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De la traque des biens mal acquis…

De la traque des biens mal acquis et de l’obligation de rendre compte

Au début de son magistère, le Président de la République, Monsieur Macky SALL,  avait inscrit en bonne place la nécessité de récupérer les fonds supposés détournés par les caïds de l’ancien  pouvoir. La CREI (Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite), jusque-là inconnu du commun des Sénégalais, a été ressuscité et sa machine destructrice, remise en service. Il faut dire, qu’au-delà de la volonté du chef de l’Etat, la traque des biens mal acquis était une exigence morale, collective et populaire et participe du respect du principe de bonne gouvernance. C’était une volonté, une exigence du peuple sénégalais, qui pensait fort légitimement, qu’une minorité profitait des ressources du pays au détriment de la très grande majorité. Dès l’installation de son premier gouvernement, le Président de la République a ouvert les hostilités, avec à la manœuvre la très charismatique, Mimi TOURE, qui deviendra Premier Ministre. Le 31 juillet 2014 a débuté le procès de Karim Wade. L’ancien Ministre et fils de l’ancien Président Abdoulaye Wade, est accusé d’enrichissement illicite. Vingt-cinq autres personnes, des barons de l’ancien régime, étaient, elles aussi dans le collimateur de la CREI. Est-ce le procès d’un système ? Celui de la mal gouvernance ? Et quelles seront ses répercussions sur la corruption au Sénégal ? Telles étaient les questions que les Sénégalais s’étaient légitimement posées. Selon Monsieur Mouhamadou MBODJI, coordonnateur du Forum civil, « derrière ce procès, il faut comprendre qu’il y avait une énorme attente historique, depuis 50 ans. L’ancien Président de la Commission de Lutte Contre la Corruption [Commission Nationale de Lutte contre la Non-Transparence, la Corruption et la Concussion, CNLCC, NDLR], le magistrat, feu Abdou Aziz Bâ, nous disait, qu’en quarante ans de carrière, il n’avait jamais vu un cas de corruption traité jusqu’à la condamnation au niveau du Sénégal. Cela renseigne simplement sur une longue période d’impunité, pour les cols blancs qui s’amusaient avec les deniers publics, ce qui est une caractéristique des régimes néo-patrimoniaux qui ont supplanté les régimes coloniaux après 1960. L’Etat était le lieu principal et privilégié d’enrichissement de cette partie de l’élite. Et cela a continué.  Il fallait donc arrêter le carnage. Après Monsieur Karim WADE, d’autres barrons du PDS sont passés à la trappe de la traque.  Trois années se sont passées après le début de la traque et des faits blizzards, relayés par la presse, poussent à croire que la montagne a finalement accouché d’une souris. Et plus graves encore des faits troublants se sont produits. Monsieur Karim WADE, surnommé à cette période, Ministre du ciel et de la terre à l’époque, a été finalement gracié, son passeport serait même confectionné en prison et de Rebeuss, il atterrit au Qatar, sans aucune explication donnée au peuple souverain. Les titres fonciers d’Abdoulaye Wade ont été saisis, suite à la condamnation de Karim Wade et ont été restitués en fin de compte. Le Président Macky Sall aurait restitué à son prédécesseur, Abdoulaye Wade, dans le plus grand secret, le « butin de guerre », dans le cadre de la traque contre les biens mal acquis. Cette  restitution concerne des biens immobiliers situés au quartier Point E. À Bibo Bourgi, également, ils ont décidé de rendre un de ses appartement(s) confisqué(s) à Eden Rock, le reste étant vendu. À travers ce geste, croit savoir Wal Fadjri,  « Macky Sall veut calmer le jeu avec l’homme qui incarne la deuxième force politique du pays au sortir des législatives du 30 juillet dernier. » Mais il n’appartient pas à Macky de restituer à qui que ce soit ce qui appartient au peuple tout entier. Le faisant, il peut être lui aussi, assimilé à un complice de détournement de deniers publics. L’Etat a l’obligation de rendre compte au peuple et il n’appartient pas non plus à une conseillère du Chef de l’Etat, aussi spéciale qu’elle soit, fut-elle ancien Premier Ministre, de dire aux Sénégalais ce qui a été recouvré. En effet, invitée de l’émission « Rfm matin », l’ancien Ministre de la Justice et ancien Premier Ministre a lâché une véritable bombe. Selon elle, l’Etat du Sénégal a recouvré plus de 200 milliards de nos francs dans le cadre de la traque des biens mal acquis. Selon elle, « Nous (l’Etat) avons récupéré jusque-là plus de 200 milliards F CFA (de la traque des biens mal acquis) et l’affaire se poursuit », a –t-elle dit sur « Rfm matin ». Est-ce officielle ? Mais de la même manière que le peuple souhaiterait qu’on lui restitue ses deniers publics, d’autant plus qu’il a aussi le droit qu’on lui rendrait compte de sa gestion. Qu’on lui rende compte de la vérité des faits, par ce que des  Sénégalais ont peut-être, accusé d’autres Sénégalais à tort ou à raison. L’Etat a l’obligation de rendre compte. Le peuple doit savoir, qui a pris quoi et combien. Et il n’appartient pas à la presse de le faire et à une quelconque conseillère de le confirmer. C’est le Président de la République qui doit rendre public toutes ces informations rapportées par ses services compétents en la matière.

Yafata

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