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HISTOIRE : UN REGARD SUR LES DIAKHANKÉS …

HISTOIRE : UN REGARD SUR LES DIAKHANKÉS

Les Diakhankés (ou Diakankés, Diakhankes ou Jakhankes) sont un groupe ethnique établi au Sénégal, en Guinée, au Mali, en Gambie. Ils appartiennent au groupe des Mandingues.

Les Diakhankés sont membres d’une communauté d’origine soninke. Cette communauté a été fondée par le grand patriarche El Hadj Salim Souare, plus couramment appelé Diakha Laye Souare ou Mbemba Laye Souare. Le mouvement diakhanké se veut basé sur l’expansion pacifiste de l’islam, est apparu au xive siècle et s’est développé surtout pendant le règne du célèbre Kankan Moussa, empereur du Mandé.

Diakha Laye est originaire de la ville de Diaka dans le Macina. Après de longues pérégrinations, il est passé par le Diafounou, le Saloum (Sénégal pour enfin s’installer dans le Bambouck, sur la rive du fleuve Bafing. Il fonda une localité à laquelle il donna le nom de son village d’origine, DIAKHA. Cette localité s’appelle Bambougou-Diakha ; le premier s’appelant Macina-Diakha. La communauté Diakhanké s’articule à l’origine sur quatre clans soninké : Souaré (Tandia-Sambakhès), Dramé (Kandji Missané), Fofana (Guirassy), Fadiga (Dibassy), ces quatre clans sont appelés les quatre foyers ou (boloun naano ou boulou naano). À ces quatre clans se sont ajoutés entre autres les Diakhité-Kaba, les Sylla, les Gassama-Diaby, les Dansokho, les Diakhaby, les Badio, les Sakho etc. Ces derniers furent, semble-t-il, les autochtones des diakhankés qui, en tant que hôtes, reçurent et vénérèrent leurs frères d’ethnie (les quatre clans ci-haut mentionnés) comme ce fUt la coutume des diakhankés depuis toujours.

L’instabilité politique qu’a subi l’empire du Manding due aux nombreuses guerres d’indépendance de ses provinces, a provoqué le déclin de Bambougou Diakha. Les Diakhanké se sont dès lors dispersés notamment vers le Sénégal oriental, dans les provinces du Boundou, Dantilia, Niokolo et Wulli, etc. Certains ont suivi les routes commerciales des Dioula. De célèbres villages ont été fondés par les marabouts Diakhankés. Les Dramé se sont installés à Goundiour, les Diaby à Didé, les Diakhité à Toumboura et Djelany, les Sylla à Bani-Israël, etc. Tous ces villages sénégalais étaient de grands centres d’enseignement religieux.

Les guerres de conquête coloniale opposant d’une part El Hadj Oumar Tall et Mamadou Lamine Dramé, et d’autre part l’armée coloniale française ont provoqué une nouvelle dispersion des Diakhankés. La ville de Touba en Guinée a été fondée au début du xixe siècle (1815) par un autre Salim, surnommé Karamokhoba Diaby, originaire de Didé au Sénégal. Touba a été le centre principal du mouvement Diakhanké jusqu’à l’arrestation par l’administration coloniale, de Karan Sankoung, arrière-petit-fils de Karamokhoba en mars 1911. Il s’en est suivi un autre mouvement de dispersion des gens de Touba vers le Sud du Sénégal, la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, etc.

Les Diakhankés se sont toujours, conformés à la doctrine de El hadj Salim Souare, opposés à toute forme de guerre (conquête ou Djihad).Ils se sont toujours occupés de l’enseignement pacifique (Heera sila) de l’Islam. Mais ils étaient aussi capables de se défendre de façon très directe, raison pour laquelle ils sont craints et respectés de tous.

Les Diakhankés sont appelés Toubaka en Guinée, Azer en Mauritanie, Wangara en milieu Haoussa, Suwarians (de Souaré) par les Anglais.

Selon la légende certains clans Diakhankés seraient descendants des compagnons du Prophète. C’est ainsi que les Dramé seraient des descendants de Salman al Farissi, les Diaby de Omar Bin Khattab, les Sylla de al Abbas. Ces dires restent tout de même probables dû au fait que la ville de Macina Dia était une ville carrefour qui donnait sur le sahel à l’est et au nord et sur l’Afrique subsaharienne au sud. Il est aussi reconnu que lors de leur arrivé en Afrique, certains hommes de l’armée de Oqba bin nafi prirent pour épouses et pour concubines des femmes africaines berbères pour certains et sarakholé, peul ou d’autres ethnies encore, pour d’autres. Les historiens eux-mêmes, qu’ils soient arabes ou ajami (non arabes), attestent de plusieurs mélanges de ce genre au cours de l’histoire. Ces mélanges allégués sont fortement discutables devant l’absence de preuves concluantes. Certaines personnes mettent en doute l’origine arabe des diakhankés, en interprétant ça comme une volonté de leur part de se dissocier des polythéistes et d’autres mécréants noirs africains. Malgré la sagesse de leur analyse, ils ne peuvent pas apporter de preuve solide historique qui réfuterait les origines arabe et/ou berbère de certains clans Diakhankés Sarakhollés et peuls. Pour beaucoup de chercheurs et d’anthropologues, les Diakhankés n’ont rien à voir ou à avoir avec des origines arabes ou berbères (ils ne sont ni plus ni moins que des Africains, comme toutes les autres populations noires du continent africain). L’installation des Diakhanké en milieu mandingue leur a fait perdre leur langue d’origine le sarakholé, cependant certains diakhankés installés en milieu sarakhollé parlent encore cette langue tel que les diakhanké du Sénégal oriental ou encore ceux toujours installés en territoire Malien. Les Diakhankés sont donc pour la plupart des Sarakhollés établis en milieu mandingue. Les Diakhankés, commencent toujours l’exégèse (tafsir) du Coran en langue Sarakhollé.

Les Diakhankés sont essentiellement connus pour leur érudition dans les sciences islamiques et leur très grande piété. Le célèbre explorateur ibn Batuta en témoigne dans son livre. En effet, lors de son voyage dans l’empire du Ghana, il s’est arrêté au village de Diakha dans le Macina, village dont sont originaires les Diakhankés. Il écrit à leur sujet : « les gens de Diakha sont anciens dans l’Islam, ils sont pratiquants et chercheurs de sciences ». Les Diakhankés sont très respectés par les différentes ethnies d’Afrique de l’Ouest qui les considèrent comme des descendants de Walîy (saint), en effet un nombre incalculable d’érudits Diakhankés ont atteint le degré de proximité avec Allah le plus élevé, celui de la wilaya. Ils sont souvent maîtres soufis, versé dans les sciences du Batin (secret). Ils adhèrent à l’école de jurisprudence de l’imam Malik ibn Anas (fiqh Maliki) et au dogme (aquida) acharite. Les clercs Diakhankés interprètent les rêves et donnent des amulettes de protection, qui continuent à être très prisées. Ils célèbrent le Mawlid an-Nabi (naissance du Prophète)’aid el fitr (عيد الفطر), fête de la fin du Ramadan, et l’aïd al-Adha.

 




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