Slide background

Lettre ouverte à monsieur le ministre de l’éducation nationale : Mamadou TALLA (Par Mamadou DIA)

J’écris pour vous faire prendre conscience d’une cruelle réalité qui affecte notre localité Polel Diaoubé, qui affecte d’ailleurs de manière générale toutes les parties de notre pays : la politique, du moins les calculs politiciens sont l’obstacle numéro un au développement territorial. Voilà en effet plusieurs années maintenant que Polel Diaoubé a introduit sa demande d’ouverture d’un collège auprès du ministère de l’éducation nationale qui est sous votre tutelle. Vous n’y avez toujours pas répondu bien que tous les critères soient réunis. Dans un pays qui fait du capital humain un ressort essentiel de sa trajectoire d’émergence, il est inacceptable que l’autorisation d’ouverture d’un collège soit bloquée pour des raisons politiciennes, car il s’agit bien de cela. Certaines localités moins importantes en effectifs d’élèves ont obtenu des collèges, ce que nous saluons, mais alors pourquoi Polel Diaoubé est oublié ?
Pour ceux qui ne connaissent pas, Polel Diaoubé se situe dans le département de Kanel (région de Matam) à 4km de la route nationale N2 entre Ourossogui et Sémmé. Polel fait partie de la commune rurale de Orkadiéré. Lors du recensement de 2002, Polel comptait 2 700 habitants. Fin 2007, selon les estimations officielles, la population s’élèverait à 3 158 habitants. L’évolution de la population sénégalaise telle que calculée par l’ANDS nous amène à une population poleloise estimée en 2021 à 4 050 habitants. L’école élémentaire de Polel d’un effectif d’élèves de 523 a connu un taux de réussite de 100% au CFEE et au concours d’entrée en sixième en 2021. Cette même année, les élèves qui ont eu la chance de poursuivre les cours au collège de Orkadiéré se sont illustrés par leur excellence, le premier du centre à l’examen du BFEM est une fille poleloise sortie de cette école. Y aurait-il moins de militants et de sympathisants politiques à Polel ? M. le ministre, sachez que l’éducation ne doit pas être un privilège. Nous ne céderons donc pas au clientélisme politique et au chantage social auxquels nos politiques nous ont habitués pour exiger de l’Etat l’obtention de l’un de nos droits les plus élémentaires.
Qu’attendez-vous donc ?
Qu’attendez-vous M. le ministre pour signer cette autorisation alors que chaque année, nous avons à gérer le décrochage scolaire des enfants notamment ceux dont les parents n’ont pas les moyens d’assurer les frais de transport mensuels ?
Qu’attendez-vous M. le ministre pour signer cette autorisation alors même que nous avons l’avis favorable de l’inspection de l’éducation et de de la formation de KANEL ?
Qu’attendez-vous M. le ministre pour signer cette autorisation alors même que nous avons obtenu des autorités municipales l’affectation d’un terrain de deux hectares ?
Qu’attendez-vous M. le ministre pour signer cette autorisation alors même que le PAISD a soutenu ce projet et que les habitants avec l’appui de sa diaspora, sans attendre comme à leur habitude, ont déjà mobilisé des fonds nécessaires pour construire des salles de classes?
Qu’attendez-vous donc ?
Il vous appartient alors M. le ministre, de signer maintenant cette autorisation, afin de mettre un terme à une injustice qui met en péril irrémédiablement l’avenir de milliers d’enfants.Etes-vous prêt à endosser les lourdes conséquences sociales et économiques créées par cette situation ? Non, nous espérons.
Signer donc cette autorisation M. le ministre afin que les enfants ne parcourent plus des kilomètres pour aller à l’école, en plus des corvées ménagères qui les attendent chez eux.
Sinon, les taux de décrochage vont continuer de s’accroître, et cela affectera négativement le développement de toute la région. Est-ce ce que vous recherchez ? Non, nous espérons.
Ouvrez alors le collège de Polel Diaoubé.
Mamadou DIA

Partager



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *