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Le système d’éducation du Sénégal : Quel modèle…

Le système d’éducation du Sénégal : Quel modèle et quelles perspectives ?

 

  1. Introduction

 

L’éducation étant un des piliers d’une nation, et étant un des secteurs régaliens de haute priorité pour tout Etat qui se respecte, le Sénégal voit aujourd’hui son système se délabrer voir se fracasser fasse aux nombreux défis et enjeux en cours…

Nelson Mandela disait que : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde », c’est particulièrement vrai pour nos nations.

A l’aube du troisième millénaire, l’initiative spéciale des Nations Unies pour l’Afrique amène le Sénégal et beaucoup de pays africains à se doter pour la première fois d’un programme capable de transformer durablement leur système éducatif et de formation afin de le rendre plus accessible et plus performant.

C’est ainsi qu’est né le Programme Décennal de l’éducation et de la formation (PDEF, 1998-2008).

 

  1. Analyse de la situation

 

  1. Rappel historique

 

La loi d’orientation 91-22 du 16 février 1991 aurait due être la charte fondamentale sur l’éducation au Sénégal (en remplacement de la loi d’orientation n° 71-36 du 3 juin 1971) mais aucun décret d’application n’a permit son exécution car trop théorique, et en décalage avec le système éducatif.

Le Programme Décennal de l’éducation et de la formation (PDEF, 1998-2008)  qui a vu le jour après les Etats Généraux de l’Education et de la Formation organisés à travers tout le pays dans les années 80 et 90 pour refonder et réformer l’école sénégalaise suite à un diagnostic « sans complaisance  de l’état du système éducatif ».

Ces Etats Généraux donneront naissance à la commission Nationale de Réforme de l’Education et de la Formation chargée de formaliser les conclusions.

A cela s’ajoute l’Initiative Spéciale du système des Nations Unies pour l’Afrique qui est un programme de développement avec des plans d’actions visant les domaines prioritaires dont l’éducation. Il est lancé le 15 mars 1996 et vise à accélérer le développement de l’Afrique à travers différents secteurs prioritaires définis par les africains :

« Élargir l’éducation de base et les soins de santé essentiels, promouvoir la bonne gouvernance, maîtriser la technologie de l’information, et intégrer les préoccupations démographiques à tous les niveaux du développement, avec un accent particulier sur la pleine participation des femmes ».

D’autres événements internationaux interviennent, il s’agit principalement de la conférence mondiale sur l’éducation pour tous, tenue en Thaïlande à Jomtien en mars 1990 et à Dakar en Avril 2000. Cette conférence fût convoquée par l’UNICEF, PNUD,  l’UNESCO et la Banque Mondiale afin de « répondre aux besoins éducatifs fondamentaux ».

Après plusieurs rencontres, réunions et conférences de divers acteurs mondiaux de l’éducation, une Déclaration et un document consensuel (Cadre d’action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux) sont élaborés pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux des enfants, jeunes et adultes de tous les pays.

 

Le Document de Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSRP), élaboré sous le Président Wade a amené les autorités à inscrire la stratégie de l’éducation nationale dans les nouveaux objectifs de développement économique et social.

 

C’est ainsi que le Programme Décennal de l’Education et de la formation devient le Programme de Développement de l’éducation et de la formation (PDEF, 2001-2011) en intégrant les différentes conclusions des conférences mondiales et régionales tenues sur l’éducation.

Le PDEF a été élaboré avec trois objectifs stratégiques :

Élargir l’accès à l’éducation tout en corrigeant les disparités géographiques, sociales et de genre,

Accroître la qualité de l’offre éducative et la pertinence des apprentissages,

Promouvoir une gestion cohérente, moderne, décentralisée, efficace et efficiente du système éducatif dans son ensemble

 

Ce document est ambitieux en objectifs mais les préalables ou conditions de réussites qui doivent l’aider à sa concrétisation n’ont pas été respectés donc les résultats obtenus sont en dessous des objectifs.

