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Place de la confiance dans l’économie numérique (Mor Ndiaye Mbaye)

Place de la confiance dans l’économie numérique (El. Mor Ndiaye Mbaye)

La Confiance
La confiance, c’est ce sentiment de sécurité et d’assurance que l’on éprouve vis-à-vis de
quelqu’un, de quelque chose, d’une situation ou d’une opération. Au sens strict du terme,
elle renvoie à l’idée que l’on peut se fier à quelqu’un ou à quelque chose. Substantif du verbe
confier (du latin confidere : cum, « avec » et fidere « fier »), la confiance signifie, en effet,
qu’on remette sans arrière-pensée quelque chose de précieux à quelqu’un, en se fiant à lui
et en s’abandonnant ainsi à sa bienveillance et à sa bonne foi. On dit souvent qu’on n’est
déçu que par quelqu’un ou quelque chose qui nous a inspiré confiance, donc en qui on a
placé une confiance. Tout comme l’assurance, dont il est prouvé qu’elle augmente le risque
contre lequel on l’a contractée, la confiance place d’emblée l’individu qui l’accorde dans un
état de vulnérabilité et de dépendance coupable. Certes l’adage dit qu’elle n’exclut pas le
contrôle, pour dire qu’il ne saurait s’agir de croire, qu’une fois accordée, la confiance doit être
absolue et aveugle, ou que les autres soient toujours fiables et dignes de confiance, mais ce
contrôle n’assure aucune garantie, son unique mérite sera juste d’en constater les
défaillances éventuelles. Toutefois, pour certains penseurs elle (la confiance) peut être
conçue comme un mécanisme de réduction des risques si elle est l’usufruit d’un calcul
rationnel, l’aboutissement d’un raisonnement hypothético-déductif rigoureux.
Dans les relations entre les individus, la confiance est un passage obligé pour établir les
mécanismes d’une collaboration malgré les risques qu’elle présente. Elle est une donne
indispensable car sans elle, il serait difficile d’envisager l’existence même des relations
commerciales, des relations humaines – des rapports de travail allant jusqu’à être
déterminant dans l’amitié ou bien dans l’amour. Sans confiance, on ne pourrait même pas
envisager l’avenir et chercher à bâtir un projet qui se développe dans le temps. Comme
l’expliquent les spécialistes en sciences sociales, « c’est la confiance qui rend possible le
développement de la socialité et le fonctionnement de la démocratie ». Mais la
confiance est aussi dangereuse, car elle implique toujours le risque que le dépositaire ne soit
pas à la hauteur des attentes ou, pire encore, qu’il trahisse délibérément l’espoir en lui placé.
Elle n’est ni plus ni moins qu’un pari crédule sur le comportement coopératif de celui
qui en est dépositaire.
Il s’agit donc d’une relation très souvent (pour ne pas dire toujours) binaire qui, même si elle
peut être réflexive (confiance en soi), n’est ni symétrique (réciprocité automatique), ni
transitive (confiance triangulaire, une sorte d’héritage). Elle s’accorde naïvement de manière émotionnelle (confiance aveugle) ou de manière un peu plus « objective » sur la base de
l’analyse d’un certain nombre de faits constatés, de circonstances observées, d’informations
détenues, etc. Dans tous les cas elle ne pourrait être sans risque.
Mais si au niveau des relations humaines, lorsque notre confiance est placée en quelqu’un, il
nous arrive de ne pas pouvoir savoir pourquoi, ni expliquer les raisons exactes pour
lesquelles nous avons accordé notre confiance, dans les relations commerciales, surtout
dans l’ère du numérique, notre attitude doit être plus objective et moins émotionnelle. En
effet un comportement assimilable à un saut dans le vide, véritable glissement dangereux
vers la crédulité, ou la naïveté, ne saurait être de mise ou prospérer dans les relations
d’affaires. Celles-ci, doivent reposer sur une confiance calculée, réfléchie, assise sur des
bases « objectives » et même très souvent couverte par une assurance.
Confiance et sécurité numériques
Le développement de l’économie dite numérique ne saurait faire abstraction d’une confiance
des acteurs qui y interagissent dans la virtualité la plus totale, sans jamais avoir l’opportunité
de se rencontrer. La base de leurs relations d’affaires est la confiance qui s’érige ainsi en un
gage, un facteur clé de croissance et son absence en constitue un frein. La confiance est un
élément déterminant dans le développement de tous les aspects et formes de cette nouvelle
économie.
Mais peut-on parler de confiance numérique sans sécurité ?
Le Robert définit la sécurité comme « l’état d’esprit confiant et tranquille d’une personne
qui se croit à l’abri ». Dans les transactions électroniques BtoC (orienté consommateur), la
sécurité est de manière triviale considérée comme une condition sine qua none de
l’établissement de la confiance. Mais, tout comme dans la programmation informatique il est
avéré qu’il est scientifiquement impossible de prouver de manière formelle le fonctionnement
à 100% d’un algorithme, sécuriser de manière absolue une transaction électronique est une
tâche sans fin.
Les spécialistes de la sécurité considèrent, à juste raison, que le nombre de failles
techniques potentielles dans un système n’est pas une valeur finie: la sécurité relève plus
d’une affaire d’organisation impliquant un ensemble de ressources (humaines, matérielles,
financières, etc.), de procédures, de comportements, que de techniques. Sa relation avec la
confiance ne saurait être à sens unique, les sentiments qui les lient se nourrissent
mutuellement et toute faille ou dysfonctionnement ressenti chez l’un se répercute forcément
chez l’autre. .
Les transactions électroniques, champ d’application de ces deux notions, exigent des
technologies et des systèmes qui répondent aux attentes réelles des acteurs et des
utilisateurs. La complexité de la question fait intervenir souvent dans les opérations ce que
l’on appelle un « tiers de confiance » qui selon, Alain Borghesi et Arnaud Belleil, est « un
acteur, agissant dans l’univers des nouvelles technologies, se portant garant dans une
transaction ou un échange impliquant deux parties entre lesquelles la confiance réciproque
ne va pas forcément de soi ». Pour eux, il s’agit d’un dispositif complexe pouvant associer
plusieurs facteurs : un cadre juridique, des technologies de cryptage, un statut, une image de
marque, une bonne assurance en responsabilité civile professionnelle et, enfin, une capacité
à coopérer avec d’autres tiers de confiance complémentaires.
Mais il se pose alors de manière récursive la question de la confiance qu’il faille accorder au  tiers de confiance.
Dans la vie de tous les jours, nous fournissons toujours spontanément, en l’absence de toute
sécurité et sans nous poser de questions, nos données personnelles hautement importantes
et à la limite même vitales à des organisations (banques, administrations diverses,
aéroports, structures privées, etc.) sans aucune maîtrise sur leurs destinations finales, leurs
lieux et conditions de stockage ni même l’exploitation qui pourrait en être faite contre nous.
Avec le numérique, on peut affirmer que pratiquement aucun paradigme nouveau n’est
introduit, il s’agit juste d’une transposition des transactions habituelles entre des humains
vers des relations homme-machine ou machine-machine où tout est codifié : les informations
cryptées, les processus standardisés et automatisés, les données personnelles protégées
par des lois, les obligations de moyens souvent transformées en obligations de résultats
dans les contrats, les systèmes devenus redondants, la continuité de service garantie, etc.
Comme on le voit : seules les pratiques changent mais les natures demeurent.
Mor Ndiaye Mbaye
Consultant en SI et Base de données
Skype : morfattah



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