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LE ROYAUME DU TÉKROUR 800–1285

Le Tékrour (aussi connu comme : Tekrour, Tekrur ou Takrur) est un ancien État d’Afrique de l’Ouest concurrent de l’empire du Ghana, attirant le commerce de l’or par la route longeant l’Océan Atlantique. Situé dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal, on y pratique le commerce de l’or (exploité dans la région du Bambouk), du sel d’Awlil et des céréales du Sahel, ainsi que de la traite des Noirs. Le royaume se convertit à l’islam au xie siècle.

Selon des sources portugaises, vers 1510, l’or du Tekrour alimente deux caravanes annuelles qui par le Fezzan amènent en Égypte le métal jaune « en grande quantité ».

ORIGINE DU NOM

Le mot Tekrour apparaît dans les textes arabes (xie – xiie siècles) pour désigner un État, mais aussi une ville ou un souverain. Plus tard, les écrits portugais du xve siècle précisent qu’il s’agit d’un État situé à l’est du Djolof sur le fleuve Sénégal (rio Çanagua). Par déformation le mot Tékrour, serait à l’origine de Toucouleur.

Selon Niang, l’origine comme la formation du terme « Tekrur » ou « Takrur » associe en réalité les noms des deux plus anciennes provinces du Fuuta : « Law » + « Toor », car, de leur association, on obtient : « Takroor » / Tak-roor /, avec la forme « Tak » qui est variante de « Law », tandis que « roor » est la base qui évoque le nom de l’ancien royaume « Tooro » (Toor-o) .

LA SITUATION POLITIQUE

Histoire ancienne des Sérères et Histoire des Sérères du Moyen Âge à nos jours.
Le Fouta, depuis le ive siècle, connaît des pouvoirs politiques plus ou moins liés aux empires constitués dans le Soudan occidental. Cependant, dès le xiiie siècle et le xive siècle, les dynasties sont indépendantes de ces empires.

La première dynastie est la dynastie peul de Dia Ogo ou des Diao, installée dans le Tekrur au ixe siècle. Elle aurait duré 130 ans d’après Siré Abbas Soh. Leur origine et leur installation dans la région ressortent de la légende. Ils gouvernèrent sous la souveraineté ou dépendance de l’empire du Ghana. Voici ce qu’en dit Yoro Boly Dyâo de cette dynastie Dia Ogo : « … c’est cette migration qui aurait apporté avec elle dans le pays l’industrie métallurgique. Les forgerons donnent au fer obtenu dans leurs fourneaux le nom de hogo. Si l’on remarque que ce mot fait partie de « Dyahogo », on ne peut manquer de voir là un argument en faveur de la véracité de la tradition. Les gens de cette migration étaient armés de sagaies, sabres, poignards et couteaux en fer ; ceux des grandes familles avaient des armures complètes de ce métal. C’est également cette migration qui aurait inauguré la culture du sorgho (gros mil) dans les terrains d’inondation du fleuve Sénégal. On dit que le roi d’Égypte sous lequel eut lieu cette migration se nommait Paté Lamine (Ptolomée). Ces deux noms réunis ou pris isolément sont d’un emploi fréquent chez les Sossé (Mandingues), les Malinké, les Peuls, les Khassonké, les Sarakhollé ; ils sont d’un emploi moins fréquent en pays ouolof. »

Vers 980, la dynastie des Mannas a succédé à celle des Dia Ogo. Elle serait d’origine soninké et aurait duré trois siècles jusque vers 1300. Ses origines se situent à Nioro, dans le royaume de Diarra actuel (Mali).

Les Tondyons (1300-1400) sont la troisième dynastie du Fouta, d’origine sérères.

Au xve siècle, des familles autochtones se sont succédé pour constituer les dynasties Laam Taaga, d’origine berbère, Lemtouna ensuite. Il s’ensuit la conquête du Tekrour par le Bourba Diolof Thioukly Djiglane Sarré Ndiaye qui pendant la période 1456-1506 gouverna le Tekrour grâce à ses gouverneurs tributaires comme les Farbas et les Lam-Toros. Il y avait plusieurs Farabas comme le Farba Walaldé qui est un Dieng, le Farba Ndioum, le Farba Ndiowol qui est un Diop, le Farmbaal et le Farba Awgal.

À ces dynasties a succédé celle des Dényankobés qui est fondée par Koli Tenguella (qui, par huit fois, échoua dans sa conquête du royaume de Farba avant d’y parvenir à la neuvième et d’épouser une des filles du Farba et finalement laisser le pouvoir à Diam Diam Sargane), vers le milieu du xvie siècle (1559) et durera jusqu’en 1776, date à laquelle une dynastie théocratique (dynastie Torodo) fondée par Souleymane Baal la remplacera.

