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Reprise des cours : « Regagner les classes le 25 juin est un impératif » (Sina Cissokho, Président du CD/Tamba)

« Regagner les classes le 25 juin est un impératif », selon M. Sina Cissokho, le Président du Conseil départemental de Tamba.

« Cela se justifie, d’abord parce qu’il est inconcevable que les ateliers, les bureaux, les services, les transports et les commerces soient rouverts et que l’école elle, soit fermée. Voudrait-on faire comprendre aux populations que l’école n’est pas un service essentiel, que l’on ne s’y prendrait pas autrement! Veux-t-on aussi faire croire très injustement qu’en plus d’être facultative et évanescente, l’école est plus accommodante pour le virus que nos marchés, nos ateliers, nos moyens de transport, etc… ?  Aujourd’hui qu’il est pratiquement admis que les jeunes de moins de 25 ans sont peu contaminés et moins contagieux, l’enseignant qui a devant lui un auditoire jeune, stable, connu et sur qui il exerce une certaine autorité lui permettant d’exiger le respect des mesures barrières, est sûrement plus en sécurité dans sa classe, que le caissier d’une banque, le commerçant du marché, l’agent de l’état civil, qui eux sont constamment en contact avec un public hétéroclite, instable et maniant très souvent de l’argent.
-) Ensuite, s’il est vrai que la conscientisation, la communication et la sensibilisation sont nos principales armes dans cette guerre toute  particulière, il est donc évident  que c’est en retrouvant leur milieu naturel c’est-à-dire l’école que les enseignants et même les élèves seraient plus utiles dans ce combat qui appelle toutes les compétences.
L’école du village comme le collège de la communauté ont toujours été les points de ralliement et de propulsion de tous les changements de comportements escomptés et voulus de nos populations. Pourquoi nous en priver aujourd’hui ?
Dans nos pays encore en construction, le devoir d’exemplarité de la communauté éducative, en particulier les enseignants, est une exigence républicaine. Mais on ne peut –être exigeant avec le lion que parce qu’il est dans la savane, avec le poisson que parce qu’il est dans l’eau, avec l’enseignant que parce qu’il est à l’école et en face de ses élèves.
-) Enfin, dans une société où la connaissance objective peine à trouver sa place, – les limites de la riposte actuelle le montrent à souhait- l’image de l’enseignant déserteur serait catastrophique pour notre école. La logique libérale du «  Prendre part pour avoir sa part », s’applique aussi ici. Et puis, que dira-t-on de cet enseignant qui, prétextant que ‘’toutes les conditions n’y sont pas ‘’ boycotte les cours ; mais ‘’rattrapé’’ malgré tout et chez lui par le virus, est obligé d’aller voir son médecin qui lui, bien que ’’ toutes les conditions n’y soient pas’’   est à son poste de travail.
En définitive, rouvrir les classes n’est ni un pari, ni un risque. C’est juste le symbole d’une société conquérante, combattant l’ennemi en utilisant juste toutes ses forces, notamment celles de l’intelligence et du savoir.
Le rendez- vous manqué du 2 juin n’a tari ni la volonté ni la détermination des autorités au premier chef son excellence le président de la République de ne ménager aucun effort  pour faire reprendre les cours, mais plutôt a surtout permis de constater l’engagement et la combativité des enseignants conscients de leurs responsabilités et des enjeux de l’heure. C’est pourquoi la scène surréaliste du regroupement de liberté 5 lors de la mise en route des enseignants est à la fois « inadmissible et incroyable » et ne devrait en aucun cas se répéter sous quelque forme et quelque circonstance qui soit.
Si cette mise en route avait été confiée au gouverneur de Dakar ; entouré des membres de son CRD notamment les préfets et les maires, il aurait sûrement fait mieux. C’est dire que la riposte contre la COVID-19 nous a fait découvrir les vertus et l’étendue du champ d’action de la gouvernance territoriale surtout si elle se base sur une synergie active des acteurs territoriaux et l’implication des populations. À cet  égard, ce n’est pas tomber dans l’autoglorification que de dire qu’en la circonstance, les collectivités territoriales se sont admirablement comportées et méritent donc plus d’attention et de gratitude.
Jeudi prochain, inch Allah, l’école rouvrira ses portes. Les cours reprendront pour au moins 2 mois durant lesquels malheureusement et fort probablement comme dans tous les autres corps de métiers, des enseignants seront testés positifs à la covid 19. Il faudra alors faire preuve de résilience et de force de caractère. Une classe fermera par ci, une école fermera temporairement par là. Le préfet et le maire ou le président du Conseil départemental en décideront. Mais toutes les écoles du Sénégal ne fermeront pas. Tout simplement parce que toutes les garnisons n’ont pas fermé quand des sapeurs ont été contaminés de même pour  les hôpitaux quand des médecins ont été affectés. L’école s’adaptera aux situations car comme disent les militaires, « En opération, c’est le terrain qui commande ».
Du reste, les académies ont été créées à cet effet et en cette période d’hivernage qui s’annonce, les particularités locales devront être nécessairement prises en charge. Au demeurant, seul le Bac-en tout cas pour l’enseignement général qui pose le plus de problèmes-doit encore garder forcément son caractère national. Le certificat et le brevet dont l’organisation pratique est déjà confiée aux académies et aux inspections de l’éducation, peuvent si les conditions l’exigent, être totalement régionalisés. La seule difficulté ici est le choix des épreuves pour chaque académie. Pour qui connait l’expertise en place dans les académies et les inspections, cette difficulté est loin d’être insurmontable même en si peu de temps.
Vivre c’est être dans l’incertitude et faire face à l’inconnu. Le progrès scientifique et technique nous a malheureusement fait croire ces temps derniers que nous sommes des ‘’sachant absolus’’. Et pourtant les saintes écritures nous avaient avertis : «  Certes elles ne triompheront jamais, mais les forces du Mal se déchaîneront de temps en temps. » Pour faire donc face aux ténèbres qu’elles provoquent malicieusement, « gardons toujours allumés les feux ardents de la vie et de l’espoir. C’est cela la mission première de l’ÉCOLE », a conclu  M. Cissokho.




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