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M. LE MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE TALLA ET L’ENSEIGNEMENT PRIVE OU LA DISTANCIATION SOCIALE A L’ECOLE ! (par Hady GUÈYE)

L’enseignement privé va-t-il finir sur l’échafaud du fait des propos pour le moins inquiétants tenus  par un ministre de l’Education peu inspiré en la circonstance, comme s’il ne savait pas sa leçon, pardon, comme s’il oubliait les propos apaisants du Chef de l’Etat sur la situation scolaire.En cette période difficile de pandémie du Covid-19 qui a mis à rude épreuve la nation sénégalaise à l’instar de toutes les nations du monde, nous sommes bien dans une étape cruciale dans la marche des nations pour repenser les solidarités, convoquer le meilleur de nous-mêmes et soutenir les actions du président de la République.  C’est justement le moment choisi par le ministre Talla pour franchir le Rubicon en refusant d’assumer toutes ses responsabilités, faisant preuve d’une attitude pour le moins incompréhensible, face au drame que vit l’enseignement privé. En effet, sans sourciller, il a lâché dans les médias, que les écoles privées ne doivent s’attendre à aucune forme de soutien en dehors de l’accompagnement en produits sanitaires et matériels d’équipement usuels face à la pandémie ; que les difficultés de recouvrement des frais d’écolage, les conflits auxquels il faudra s’attendre relèvent de conflits opposant des privés ; et d’ajouter que la subvention  d’un milliard deux cents accordées aux écoles privées sera effectivement payée. Non M. Talla ! Comprenez-vous vraiment les enjeux éducatifs dans la formation du capital humain et  la mission publique d’éducation assurée pleinement par les institutions scolaires privées ? Non Monsieur Talla ! Les établissements privés sont placés, dans la constitution comme dans la loi d’orientation, au cœur de la mission publique d’éducation, qui est unique et qui relève de la responsabilité de l’Etat. Or, l’Etat ne pouvant assurer seul cette mission, faute de moyens et c’est valable pour tous les pays, le Privé, est appelé à concourir à sa pleine réalisation. Donc, l’éducation n’est pas privée elle est publique !L’école n’est pas l’entreprise privée, elle n’est pas le marché ; c’est une entreprise d’utilité publique à but non lucratif ; d’ailleurs, nul n’est autorisé à intervenir dans la formation, à dérouler un programme d’enseignement et de formation, à définir un temps scolaire sans y être exclusivement invité par le président de la République ; et, dans ces domaines précités, le ministre a compétence zéro, tout est réglé par décret. Peut-on alors renvoyer les acteurs partenaire des établissements devant les tribunaux du travail pour  régler éventuellement leurs conflits ? C’est simplement du « ponce pilatisme ». L’Etat doit absolument se soucier de la quiétude et de la stabilité qui doit régner dans tous nos établissements  d’éducation et de formation y compris le privé. C’est de sa responsabilité première, que les enseignements ne soient pas perturbés par des conflits, quelle qu’en soit la nature. M. Talla, pour une fois, le sait bien, lui qui prépare les dossiers de reconnaissance pour les soumettre au président de la République: aucun établissement ne peut obtenir la reconnaissance, s’il n’a pas produit, entre autres, une attestation de non – conflit délivrée par l’inspection du travail ; l’Etat tient par-là, à préserver les apprenants, les filles et fils de la nation de tout conflit pouvant compromettre  la pleine réalisation de leur cursus scolaire et universitaire.Ces paroles embarrassantes qui contredisent les propos mêmes du chef de l’Etat, qui a promis une aide aux écoles privées, détonnent dans un Sénégal qui est à l’unisson et qui s’est réconcilié avec ses valeurs que tous les pays lui envient : voler au secours de ceux qui ont besoin de soutien. D’ailleurs, en Afrique au sud du Sahara, aucun n’a consenti des efforts financiers plus conséquents dans la lutte contre le covid-19 que notre pays. Non encore une fois M. Talla ! On admet bien et on s’en félicite, que l’Etat dégage dans son fonds Covid-19 une aide aux privés, de l’entreprise de production industrielle aux acteurs culturels, et naturellement à la population démunie des villes comme des campagnes. Encore faut-il bien comprendre que les fonds alloués au secteur économique privé, pour l’essentiel, concernent un manque à gagner, alors que pour les établissements du Privé, il s’agit plutôt de services déjà rendus en cours présentiels pour le mois de mars et dans des groupes d’enseignement à distance pour la plupart des établissements concernant bien entendu les classes d’examen.
Assurément non ! Vos propos qui ne semblent pas trop convenables, peuvent blesser les  Déclarants-responsables qui se voient renvoyés devant les juridictions dédiées comme pour régler  des conflits comme dans les secteurs marchands. Par ailleurs, Les subventions auxquelles ces institutions ont droit sont encore largement insuffisantes et ne concernent que les écoles reconnues qui ne font pas la moitié des écoles privées ; les autres écoles non moins légales, fonctionnant sous le régime de l’agrément pour le supérieur et  l’autorisation d’ouverture et de fonctionnement pour les autres niveaux d’éducation. Il faut aussi, sans doute, vous informer à ce sujet, qu’en 35 ans, depuis le ministre Iba Der Thiam, les subventions, au titre des première et deuxième tranches, de la Spéciale et des primes aux examens ne sont passées que de 800 millions à 1,2 milliards de F CFA actuellement; sans doute une telle  situation mérite-t-elle d’être réexaminée quand le contexte le permettra !  Aujourd’hui, le Chef de l’Etat est en train de gagner son pari, celui de faire de l’école sénégalaise une école d’excellence, comprenant bien le pari du capital humain qui doit nous libérer demain ; il a toujours fait preuve de beaucoup de compréhension face aux problèmes des établissements privés : c’est sans doute l’exception sénégalaise qu’il fait vivre : on ferme un peu les yeux sur l’assistance au Privé par des enseignants du Public qui pourtant n’y sont pas autorisés ou quand on oublie de prélever des jours de grève dans l’enseignement public. Allons M. le ministre ! Restons dans ce qui est raisonnable, le Privé a toujours contribué à la sauvegarde des années scolaires et universitaires en périodes de grèves ; ses personnels sont dans  une situation dramatique et manifestent un dévouent à leur sacerdoce, celle d’être au service de la  mission publique d’éducation et de formation, alors, ne les oublions pas !Les propos et la volonté du Chef de l’Etat, M. Macky Sall demandent plutôt à être opérationnalisés pour éviter l’explosion ; ne pas aider financièrement le privé à faire face à ses problèmes, c’est cela la  distanciation sociale (abusivement utilisée), créant une fracture dans notre société, ce qui est bien différent de la distanciation physique.

 Dakar, le 18 mai 2020


 Hady GUÈYE, Consultant en formation adiguey@yahoo.fr




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