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Rapports de l’OFNAC: Seynabou Ndiaye Diakhaté dit tout

«On a déposé plus d’une vingtaine de rapports d’enquête sur la table du procureur de la République»

Le chiffre donne le tournis ! Au total, plus d’une vingtaine de rapports d’enquête de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) dorment dans les tiroirs lugubres du procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye. C’est ce qu’a confié la présidente de l’Ofnac, Seynabou Ndiaye Diakhaté, à l’émission «Objection» sur Sud Fm.

«Les rapports d’enquête de l’Ofnac sont remis directement au procureur de la République. On a déposé plus d’une vingtaine de rapports d’enquête sur la table du procureur de la République», confie-t-elle.

Mais, s’empresse-t-elle de préciser pour se dédouaner : «Ce qu’il faudra noter dans le texte – c’est un argument de texte que j’invoque – ‘le dépôt du rapport auprès du procureur de la République dessaisit l’Ofnac’. Une fois le procureur saisi, nous sommes dessaisis.»

Donc, insiste Seynabou Ndiaye Diakhaté, «c’est à lui (le procureur de la République) de répondre éventuellement à une question par rapport aux suites réservées à ces rapports. Par rapport au principe de droit sur l’opportunité des poursuites, c’est lui qui apprécie librement la suite à donner à ces rapports. Je lui ai remis autant de rapports et mon travail s’arrête-là».

La suite réservée à ces rapports ne l’ébranle guère. «Je fais mon travail sans état d’âme et ça s’arrête-là. On m’a délimité un champ de compétences. Donc, je ne peux pas sortir de ce champ», souligne la présidente de l’Ofnac.

«Il y aura un organe national de recouvrement des avoirs volés»

Figurant parmi les principes de la Convention des Nations Unies sur la corruption, le Sénégal n’a toujours pas légiféré sur le recouvrement des avoirs volés. Mais cela ne saurait tarder, si l’on en croit les assurances de la présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Seynabou Ndiaye Diakhaté.

«Le recouvrement des avoirs volés, c’est un principe qui est également retenu dans la Convention des Nations Unies. Le recouvrement des avoirs, c’est le travail de la justice. Mais j’ai ouï dire que sur ce point, le projet de texte est presque finalisé. Il y aura un organe national de recouvrement des avoirs», annonce-t-elle sur le plateau de l’émission «Objection» de Sud Fm, ce dimanche.

Cependant, là où la législation sénégalaise est à la traîne, c’est du côté de la protection des lanceurs d’alertes et autres dénonciateurs des faits de corruption.

«La législation, en tant que telle, sur les lanceurs d’alertes, elle n’est pas encore effective. Il faut les protéger, mais cela suppose l’existence d’une législation», fait-elle constater. Même si, précise la présidente de l’Ofnac, «les lanceurs d’alertes, on les protège à notre niveau. Parce que tout notre travail est guidé par le principe du secret et de la confidentialité».

«Je pense qu’une législation serait une base légale qu’on pourrait utiliser à cet effet (de les protéger)», déclare-t-elle.

«A la date du 23 décembre 2020, l’Ofnac a reçu 107 plaintes»

Le phénomène de la corruption est de plus en plus ancré dans l’Administration publique sénégalaise. C’est du moins ce qu’a indiqué la présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Seynabou Ndiaye Diakhaté, sur le plateau de l’émission «Objection» de Sud Fm, ce dimanche.

«Pour mesurer l’ampleur du phénomène de la corruption, je vais invoquer deux indicateurs : le premier, c’est l’étude (de perception) que l’Ofnac avait commanditée en 2016, avec un cabinet indépendant. Les conclusions ont révélé le niveau de la corruption dans les administrations publiques. Presque aucune administration publique n’est épargnée. En dehors de cette étude aussi, nous recevons quotidiennement des plaintes et des dénonciations de particuliers. Nous avons pris ensemble les résultats de cette étude et les plaintes que nous avons reçues, pour mesurer le degré de corruption», souligne-t-elle.

Selon la présidente de l’Ofnac, il ressort de cette étude de 2016 que les pratiques de corruption coûtent «plus de 100 milliards à l’économie». «C’était une étude faite en temps réel, c’est-à-dire que cela peut être évolutif. Nous avons même pensé qu’il fallait faire d’autres études qualitatives pour mettre à jour nos bases de données», précise-t-elle.

S’agissant des plaintes et des dénonciations, Seynabou Ndiaye Diakhaté renseigne qu’à la date «du 23 décembre 2020, l’Ofnac a reçu 107 plaintes à Dakar comme à l’intérieur du pays».

«Les faits dénoncés sont multiples et sont de toutes sortes. Il arrive même qu’on soit saisi de faits pour lesquels nous n’avons aucune compétence. Depuis que je suis à la tête de l’Ofnac, j’ai pris l’option de répondre à toutes les correspondances. On accuse réception de la correspondance et on avise, en cas de classement sans suite ou d’ouverture d’une enquête. Les faits sont variés. Il y en a qui portent plainte surtout pour des litiges de nature foncière. On reçoit également des appels anonymes pour des dénonciations», confie-t-elle.




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