Mettre en place des infrastructures scolaires suffisantes, Voici ce qui était prévu dans les différentes phases :

Phase I: 2001-2003

Construction de 6000 nouvelles salles de classe et la réhabilitation de 900 autres

Evaluation des stratégies de mise en œuvre en matière de délégation d’ouvrage et de contractualisation en vue de leur ajustement.

Mise en place d’un plan de réhabilitation global du réseau ainsi qu’une politique réaliste de maintenance des salles de classe.

Phase II : 2004-2007

Construction de 8000 salles de classe additionnelles

Réhabilitation de 1200 salles de classe et abris provisoires

Phase III : 2008-2010

Construction de 6000 salles de classe additionnelles

Réhabilitation de 900 salles de classe et abris provisoires

Phase IV : 2011-2015

Construction de 10000 salles de classe

Réhabilitation de 1500 salles de classe et remplacement des abris provisoires (on ne devrait plus en avoir à ce stade), nous constatons leur existence jusqu’à ce jour.

 

Objectifs : un recrutement de 2000 enseignants par an, la généralisation de l’enseignement scolaire passant de 65% en 1998 à 95% en 2010 avec une intensification des investissements dans les régions à faibles taux de scolarisation, lutter contre les facteurs de sous-scolarisation et de déscolarisation des filles…

 

  1. Les résultats du PDEF

 

Les objectifs qui consistaient en la redéfinition des programmes scolaires, l’optimisation du temps d’apprentissage, la disponibilité des intrants pédagogiques, l’évaluation pédagogique, la formation continue des formateurs, la qualification des enseignants ainsi que la construction de nouveaux lycées techniques polyvalents et des centres universitaires régionaux… n’ont étaient satisfaisants.

L’adaptation de l’enseignement au besoin du marché du travail reste encore un vœu pieux.

L’éducation formelle (l’école classique) et  non formelle (alphabétisation et écoles communautaires) n’arrivent pas à remplir leur objectif respectif (qualitatif et quantitatif).

Le sous-secteur de la petite enfance a connu des progrès avec la création de la Case des tout-petits à travers tout le pays. Le TBPS (Taux Brut de Préscolarisation est passé de 2,3% en 2000 à 10,7% en 2011). Mais les équipements manquent cruellement (hygiène, sécurité, loisirs,…) et la qualification du personnel reste un défi à relever.

Les écoles coraniques et les daaras n’ont quasiment rien bénéficié du PDEF car aucun changement n’a été constaté depuis des décennies. Les daaras traditionnels fonctionnent toujours à l’ancienne (enseignement des talibés vs recherche de l’aumône), ce qui entrave la protection de l’enfant (même si la mesure de retirer les enfants de la rue a été prise, elle n’a toujours pas eu de résultats probants).

 

L’enseignement technique et la formation professionnelle sont des sous-secteurs complètement à l’abandon, puisque aucun investissement significatif n’a été effectué sur la période couvrant le programme. Malgré les multiples effets d’annonce, il n’y a eu aucune amélioration constatée (ni au niveau des infrastructures scolaires, ni le financement, ni l’organisation de l’apprentissage, ni le déficit de formateurs encore moins l’insertion professionnelle de quelques apprentis).

La formation permanente des adultes est quasi inexistante et les rares cours dispensés se font surtout par la volonté des enseignants du primaire et des adultes concernés.

Quant à l’enseignement supérieur, il n’a même pas été appliqué «faute de choix politique claire et faute de moyens de mise en œuvre». L’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) qui était une référence dans l’enseignement supérieur en Afrique est depuis longtemps saturée, ponctuée par de longues grèves, (voir année blanche en 1988 et année invalide en 1994) et déclassée par des équipements vétustes et inadaptés à l’enseignement supérieur et à la recherche ou même par le minimum de confort pour les étudiants et enseignants.

