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La grève du G7 ou des coups sur les traces du serpent après sa morsure (Felix Mboup)

Lorsque, pendant longtemps, on laisse le gouvernement décider injustement de notre traitement salarial , lorsque les lenteurs administratives ont fini de plomber la carrière des enseignants, et les ont plongés dans le désarroi , lorsque les syndicats sont phagocytés et embrigadés par un pouvoir qui les cajole, il n’y a plus lieu de faire preuve de militantisme syndical , surtout que nous sommes à quelques encablures de la fin de l’année. C’est Pourquoi, je marque mon désaccord et affiche mon aversion contre la grève décrétée par les syndicats, dont certains sont de véritables caisses de résonance du pouvoir .Certes , la doléance posée est légitime , mais ceux qui la portent ont laissé les enseignants dans la précarité et le désespoir pour avoir cautionné l’arrêt systématique des avancements .Mais également , ces syndicats n’ont pas eu le culot de poser des revendications légitimes à savoir l’application des recommandations issues de l’audit sur le système de rémunération dans la fonction publique , la question des passerelles , et tant d’autres problèmes .
Je ne cautionne point la violence exercée sur des professeurs par des élèves mal élevés. Si la violence se propage dans les écoles après avoir envahi la société , il faut que l’on fasse jouer à l’école le rôle qui est le sien .Hors de l’école, point de salut pour la société et les apprenants !La culture de la violence est tellement ancrée dans les habitudes des gens qu’il ne se passe pas une journée sans que l’on ne nous informe d’un cas de violence aveugle voire barbare .Cette violence , devenue règle de résolution des conflits politiques et sociaux , ne saurait épargner notre école où les enjeux sont tels que souvent l’enfant regarde le maître comme un bourreau ou un dictateur dont il faut se venger .Il urge , dès lors de valoriser l’enseignant afin qu’il retrouve son statut d’antan, celui d’un mythe qui fascine , terrifie et domine les apprenants .Pour que l’enseignant devienne un mythe , il faut le choyer , revoir sa condition sociale et le faire rentrer dans ses droits dont celui d’agent le mieux payé. En effet nul n’ignore que pour bâtir une République digne de ce nom où les hommes disposeront de hautes valeurs comme dans la cité idéale dont rêve Thomas Moore dans son ouvrage Utopia, il faut que l’école joue sa partition . Pour ce faire, il faut qu’on donne à l’enseignant ce qui lui revient , le valorise et le mette à l’abri du besoin . C’est pour la défense de nos intérêts que nous nous sommes mobilisé , dans un passé récent , dans nos syndicats , et avons participé activement et intelligemment aux combats, en nous adossant à des principes intangibles .Mais, après moult sacrifices, on nous a fait avaler de vénéneuses couleuvres. En lieu et place d’une reconnaissance, on nous a stigmatisé, banalisé et trahi au point de ne même pas nous transmettre des condoléances à la suite du retrait du certificat de séjour sur la terre de notre si cher père , un « Christ de la paternité » qui a rempli sa vie .Rien ne peut plus nous emballer .Le sensationnel , les états d’âme et le subjectivisme, dont nous nous sommes entouré lors de la première crise de croissance de notre syndicat, ne peuvent plus guider nos positions encore moins nous plonger dans un puéril suivisme .Pour la première fois, je me désolidarise d’un combat des syndicats , et adopte la position de Camus qui préférait se détournée de la révolution qui lui commanderait de poser des bombes sur le chemin emprunté par des enfants innocents .
Pour conclure , je m’approprie la situation de Sisyphe à propos de qui Camus écrivait : » Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Chers ex- frères d’armes, imaginez-moi heureux dans ce tourbillon de la trahison des idéaux d’hier .


Félix Mboup

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