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Histoire: Les origines du Kankuran


L’empire du Gaabu avait été créé vers 1234 au 13e siècle par Tiramaghan Traoré, un des généraux de Soundjata Keïta alors empereur du Mali. Tiramaghan à la tête d’une grande armée aurait quitté le Mandé pour aller venger l’injure faite à Soundjata par le Djolofing Mansa ou le roi du Djoloff, une province qui se trouvait au nord du Sénégal. Sur le chemin du retour, il conquit plusieurs provinces du Gaabu et aurait fondé Kansala, la capitale impériale du Gaabu . Cet empire mandingue créé sur les cendres de celui appelé Empire du Mali de l’Ouest comptait trente-deux provinces à la tête de chacune d’elle se trouvait un gouverneur appelé Faring. On choisissait l’empereur du Gaabu alternativement dans trois grandes provinces : le Pathiana, le Saama et le Tumanna. D’ailleurs trente-quatre empereurs se sont succédé à la tête du Gaabu pendant 581 ans soit près de six siècles de domination mandingue dans cette partie de la Sénégambie méridionale. Pour mémoire le Gaabu avait eu trente-quatre empereurs, le premier s’appelait Souman Collé Sané et fut intrônisé à Kansala, la capitale impériale en 1234 et le dernier Mansa Dianké Waly Sané né à Pathiana Kabendu mourut à la bataille de Kansala, le 13 mai 1867. Pour être empereur au Gaabu, il fallait à l’origine appartenir aux familles Sané et Mané, les Nianthios ou les nobles, la classe régnante de l’empire du Gaabu. C’était une société matrilinéaire, pour être Nianthio on devait ipso facto avoir une mère Nianthio. Pour les guerriers à savoir les Kooring, ils étaient choisis dans les quatre grandes familles de la Noblesse guerrière : Sagna, Sonko, Diassy et Mandiang.
La circoncision en milieu mandingue trouvait ses origines dans la forêt de Sama Kantintin, à l’intérieur de Saama, une province de l’empire du Gaabu aujourd’hui en Guinée Bissau. Selon la légende, une dame répondant au nom de Sona Kinty avait cherché à pénétrer les secrets du mythe du Kankuran réservé exclusivement aux hommes. Dans le Juujuu ou Campement des circoncis, les Lammbé ou surveillants soupçonnèrent une présence féminine dans ce cadre exclusivement masculin. Le Kuyan Mansa ou le chef du Campement des circoncis ordonna à tous les pensionnaires de se déshabiller, ce que tout le monde accepta. A la surprise générale la dernière à se dévêtir fut une dame, la fameuse Soona Kinti. Sur ordre du Kuyan Mansa, elle fut jugée et condamnée à mort.D’ailleurs Sona fut décapitée. On l’enterra dans le Bois sacré de Sumakunda. Depuis ce jour au Gaabu aucune femme n’avait le droit de s’approcher du Kankuran encore moins de pénétrer dans le Juujuu ou le campement des circoncis. La mission du Kankuran était de veiller à la sécurité des circoncis et d’éloigner du campement toutes les forces maléfiques et les mauvais esprits. Aujourd’hui le Kankuran, ce masque fait de fibres d’écorces rouges appartenant au rite secret de la circoncision en milieu mandingue se retrouve essentiellement en Guinée Bissau, en Gambie, en Casamance et dans la ville touristique de Mbour au nord du Sénégal. Le Kankuran joue un rôle de protection des circoncis en s’appuyant sur une volonté de préservation des valeurs ancestrales négro-africaines. Toutefois le Kankuran est confronté aujourd’hui à une dimension populaire et folklorique qui risquent de le dévoyer de sa fonction de gardien de la culture ancestrale mandingue. En 2005, le Kankuran est élevé au rang de Patrimoine culturel et immatériel pour l’humanité par l’UNESCO.

Conclusion
Le Kankuran demeure le masque initiatique le plus populaire en Guinée Bissau, en Gambie et en Casamance. Pendant la circoncision, toutes les communautés casamançaises (Baïnounks, Mandingues, Peuls, Wolofs, Diolas Balantes, Mandjaques, Mancagnes…….) pratiquent ce rite initiatique pour assurer la protection mystique de leurs circoncis. Toutefois le Kankuran doit garder sa dimension magique en s’enracinant dans les valeurs ancestrales de la culture mandingue du Gaabu malgré cette nécessité de rester ouvert à la modernité. C’est dans ce sens que le Poète- Président Senghor parlait « d’Enracinement et d’Ouverture » au monde extérieur.

Abdourahmane Diallo




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