Le campus UCAD (référence universitaire du pays) ressemble plus à un dortoir qu’à un endroit adapté pour l’épanouissement des étudiants afin de leur permettre de faire murir leur réflexion, faire éclore leurs idées et cultiver leur amour du savoir. Un tel lieu donne très peu d’excellents étudiants ou de chercheurs (les trois critères qui mènent à l’excellence ne sont pas remplis : le savoir faire, le savoir être et le savoir vivre), car les investissements nécessaires et urgents attendent depuis des décennies…

Il faut saluer cependant la généralisation des bourses qui constitue un critère important dans le mieux vivre et contribue grandement à la réduction de problèmes financiers des étudiants (ce point est très souvent un motif d’abandon pour beaucoup d’étudiants qui viennent des milieux ruraux du pays).

Les indicateurs de qualité de l’enseignement montrent un niveau de performance globalement médiocre avec « un taux de redoublement de 14,90% dans l’enseignement moyen, des résultats faibles aux examens : 53,2% au BFEM en 2011 contre 54,1% attendu et 38,4% au Baccalauréat en 2011 contre 58% comme cible… ».

L’enseignement supérieur produit chaque année des milliers de diplômés en Master et plus mais qui ne trouvent pas de travail, seuls ceux qui font exception ou bénéficient d’un « bras long » arrivent encore à trouver rapidement le fameux job et les autres après quelques années de chômage « obligatoire ».

Même si le budget de l’éducation a très fortement augmenté passant de 105 milliards de FCFA en 2000 à 432 milliards en 2011, cela n’a pas pu modifier le secteur car la désorganisation conjuguée avec les grèves répétitives tout au long de l’année ne donnent aucune chance au secteur de se refonder ou de se réformer. C’est donc un échec retentissant d’allouer environ 40%  du budget de fonctionnement de l’Etat avec des résultats aussi médiocres. C’est l’inefficacité de l’allocation des ressources budgétaires entre autres qui a conduit à ce résultat inquiétant.

En effet, la formation des formateurs, le recrutement des enseignants, la qualité pédagogique, l’intérêt des programmes, ainsi que le mode d’évaluation, l’organisation centrale et décentralisée du système éducatif sont autant de causes, entre autres, qui contribuent à la détérioration continue du secteur de l’éducation…

 

  1. La mise en place du Programme d’Amélioration, de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence (PAQUET)

 

Après que le PDEF ait échoué à atteindre les objectifs qui lui étaient assignés, un autre Programme d’Amélioration, de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence (PAQUET) a vu le jour pour couvrir la période 2013-2025.

Ce document a le mérite d’exposer les limites et « la faible qualité de l’enseignement dispensé à tous les niveaux » tout en ayant comme ambition de faire de l’école un lieu de socialisation, de citoyenneté et d’excellence.

Au Sénégal, l’éducation universelle reste un objectif bloqué car se heurtant à plusieurs obstacles dont la pauvreté, le difficile accès de certaines écoles dans les zones rurales, une formation inadaptée face au besoin du marché du travail…

Contrairement au PDEF, le PAQUET n’a pas décliné des objectifs globaux pour le système éducatif mais des objectifs et stratégies de mise en œuvre de chaque sous-secteur.

Le programme devra également être mis à jour en intégrant les priorités définies dans les Assises de l’éducation et les 11 décisions résultant du conseil Présidentiel de l’enseignement supérieur.

 

– Développement intégré de la petite enfance (DIPE)

 

Le PAQUET ambitionne de porter le TBPS (Taux Brut de Préscolarisation)  à 50% en 2025 contre 10,7% aujourd’hui.

L’objectif est de donner davantage d’accès aux enfants en milieu urbain mais surtout dans le périurbain et le milieu rural.

