol, qui régna prés de 50 ans (1896-1942).
Avec la survenue de l’Alternance de mars 2000, le nouveau pouvoir (de Abdoulaye Wade) s’immisça à nouveau dans les affaires de succession léboue et considéra El hadji Libasse Diop (continuateur de la dissidence du défunt Mame Youssou Diop) comme légitime. Ce dernier, à son décès, fut successivement suppléé par Ibrahima Diop, fils de Momar Maréme Diop, et ensuite par Massamba Coki Diop (petit-fils de Massamba N’della Sow Diop)Le plus inculte des Lébous sait que la fonction coutumière de Grand Serigne de Dakar «ap ndinkaané la», comme aime dire les anciens. C’est une charge traditionnelle que les Lébous, réputés démocrates et contestataires dans l’âme, confient à qui ils veulent, par consensus. La Collectivité Léboue n’étant dotée ni de Constitution ou de Règlement intérieur, à l’instar de la plupart des communautés traditionnelles qui privilégient la tradition orale.
les manœuvres malsaines de préséance entre patronymes sont une insulte à la mémoire des précédents Serigne Ndakaaru, dotés de noms de famille différents. A l’instar du 3e Grand Serigne de Dakar, Elimane Diol (1831-1855), de filiation matrilinéaire léboue mais d’ascendance paternelle toucouleur. Ou de son fils, Alpha Diol, qui régna près de 50 ans (1896-1942) sur tous les lébous de la Presqu’île du Cap-Vert, et d’ailleurs ! Sans oublier bien sûr le Grand Serigne de Dakar Matar Sylla, intronisé par une frange dissidente de la Collectivité Léboue, après que celle-ci eut contesté l’autoritarisme du fils-héritier de Dial, en 1831. Et le 18e Serigne Ndakaru El Hadji Bassirou Diagne, qui aura hautement tenu ce magistère pendant 27 ans !
Ainsi, l’histoire démontre à suffisance que le flambeau du «Serignat», incarnation par excellence des valeurs coutumières et culturelles léboues, n’a jamais été la propriété d’une famille, encore moins d’un quelconque patronyme. Ce sont les Lébous (et non l’État du Sénégal) qui l’ont toujours souverainement confié à un des leurs, dès lors que celui-ci se montre digne de confiance, à la hauteur de ses responsabilités, et apte à défendre les intérêts matériels et moraux de la communauté. Ce qui témoigne, encore une fois, de la spécificité de cette communauté traditionnelle ancestrale, dont la vitalité démocratique lui aura permis de résister à l’usure du temps, aux vicissitudes de l’histoire et aux manipulations politiciennes de tous bords.

Liste des grands serigne de ndakarou

1795-1815 : Dial Diop, 1er Serigne Grand Serigne de Dakar.
1815-1831 : Matar Diop, dont l’autoritarisme fut fortement contesté par Matar Sylla.
1831-1855 : Elimane Diol, d’ascendance toucouleur, mais apparenté à Dial Diop par sa mère.
1855-1870 : Mouhamed Diop, fils de Matar Diop.
1870-1887 : Thierno Diop, surnommé « Dial Diop II ».
1887-1893 : Demba Fall Diop.
1893-1896 : Massamba Coki Diop N°1, d’ascendance cayorienne.
1896-1942 : Alpha Diol, fils d’Elimane Diol.
1915-1923 : Abdou Cogné Diop.
1923-1962 : El hadji Moussé Diop.
1932-1969 : El haj Ibrahima Diop.
1949-1950 : Abdoulaye Diop.
1950_1969: ??? Diop
1969-1985 : El Momar Marème Diop.
1985-2013 : El hadji Bassirou Diagne, 4e Serigne Ndakaru à ne pas porter le nom « Diop », après Elimane Diol, Alpha Diol et Matar Sylla.

((2013 : Abdoulaye Mahktar Diop
Pape Ibrahima diagne. ils sont tous deux légitimes d’être Serigne. mais la bonne chose à faire dans la société lébou juste comme le dit nos ancêtres,
« Na rãka topa mãck diãrbat topã ndijây døm topã bäyy  » si nous mettons le respect en premier, nous ne nous perdrons pas, les lignées parentales sont sacrées.))

LEBOUGUIHISTOIRE




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *