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Le fer du Falémé, pour une Gouvernance Responsable ! par M. Amadou Séga Keita

Le fer du Falémé, pour une Gouvernance Responsable ! par M. Amadou Séga Keita

Une Gouvernance n’est responsable que quant elle a comme pierre angulaire la prise en charge prioritaire des impératifs de développement durable : réponses efficaces, efficientes et durables aux besoins des populations.
Ainsi la Gouvernance responsable implique la participation des populations dans la définition ou identification des besoins prioritaires ou vitaux, dans la décision finale des orientations et réorientations politiques et dans la mise en œuvre des décisions prises et le suivi.
Le cancer économique et social du Sénégal voire de l’Afrique dans la gestion des ressources naturelles est tantôt l’absence d’implication des communautés tantôt l’insuffisance de Gouvernance responsable.
L’exploitation des mines d’or de Sabodala a été un cancer pour le Sénégal et particulièrement pour la région de Kédougou et une expérience regrettable à tous points de vue car c’est la seule exploitation minière d’envergure au monde qui n’a pas fait l’objet d’étude d’impacts environnementale et sociale avec ses conséquences désastreuses sur la vie des populations autochtones, sur le Trésor public, sur la fiscalité locale et nationale, sur l’environnement, la Santé publique … sur l’écosystème bref sur la vie tout court.
N’assistons pas silencieux et coupable voire complice concernant « le fer du Falémé » !
Nul ne connait le poids réel de l’exploitation du fer du Falémé c’est seulement des estimations qui nous envahissent, alors ne tombons pas dans le piège !
La Gouvernance responsable du fer du Falémé nécessite trois conditions préalables :

1 _ Une étude d’impacts environnementale et sociale pilotée par un organe indépendant et impliquant activement tous les élus locaux de la région de Kédougou, les populations, les Organisations Communautaires de Base, la société civile locale, nationale et internationale de façon à permettre à chaque acteur de poser son véto en cas de défaillance ou d’incongruité.
Objectifs :
a _ identifier tous les risques potentiels et élaborer un plan inclusif, précis et de prise en charges des conséquences éventuelles et de réhabilitation de l’environnement.
b _ Concevoir un cahier des charges sur la base des préoccupations de développement durable identifiées par l’ensemble des acteurs sus mentionnés pour assurer aux collectivités locales un développement responsable et harmonieux.

2 _ Définir ensemble le plan de développement de l’entreprise qui aura en charge l’exploitation du fer conformément aux différents plans de développement communaux et départementaux, la Constitution et les Conventions internationales.
Objectifs:
a _ il ne s’agit point de la RSE (charité ou marketing d’une société) mais des droits des populations sur les ressources de leurs terroirs. Le plan de développement de l’entreprise devra être centré sur la zone d’exploitation : la région de Kédougou et qui consiste à créer l’ensemble des chaines de valeurs de l’entreprise sur place : de l’extraction des minerais à la construction des usines de production jusqu’au usines de fabrication des produits finis.
b _ La création de la chaine de valeurs de l’entreprise dans la région est stratégique pour la création d’emploi et la transformation de l’économie régionale en véritable pole de développement.

3 _ Définir de façon inclusive et pragmatique un plan de distribution et de redistribution des retombées de l’exploitation pour les communautés en termes de Droits et non d’aides ou de soutiens ou encore de RSE qui n’est qu’une forme de promotion de l’entreprise.

Conclusion:

En effet on aura un cahier des charges de développement et non de saupoudrage. Un cahier des charges qui aura comme axes prioritaires : une véritable politique de désenclavement terrestre, aérien, télécommunication, etc. de la région ( création d’axes routières de niveau international, de chemin de fer pour le transport du fer et produits connexes et des produits agricoles et autres) ; une politique environnementale responsable pour la réhabilitation des périmètres dévastés ; une politique de santé publique avec la prévention et la prise en charges des maladies liées à l’exploitation (construction d’hôpitaux capables de prendre en charge toutes les types de maladies éventuelles) ; une politique de valorisation des ressources humaines (création de centre de formation professionnelle) pour répondre aux besoins d’emploi de toute la chaine des valeurs ici dans la région afin d’assurer de l’exploitation à la fabrication des produits finis (usines d’extraction, de traitement, de transformation et de fabrication des produits issus du fer brut) ; bref une véritable politique de développement communautaire durable et responsable.

Ensemble soyons une force de contribution, d’orientation et de réorientation du développement durable.

NB : Attendre un petit CRD ou CDD pour soi disant valider une étude d’impact environnementale et sociale ou un plan de développement de la région« Docteur après la mort » ne serait que valider une complicité criminelle à l’entreprise de dilapidation de nos ressources naturelles !

Nb: On dit « LE Falémé  » au MASCULIN car c’est le fleuve qui s’appelle  » Falémé  » en vrai Mandingue c’est « Faléma » = vibration des vagues sous l’effet du vent !

 

M. Amadou Séga Keita
_ Juriste-consultant
_ Conseiller municipal / Commune de Kédougou




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