Améliorer la qualité en renforçant la capacité des éducateurs, augmenter le personnel, équiper davantage de supports d’éveil, veiller à la santé et à la nutrition des enfants…

Et enfin permettre une meilleure gouvernance du sous-secteur avec un transfert de compétence aux collectivités locales et le renforcement du pilotage.

 

– Cycle fondamental

 

Le Taux Brut de Scolarisation (TBS) dans le cycle moyen est passé de 19,6% en 2000 à 53,2% en 2011. Cette augmentation a dépassé largement la cible qui était de 47%. Cela est surtout dû à l’important taux de réussite dans l’entrée en 6ème (90,5% en 2011). A cela s’ajoute 762 nouveaux collèges entre 2001 et 2011.

Dans l’enseignement secondaire public, une augmentation du nombre de lycée a été notée, nous sommes passés de 44 lycées en 2001 à 155 lycées en 2012, cependant l’accès au lycée n’est que de 21,7% contre une cible à 25%.

La qualité reste en dessous des objectifs car le taux de redoublement au niveau secondaire est de 18% en 2010 et les objectifs de réussite du Bac se situent à -19,6% (la cible était de 58%).

Le nombre de manuel par élève (3,7 en Seconde et 2,2 en Première et Terminale) contre un objectif de 7 manuels/élève en 2011. A cela s’ajoute le manque de qualification des professeurs, le pléthore d’élèves par classe, le manque d’accès internet à de nombreux établissements et la mauvaise répartition entre les filières scientifiques (35% des élèves) et les filières littéraires (65% des élèves) en 2017, contribuent davantage à la baisse de la qualité de l’enseignement moyen, secondaire, supérieur et dans la production de scientifiques en général.

Le PAQUET a pour objectif de diversifier l’enseignement secondaire pour mieux répondre aux besoins socio-économiques. L’enseignement franco-arabe sera renforcé dans le cycle élémentaire, moyen et secondaire.

Renforcer l’accès de l’éducation pour qu’elle soit plus inclusive au niveau du cycle moyen et secondaire tout en veillant aux filières scientifiques et techniques, la qualification des enseignants et la capacité du personnel d’encadrement.

Il est aussi mis en avant l’apaisement du climat au niveau de l’espace secondaire, mettre en pratique le transfert de compétences auprès des collectivités locales afin que celles-ci puissent participer à leur niveau au bon fonctionnement du système éducatif dans les collèges et lycées.

 

– Education de base des jeunes et des adultes (EBJA)

 

Le taux d’alphabétisation dans les langues nationales (21 langues sur 27 répertoriées en 2011) est passé de 26,9% en 1988 à 49,7% en 2011.

Des priorités ont été édictées afin de diversifier et d’optimiser les offres de formation envers les jeunes et adultes analphabètes afin de leur prodiguer une éducation de base.

Donner de la visibilité, améliorer la crédibilité de l’éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes pour faire valoriser les compétences acquises pour une meilleure insertion dans la vie socio-économique…

 

– Formation professionnelle et technique (FPT)

 

Il faut noter que la répartition de l’offre de formation professionnelle et technique n’est pas égalitaire ni équitable au niveau national (81% des apprenants se trouvent dans les régions de Dakar, Thiès et Saint-Louis), avec seulement 2% dans le milieu rural.

La finalité de cette formation est d’offrir aux apprenants tous les atouts leur permettant d’intégrer rapidement et durablement le marché du travail.

Le dispositif d’apprentissage sera renforcé pour allier des semaines de cours et des semaines de pratique professionnelle (comme cela se fait largement en Allemagne et en France).

L’objectif cible est d’accueillir au moins 30% des sortants du cycle fondamental à l’horizon 2025.

Faire valider aux travailleurs de l’informel leurs compétences, acquis et expériences à travers une certification (300 000 jeunes sont visés)…

 

– Enseignement supérieur

 

Le nombre de bachelier a certes augmenté (8 178 en 2001 à 30 017 en 2011 et 48 213 en 2017), ainsi que le nombre global d’étudiants (30 000 en 2001 à 91 359 en 2010 et 152 575 en 2017), mais la situation demeure malheureusement très critique aussi bien au niveau de l’accueil, la formation, la qualité que l’insertion professionnelle.

