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ÉDUCATION AU SÉNÉGAL : « ÉVITER UNE ANNÉE BLANCHE, PROTÉGER LES ENFANTS FACE AU COVID-19 ET METTRE EN PLACE DES RÉPONSES SYSTÉMIQUES » (Mohamed M. Diagne, DFC/MEN)

Mohamed Moustapha Diagne, directeur de la formation et de la communication au sein du ministère de l’Éducation nationale du Sénégal dont il est également le porte-parole, apporte un éclairage sur la réponse éducative du Sénégal face à la pandémie du COVID-19 et suggère au bureau des droits de l’homme des Nations Unies d’assurer un rôle de rempart constructif pour l’épanouissement et la protection des enfants en cette période de propagation du virus.

Au Sénégal, comme dans la plupart des États d’Afrique de l’Ouest, la pandémie du COVID-19, a eu pour conséquence, la fermeture des établissements d’enseignement pour contrer la propagation du virus. Les cours à distance apparaissent comme la solution adoptée pour assurer la continuité pédagogique, dans le monde. Quelles sont les initiatives qui ont été mises en place au Sénégal ?

Dès la fermeture des établissements scolaires, le ministère de l’Éducation nationale a déployé une stratégie multiforme. D’abord il a été mis en place l’initiative APPRENDRE A LA MAISON : avec le concours technique de la Division radio télévision scolaire (DRTS) et sous la supervision pédagogique de l’Inspection générale de l’éducation et de la formation (IGEF), des cours sont enregistrés et diffusés au niveau du Canal Éducation, ouvert uniquement le temps de la pandémie en collaboration avec la Radio télévision sénégalaise (RTS).

Ensuite, le numérique a été mis à contribution avec la création de classes virtuelles à travers CLASSROOM et TEAMS. Enfin, pour compléter le dispositif, des ressources numériques pédagogiques sont positionnées dans le site officiel du Ministère de l’éducation, education.sn.

Les fermetures d’écoles affectent davantage les enfants les plus vulnérables et sont susceptibles d’accroître les inégalités selon les catégories sociales et le genre, entre autres. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement sénégalais pour éviter que la pandémie engendre un enseignement inégalitaire et discriminatoire ?

Le Ministère a diversifié son offre à travers beaucoup de canaux de diffusion : la télé, la radio et l’internet. Cependant, dans certaines zones qui n’ont pas accès à la télévision, Radio Sénégal et les radios communautaires prennent le relai pour diffuser les cours conçus.

Également, le Ministère a renforcé les services qui sont au niveau déconcentré en les dotant de duplicateurs et de papiers pour faciliter l’impression des supports de cours pour tous les élèves du Sénégal.

Le 15 avril 2020, le président de la République, Macky Sall, a demandé aux ministres chargés de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, de mener des « concertations urgentes » avec les partenaires sociaux pour évaluer « l’impact global » du Covid-19 sur le secteur éducatif. Quels sont les enjeux pour le secteur éducatif, à court et à moyen terme ?

Suite aux instructions du président de la République, le ministre de l’Éducation nationale a mené de larges concertations avec les acteurs du système éducatif. Les responsables au niveau déconcentré, les responsables syndicaux, les associations de parents d’élèves, etc. sont consultés pour essayer de voir dans quelles conditions il faut favoriser la reprise des cours dans les établissements scolaires. Les enjeux sont énormes pour le secteur éducatif. Il faut éviter une année blanche ou une année invalide, ensuite, protéger ces couches vulnérables que constituent les enfants face à la pandémie de la COVID-19 et enfin, mettre en place des réponses systémiques pour une démarche inclusive avec le département de la formation professionnelle et même de l’enseignement supérieur.

Le droit à l’éducation est un des droits de l’Homme. Comment envisagez-vous la contribution du bureau des droits de l’homme des Nations Unies au Sénégal pour vous accompagner dans la protection et l’affirmation de ce droit pour tous d’une part, et pour la prévention, l’atténuation et le traitement des conséquences sociales et politiques que cette pandémie de coronavirus pourrait engendrer ?

Le bureau des droits de l’homme des Nations Unies au Sénégal peut être un rempart constructif pour l’épanouissement et la protection des enfants en cette période de propagation de la COVID-19. Le bureau peut mener une enquête solide auprès de ces enfants pour identifier les besoins afin de concevoir une stratégie commune avec le secteur de l’Éducation nationale qui va aboutir à une mise en œuvre d’un plan d’action sur les différents terrains.

Quelles sont les réflexions engagées par le gouvernement et les ministères concernés pour réinventer le système éducatif dans l’après COVID-19 ?

A ce niveau de la propagation du virus, les réflexions sont orientées principalement vers la reprise des enseignements dans les établissements scolaires. Cependant, ces réflexions vont constituer un point de départ pour procéder à une analyse holistique du système éducatif dans l’après COVID-19. Il s’agira d’être plus alerte à travers des crises de ce genre mais également revoir les contenus pédagogiques et les stratégies didactiques. Le télé enseignement par exemple, vu les résultats obtenus, doit être valorisé davantage par une intégration effective dans les curricula.

onusenegal.org




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