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Éducation/BAC 2020 : « Cela me désole d’entendre des acteurs du système défendre la thèse d’un prétendu complot avec l’office du Bac » (Saourou Sène, Sg du Saemss)

Le Secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen et du secondaire du Sénégal (Saemss) est d’avis que les résultats au baccalauréat sont le fruit de l’engagement des enseignants qui ont risqué leurs vies pour rejoindre leurs localités d’affectation. Saourou Sène, dans cet entretien qu’il a accordé à nos confréres de Dakaractu, y aborde l’impact de la pandémie sur le système éducatif sénégalais et les enseignements que l’on devrait en tirer. Occasion qu’il a mise à profit pour fustiger l’attitude de son collègue syndicaliste Dame Mbodj. Lequel, après avoir prôné l’année blanche lors de la reprise du 25 juin 2020, est revenu à la charge pour parler d’examens truqués. Entretien…

: On a remarqué une accalmie dans le milieu syndical. Qu’est-ce qui, selon-vous, l’explique ?

Saourou Sène : Oui, l’année scolaire 2019-2020 est marquée par la pandémie de la Covid-19 qui est entrée dans notre pays depuis le mois de mars. Le secteur de l’éducation a été le premier touché avec la première allocution du chef de l’État qui avait décidé d’emblée la fermeture des écoles. Dans ce contexte, il nous fallait réorienter notre action revendicative en nous disant que : « Quand Rome brûle, il faut aller à son secours ! La lutte contre la Covid-19 est une occasion où notre pays, malgré les difficultés, a besoin d’une cohésion sociale et d’un élan unitaire pour faire face à la pandémie. Non seulement, nous avions suspendu notre grève dès l’arrivée du coronavirus dans notre pays, mais mieux nous avions été les premiers à penser à la création d’un fonds de solidarité nationale pour lutter contre cette pandémie. Et au finish les enseignants du Sénégal, en rapport, avec les services centraux et déconcentrés de la tutelle ont contribué à hauteur de 18.100.000 F CFA.

Cette année, on a remarqué beaucoup de mentions voire des mentions très honorables pour le baccalauréat. Qu’est-ce qui explique cette situation dans la mesure où l’année scolaire fut arrêtée à cause de la pandémie ?

Cette année, malgré la pandémie, les résultats du Baccalauréat sont tout à fait appréciables. Tout est à l’honneur des enseignants du Sénégal qui, d’emblée, ont créé des groupes WhatsApp pour encadrer à distance les élèves candidats aux différents examens, surtout pour les classes de terminale et de troisième. Il s’y ajoute que les parents ayant conscience de l’examen qui, de toute façon, allait arriver ont pris des répétiteurs pour un encadrement beaucoup plus rapproché. Sans oublier que ces élèves de Terminale et de 3e étant d’un âge mature, ils ont la possibilité de faire des recherches personnelles sur le net pour combler leurs besoins pédagogiques. Bien sûr, personne ne doit oublier le formidable élan de mobilisation des enseignants pour la reprise des cours le 25 juin 2020 malgré tous les risques encourus. Ces enseignants dont le patriotisme ne devrait souffrir d’aucun doute ont eu à se donner à fond. D’autant plus qu’ils ont des classes de 20 à 25 élèves donc des effectifs faciles à gérer. Voilà autant de raisons qui font que les résultats du Baccalauréat se sont sensiblement améliorés cette année. Si j’entends des acteurs du système défendre la thèse d’un prétendu complot de l’Office du Bac, avec je ne sais qui pour avoir de bons résultats, cela me désole. Ces résultats, nous les assumons et félicitons chaleureusement les élèves, les enseignants et les parents.

Et quel est le sort des élèves qui doivent passer en classe supérieure ? Êtes-vous d’accord sur la manière dont l’État a procédé ?

Le sort des élèves des classes intermédiaires a fait l’objet d’une rencontre entre le ministère de l’Éducation nationale et les partenaires syndicaux que nous sommes. Même si la décision de fixer les moyennes de passage est venue du ministère. Mais nous avions été informés. Pour le moyen et le secondaire la moyenne de passage est de 09/20. Il a été retenu qu’aucun élève ne serait renvoyé cette année pour une insuffisance de résultats. Dès la reprise des enseignements et apprentissages au mois de novembre 2020, les cours commenceront avec des remédiations voire des révisions pour asseoir les prérequis. Et le programme de la classe normale devra commencer à partir de janvier 2021. C’est l’occasion de rappeler la nécessité de continuer l’encadrement des enfants à la maison et la diffusion des programmes scolaires dans les médias comme le canal TNT.