Néanmoins le nombre d’étudiants pour 100 000 habitants est d’environ 802, ce qui est très loin des standards internationaux définis par l’UNESCO (2000 étudiants pour 100 000 habitants).

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis affiche un taux de réussite de 70,6%, celui de Ziguinchor de 37,9%, Thiès 80% et Bambey 70%. Hormis Ziguinchor, ces chiffres restent assez élevés mais se heurtent à l’insertion dans le milieu professionnel qui demeure un véritable calvaire pour les jeunes diplômés.

Il faut noter aussi l’aspect incongru du système d’éducation public sénégalais, car les étudiants ayant échoué au bac mais qui arrivent à s’inscrire dans les établissements privés d’enseignement supérieur obtiennent les meilleurs résultats que les étudiants des établissements publics de l’enseignement supérieur.

Une des stratégies de l’enseignement supérieur au Sénégal est également de miser sur la formation à distance notamment à travers l’Université Virtuelle du Sénégal.

Voici les priorités décrites dans le PAQUET pour l’enseignement supérieur :

Accroître le nombre de places disponibles ;

Décentraliser et diversifier l’offre d’enseignement supérieur ;

Intégrer les TIC et l’enseignement à distance ;

Créer des institutions d’enseignement professionnel (ISEP) ;

Appuyer le développement encadré des établissements d’enseignement supérieur privé ;

Désengorger l’UCAD ;

Accroître le nombre d’étudiants, des filles en particulier, dans les carrières scientifiques ;

Encourager l’accès des élèves issus des milieux défavorisés.

Accroître la pertinence et l’efficacité interne et externe de l’enseignement supérieur;

Instaurer l’assurance qualité dans toutes les IES publiques et privées.

Améliorer la gouvernance et le management de l’enseignement supérieur tant au plan central qu’au niveau institutionnel (IES);

Créer un système efficace de suivi des plans stratégiques et des réformes ;

Rétablir l’équilibre structurel du financement entre dépenses sociales et dépenses pédagogiques d’une part, entre budget de fonctionnement et budget d’investissement d’autre part ;

réaliser l’autonomie financière des IES publiques.

 

Ce plan vise à sortir l’enseignement supérieur de la léthargie dans laquelle il est plongé depuis des décennies maintenant. Cependant jusqu’à maintenant toute stratégie a échoué et le manque de volonté politique est affligeant pour se doter d’un système d’enseignement supérieur digne de ce nom.

 

– Pilotage du système

 

Des leçons sont tirées de l’ancien PDEF pour essayer un pilotage efficace du nouveau programme (PAQUET) grâce notamment à la gestion axée sur les résultats, une prise en compte des besoins d’éducation et de formation des collectivités locales grâce à l’élaboration de plans locaux de développement de l’éducation.

La décentralisation et la déconcentration financière permettront de mieux aligner le plan triennal face aux plans d’action et besoins définis.

 

III- Propositions

 

P1 : Faire un inventaire global et exhaustif des écoles, lycées et collèges publiques du pays pour avoir une vision claire et précise de chaque besoin en ressources humaines, financières, techniques ou autres afin de mieux répondre efficacement et prioritairement…

 

P2 : Accélérer la mise en place d’infrastructures scolaires modernes tout en supprimant progressivement et rapidement les différents abris provisoires et rénover les bâtiments dégradés ou en mauvais état.

 

P3 : Revoir complètement la méthode d’apprentissage à l’école élémentaire et changer les programmes scolaires pour qu’ils soient plus adaptés à notre société, à nos enfants et à notre culture.

