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Des réformes à la transformation de notre système éducatif. (Papa Moustapha Gueye)

    « Vous ne pouvez pas effectuer un changement sans une certaine dose de folie. Il se manifeste par le biais de la non conformité, le courage de rejeter les vieilles formules, le courage d’inventer l’avenir. », disait Feu Thomas Sankara. Excelllence, M. le Président de la République, votre belle initiative de placer le quinquennat à venir sous le double signe de l’emploi des jeunes et du financement à l’entreprenariat féminin est à saluer par tous nos compatriotes épris de paix, de justice et d’équité. Dans cette perspective, notre souhait le plus ardent est de vous suggérer d’articuler cette importante option à une transformation significative de notre système éducatif.                                                   A cet effet, le Sénégal devrait miser davantage  sur l’enseignement technique et professionnel, plutôt que sur l’enseignement général à l’occidental.
A dire vrai, Excellence, l’éducation et la formation au Sénégal sont plongées dans une crise cyclique depuis au moins 3 décennies. Les profils de sortie proposés apprennent toujours à devenir des salariés pour la plupart, au lieu de se projeter en créateurs d’entreprises, malgré des efforts déployés depuis quelques temps par le Ministère de l’enseignement technique et professionnel. Dans l’univers mental collectif sénégalais, l’assistante de direction ou le vigile bénéficie de plus de respect que le tailleur ou le maçon, ou encore l’électricien qui lui, sait confectionner une camisole, édifier un bâtiment ou rétablir un circuit électrique défectueux.
 Notre école à longtemps relégué l’enseignement technique au rang inférieur par rapport à l’enseignement général toujours privilégié. Or, si l’on se référe aux principaux axes du PSE, on se rend compte aisément que le Sénégal devrait se passer d’une école élitiste  qui a longtemps orienté une bonne partie de ses maigres ressources à la formation de Sénégalais qui iront finir leurs études supérieures dans des universités occidentales qui, à leur tour les mettent à la disposition des entreprises occidentales, dont les salaires attractifs encouragent la fameuse fuite des cerveaux.                                                 Excellence, M. le Président de la République, notre pays a besoin, prioritairement de ses enfants qui seront capables de cultiver le sol, de construire eux- mêmes leurs tracteurs, leurs pompes arroseurs, leurs bâtiments, d’extraire le gaz, le fer, le zircon, le phosphate, le pétrole, l’or, etc, pour créer sûrement  les conditions de l’émergence rêvée à l’horizon 2035.
 Notre système educatif devrait s’évertuer, dans sa conquête de l’équité qui vous tient à coeur, à préparer des chefs cuisiniers, des artistes, des ouvriers, des artisans, des sportifs, sans omettre  toutefois la formation de l’élite devant assurer les leadership au plan national et international.
En clair, Excellence, M. le Président de la République, le Sénégal émergent sera donc industriel ou ne sera pas. C’est de l’apprentissage industriel dont nous avons besoin, en priorité et non de l’emploi salarié classique de l’administration publique, trop bureaucratique, longtemps ancrée dans la représentation mental de notre vaillante jeunesse.                                                                Une telle option  pose ainsi la problématique du transfert de technologie, comme l’exigent les pays emergents de l’Asie lorsqu’ ils signent des accords de partenariat avec les occidentaux. Dans plusieurs universités et instituts de formation en management, au Sénégal, les formations dispensées  sont éminemment théoriques et donc pas du tout en prise avec les véritables réalités de notre émergence endogène.
Excellence, M. le Président de la République, nous avons opté pour l’alerte, surtout dans notre domaine d’expertise, celui de l’éducation et de la formation. A ce titre, il est une obligation républicaine pour nous de vous suggérer de bâtir nous mêmes nos entreprises, nos industries et autres organisations. Alors il urge dès à présent de reprofiler notre système éducatif, de requalifier nos enseignants et de spécialiser l’école en lui inventant l’ancrage adéquat sur nos réalités pour qu’ elle soit en conformité avec les TIC, la technique, la mécanique, le professionnel. Au demeurant, le système général peut précéder le système technique plus pointu une fois à l’université, ou aux écoles d’ingénieur.
 Dans un pays en voie de développement comme le Sénégal, on ne peut peut promouvoir en priorité des doctorants, des chercheurs en laboratoire, des littéraires ou ingénieurs. Nous devrions plutôt  songer d’abord à déjà former des citoyens aptes à faire du concret, à travers des curricula fondés sur l’approche par compétences, surtout pour le secteur secondaire.
Nos enfants devraient dès à partir de l’éducation préscolaire, se familiariser avec les classes d’informatique pour apprendre à programmer, car l’avenir s’annonce dans les TIC et la Société des connaissances. Les futurs citoyens devront lever des ponts devant leurs ordinateurs, ce qui du reste est en train de se faire actuellement, certes mais à  une échelle très reduite. Il devient de plus en plus inacceptable d’ajourner un apprenant à l’école au Sénégal du fait de son inaptitude à restituer l’histoire de du 14 juillet en France, de la guerre froide, ou de la longue marche de Mao Tse  Tung en Chine. Notre école devrait être réorientée sans délai vers la maîtrise consistant à fabriquer de l’huile, du savon, des tourteaux à partir de la transformation de nos arachides, à titiller les métiers liés à l’extraction de nos ressources naturelles. Le véritable encadrement devrait se situer dans ce qu’il sait faire, et ces acquisitions ne sauraient se réaliser que dans des écoles techniques, non dans l’enseignement général. Excellence, le Sénégal n’a pas encore amorcé sa véritable  révolution industrielle. Pourtant, pour y parvenir, il faut miser sur l’enseignement technique et professionnel, sous peine de retarder notre émergence, en continuant d’aller à l’école et d’être des salariés des sociétés chinoises, arabes, japonaises, turques, indiennes, marocaines et occidentales, qui viendront cultiver le riz chez nous à notre place, construire des bâtiments tout en nous confinant à une éternelle posture d’importateurs de produits de chez eux, de voitures, d’avions, de trains, d’électroménagers, de tracteurs, etc.. toutes choses qu’ils ont appris à faire depuis le siècle dernier et qu’ aujourd’hui notre enseignement technique devrait s’approprier en un temps record.
Excellence, ce nouveau quinquennat, le vôtre, le nôtre ne pourrait-il pas nous offrir, dans un sursaut national, le prétexte pour déconstruire nos stéréotypes fatalistes et oser puis, inventer de nouveaux paradigmes libérateurs, au nom de notre devise (un Peuple, un But, une Foi)?
Papa Moustapha Gueye inspecteur de l’éducation et de la Formation, Spécialisé en planification internationale de l’Éducation, Certifié en Leadership  dans les TIC et la Société des connaissances.



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