Je rappelle que vous êtes le Secrétaire général du Saemss. À ce titre quelle appréciation faites-vous des maux qui gangrènent le système éducatif en cette période de pandémie ?

Le système éducatif sénégalais, depuis des décennies, vit des crises cycliques avec notamment la grève des enseignants qui réclament de meilleures conditions de travail. Mais surtout une gouvernance correcte de leurs carrières, sans oublier la question du système de rémunération et des surimpositions. Lorsque nous parlons de la gouvernance de carrière nous pensons à l’intégration, la validation, le reclassement et les avancements de tous ordres qui interviennent dans la carrière de l’enseignant. Depuis des années, les irrégularités et les nombreux manquements notés ont fini de décourager plus d’un. Ce qui fait qu’aujourd’hui tout le monde parle de lenteurs administratives. La question du système de rémunération des agents de l’État, au regard de son iniquité et les injustices qui le caractérisent, oblige les enseignants à porter le combat. Entre autres injustices, il y a les mises en position de stage, les passerelles, les administrateurs scolaires. Des questions qui méritent un règlement définitif si nous voulons une stabilité dans le système. Condition sine qua non pour arriver à des performances appréciables.

Actuellement on est en plein dans la crise sanitaire qui affecte tous les secteurs. Pour le secteur de l’éducation qui vous concerne, quelles sont les perspectives post-Covid ?

Pour les perspectives post Covid, d’abord, en bon croyant nous prions Dieu Le Tout-Puissant pour qu’il sauve l’humanité de ce minuscule virus qui a bouleversé le monde dans tous les domaines. Ce virus qui a surtout remis en cause toutes les certitudes en matière de sécurité sanitaire. Cela signifie que, comme le reconnaît Georges Mathes : ‘’ce n’est pas la science qui menace notre bonheur. Mais le trop peu de science’’. Aujourd’hui, tous ceux qui pensaient que la science est au top, doivent réviser leurs positions. Nous vivons encore le trop peu de science. La preuve, ce minuscule virus sorti de loin a voyagé dans tout l’univers sans que personne ne puisse le stopper. Cela veut dire qu’il nous faut davantage investir dans l’éducation et la recherche pour plus de sécurité et de développement. L’école reste la solution. Or cette école, avec ses enseignants, mérite plus de respect et de considération pour de meilleurs résultats. Si je parle de l’école, c’est au sens large du terme du préscolaire au supérieur en passant par les instituts de formation professionnelle. Pour éviter une reprise des luttes enseignantes, dès la fin de la pandémie, il faudra faire des efforts pour prendre langue avec les organisations syndicales pour régler les questions contenues dans le protocole d’accord signé le 30 avril 2020. Il s’agit principalement du système de rémunération des agents de l’État, la question des lenteurs administratives, entre autres. La pandémie a permis aux enseignants de prouver, si besoin en était, leur patriotisme pour leur pays. De même que les résultats obtenus montrent à suffisance que si nous avons des effectifs normaux dans nos classes nous pourrons avoir de bons résultats en fin d’année pour les différents examens.

On vous a suivi dans un débat en présence de Dame Mbodj, mais vous n’étiez pas d’accord sur certains points. Actuellement, les syndicats de l’enseignement parlent-ils le même langage, concernant les revendications ?

Écoutez ! Rien ne devrait autoriser, que quelqu’un, dans ces moments difficiles, fasse dans le discours populiste et démagogique. Nous sommes des acteurs de l’école et cette dernière est notre gagne-pain. Personne ne doit aimer l’école plus que les enseignants que nous sommes. Celui que vous avez indiqué avait déjà opté pour l’année blanche dans notre pays. Ce qui ferait de nous un pays tristement exceptionnel dans ce cas. Le virus n’ayant occasionné, nulle part dans le monde, l’année blanche, c’est le même oiseau de mauvaise augure qui considère que les résultats du Bac sont truqués et je ne sais pas comment. Ce monsieur, aux élections de représentativité dans le secteur, a obtenu moins de 2% des enseignants. S’il pense pouvoir combler le retard de 8 points pour participer aux négociations gouvernement-syndicat, à travers une logomachie et un nihilisme sans retenue, il assumera devant l’histoire et les enseignants. Je voudrais juste rappeler les propos d’un sage qui disait que : ‘’Si l’ignorant crie avec arrogance, le silence enseigne avec élégance’’. Les enseignants du Sénégal sont unis à travers 6 organisations de l’enseignement et le syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation. C’est cela le G7 qui a en charge toutes les questions de l’éducation à porter devant le Gouvernement du Sénégal.




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