 

P4 : Modifier également le parcours éducatif de l’élève (CI-CM2, 6ème-3ème, 2nde-Tle), en mettant en place un nouveau parcours qui allie programmes efficaces, connaissances acquises et capacité de restitution des dits connaissances…

 

P5 : Renforcer la formation pédagogique des enseignants tout au long de leur carrière en intégrant un suivi et recueil des besoins (pédagogique, didactique ou au niveau des techniques/outils d’aides à l’apprentissage…).

 

P6 : Introduire progressivement les langues nationales et l’étude coranique dès l’élémentaire afin de renforcer leur aptitude et notions académiques dans les différents domaines.

 

P7 : Equiper progressivement les écoles, collèges et lycées suffisamment de manuels et  d’outils informatiques.

 

P8 : Modifier tous les programmes des collèges et lycées et les aligner sur nos cultures et valeurs tout en insistant davantage sur les enseignements techniques et scientifiques. Doter chaque lycée d’un laboratoire d’expérimentation (chimie, physique, science animale et végétale, médecine,…).

 

P9 : Construire des centres de formation professionnelle et technique dignes de ce nom partout dans le pays avec des enseignants de qualité, des formations pertinentes et en adéquations avec les besoins du marché du travail. Intégrer le système d’alternance ou d’apprentissage à ces parcours pour que les bénéficiaires soient aptes à travailler pour leur propre compte dès leur sortie (menuiserie, plomberie, électricité, mécanique, électronique, informatique, peintre, travaux du bâtiment, réparateurs de machines ou autres matériels spécifiques,… et toute autre formation qui répond aux besoins actuels).

 

P10 : Mettre en place une nouvelle gouvernance pour un meilleur pilotage des collèges et lycées afin que les moyens humains, financiers et techniques soient suffisants et efficaces tout au long du parcours éducatif.

 

P11 : Inculquer à nos enfants des valeurs de civisme, de vertu et de bonne pratique dans la vie en société. Il faut également intégrer l’enseignement des « bonnes manières et le bon comportement dans la vie en société », car il faut bannir progressivement certains comportements abjectes d’une partie de nos concitoyens, autorités morales ou religieuses et de nos gouvernants.

 

P12 : Privilégier la concertation dans les différents établissements scolaires en mettant en place des comités trimestriels ou semestriels de revue et de concertation entre les représentants des enseignants, les autorités locales en charge de l’éducation, les représentants des parents d’élèves et les représentants des élèves afin d’échanger et d’apporter des réponses efficaces pour le bon fonctionnement du système éducatif. C’est aussi cela la décentralisation et la gouvernance concertée.

 

IV- Conclusion

 

Notre système d’éducation bénéficie certes de beaucoup de ressources financières mais il est malgré tout dans un état de délabrement avancé (exemple le Taux Brut de Scolarisation qui était de 94% en 2012 se situe à 86% aujourd’hui).

La détérioration de la qualité de l’enseignement depuis le cycle primaire jusqu’à l’université est le résultat d’une désorganisation globale du système éducatif.

Notre système d’éducation est tellement révélateur des tares de notre société en général et l’incapacité de l’Etat à satisfaire tous les besoins du secteur en particulier mais aussi et surtout la distance qui nous sépare d’avec le progrès, l’émergence ou le développement (peu importe le qualificatif). Le chantier est gigantesque et nécessite des dizaines d’années d’investissement et de réformes en profondeur pour espérer avoir une éducation pour tous et de qualité.

Les multiples fraudes lors du baccalauréat en juillet dernier (31,6% de taux de réussite seulement), révèlent à bien des égards les errements d’un système éducatif en déperdition.

Malheureusement le système éducatif d’un pays peut aussi être l’arme la plus flagrante pour démontrer la faillite systémique d’un Etat.

Pour que notre système d’éducation soit efficient, il faudra impérativement un bouleversement sans précédant dans l’organisation globale, la formation, la qualité, l’évaluation, la gouvernance, l’affectation des ressources et le changement de perception actuelle du système éducatif…

Un citoyen

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