▪︎SURVOL HISTORIQUE DU FOUTA

Le Foûta, partie intégrante de ce monde en évolution, c’est une suite de siècles vivants de gens et de choses. Nos traditionalistes reconnaissent qu’ont successivement régné sur le Foûta (de 850 à 1559) :

  1. Les Diâ Ogo ou Oukka venus du Nord Syrie (Siré Abbâsse), sont les premiers à introduire la culture du gros mil. Ce sont aussi les ancêtres de nos bijoutiers, selon Abdoullây Kane.

Leur dernier roi est tué par Wâr Diâbi fondateur de la dynastie Manna.

  1. Les Manna seraient originaires de Diâra, des Diakité ayant étendu leur suzeraineté sur le Foûta. Leur roi Wâr Diâbi mort en 1040 est le premier islamisateur du Tékrour.
  2. Les Tondiong (captifs de l’Empire Mandingue?) vers 1300. Des Tondiong sont des Sérèr mélangés aux Diâ Ogo. Avec des Mandingues ils contribuèrent au renversement des Diakité de Diâra au profit des Diâwara. C’est à l’époque des Tondiong que furent introduits les titres d’origine mandingue (Farba) et que fut fondé l’Empire du Diolof.
  3. Les Lâm Termès (invasion). Du Hodh au XVème siècle, arrivent les : 1 - Lâm Termès (1400-1450) avec une troupe composée de: Peuls, Soninké, Mandingues. Ils mirent fin à la domination des Tondiong. 2 - Puis les Lâm Tâga, à la tête de la tribu Peul métissée de Maures. L'un de ces Lâm Tâga, Moûssa Eli Banâ, s'installant à Guédé, dont il fit sa capitale, devint le Lâm Tôro.</code></pre></li>Les Déniyankôbé (1559-1776). En 1559, l'unité politique n'était pas réalisée. En effet la rive droite sous la domination des Lâm Termès et des Lâm Tâga et la partie de la rive gauche aux mains des Lâm Tôro, tout le reste du Foûta était sous la domination des Diâwara de Diara, qui, eux-mêmes après avoir échappé à la suzeraineté mandingue, étaient passés dans la mouvance de l'Empire Songây.

Le chef Peul Ténguella, père de Koli, nomadisant au Kingui, est tué en 1512 par Amar Komdiago, frère de l’Askia Mohamed de Gâo. Au Badiâr, les bandes se reforment sous le commandement de Koli, fils de Ténguella, au nord du Foûta Dialon.

De là, conquête du Foûta et l’agrandissement au dépens du Kaniâga et de la partie orientale du Diolof. Au Bambouk, défaite infligée par Mamadou II.

Koli domina le fleuve de Dagana à Bakel.

Déni, d’ou est tiré Dényankobé, est la mare ou auraient campé les troupes de Koli avant d’entreprendre la conquête du Foûta.

  1. Derniers princes. Les Tôrodbé, ces orants, sous l’égide de Souleymân Bâl, docteur ès lettres coraniques, renversent le régime païen.

L’Islam progresse, le voilà victorieux avec la mise en place des Almâmi, chefs religieux et politiques. On construit alors des mosquées, installe des imâms. On porte la guerre sainte chez les Maures, au Wâlo, au Câyor, au Boundou, etc. Le premier Almâmi, cet arbitre, mieux, un père qui aime et châtie à l’occasion, est tué à Goûriki Samba Diôm (après 30 ans de règne). Les règnes de ses successeurs sont généralement courts.

  1. Notons au passage Omar Tal (El Hadj).

Khalîf introducteur du Tidiânisme au Foûta. Il fait parler de lui à partir de 1850, avant de mourir 14 ans après, bloqué dans les falaises de Bandiagara.

  1. En 1881, le Foûta Sénégalais passe entièrement sous domination française.

Le 18 Juin 1858, soumission du Dimâr

Le 18 Juin 1860, soumission du Tôro et du Damga.

Le 18 juin 1977, soumission du Lâw et des Yrlâbé-Hebbiyâbé.

Le 18 Juin 1881, soumission du Bôsséyâ et du Nguénâr.

Le dernier Almâni Siré Bâbaly dit Boûbou Aba maintenu dans ses fonctions avec investitures officielle (1881) est mort en 1890 à Diâba, son village natal.

Lesoleil.sn




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