Conseil National de l’Insertion et de l’Emploi des Jeunes: Au-delà des Mots, Les Maux (Mariama Th.G. FAYE)

A défaut de le crier sans être entendus, notre avis, nous allons l’écrire dans l’espoir d’être lus et compris.

Le chef de l’Etat a annoncé mercredi en Conseil des ministres, la création d’un Conseil National pour l’Insertion et l’Emploi des Jeunes (CNIEJ), « un organe consultatif stratégique d’impulsion » nous dit-on.

Une déclaration qui n’est point tombée dans l’oreille d’un sourd, puisque cette jeunesse accorde énormément d’importance à son devenir depuis que le désespoir semble être son compagnon au quotidien.

Devenir qui l’inquiète et la stresse, car depuis quelque temps, laissée à elle-même au cachot de l’inactivité et de « ir-réactivité »de ses élus.

Elle, qui a fait de longues études sans, au final, trouver ne serait-ce qu’un stage.Cette jeunesse qui passe des nuits à planifier un projet d’envergure et qui, à la fin, se heurte à des difficultés pratiques de mise en œuvre.

Comme par magie, le Conseil National de l’Insertion et de l’Emploi des Jeunes, est pensé et exprimé par le Président, lui que l’on croyait nous avoir oublié ou laissé à la merci de ses « nommés » qui ne lèvent les yeux que pour regarder que ceux qui les applaudissent.

A notre humble avis, même si ce Conseil n’est pas LA solution au problème de l’émigration clandestine, il est UNE des solutions à ce problème.

Après le constat de l’échec flagrant du ministère en charge de l’emploi sur la question, il est plus que normal de penser à prévoir une structure capable de prendre en charge cette demande nationale et incontournable pour le développement du pays.

Cependant, il faut reconnaitre que le manque de dispositif n’est pas le problème du Sénégal, mais son inefficacité.

Des institutions, nous en avons, des structures pensées avec tact et ingéniosité, nous n’en manquons pas. Notre problème réside dans leur inefficacité, le favoritisme, le clientélisme politique, la relation avec notre cible, l’inadéquation des hommes au poste qu’ils occupent.

L’inefficacité peut trouver sa solution dans le diagnostic du dispositif classique. Le Conseil devra, avant d’entamer tout travail d’impulsion, faire une étude exhaustive des causes d’échecs de toutes les entités qui avaient en charge la question de l’insertion et de l’emploi des jeunes.

Le favoritisme doit être écarté dans le processus, du choix des hommes qui devront diriger aux potentiels cibles de ce Conseil.

Le clientélisme politique n’est que la résultante du Favoritisme. Des personnes capables de trouver des idées ingénieuses, le Sénégal en a à suffisance. Il faut tout simplement mettre l’accent sur la compétence et non sur l’alliance, prôner la volonté et non la position au sein du parti.

Le Conseil se doit d’asseoir une proximité avec la jeunesse qui est sa principale cible. Pour cela, il faut créer des cadres uniformes de rencontre et d’échange dans toutes régions. Des bureaux d’écoute et de conseil, chargés de recueillir et de centraliser toutes les expressions de besoins. Les informations ainsi collectées devront être remontées au niveau du Conseil. Cette démarche aura une double efficacité : elle permettra, d’une part, de détecter les profils des demandeurs d’emploi de façon organisée et, d’autre part, faire un programme sectoriel d’optimisation des emplois et mieux asseoir une politique de création d’emploi dans les différents domaines.

Le conseil devra, pour être efficace, comporter des représentants d’organisation de jeunes qui œuvrent dans la recherche et dans la d’édiction de solutions concrètent à la problématique de l’insertion. Il ne serait guère important de choisir des personnes qui n’ont jamais été intéressées par les questions de chômages. Pour cela, qui de mieux que la jeunesse pour exprimer ses propres maux et participer à la mise en œuvre de politique pertinente d’éradication du chômage chronique des sénégalais.

Pour finir, Permettez-moi, Monsieur le Président de la République, de dire que le projet ainsi confié au ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle est une erreur flagrante puisque, s’il avait une bonne maitrise de la question de l’insertion, le Conseil n’aurait jamais existé. Leur échec flagrant est sa principale raison d’être.

De la part d’une citoyenne non partiale, ni partielle et encore moins partisane, qui rêve de voir ce Conseil rayonné et produire les effets attendus par cette jeunesse à la laquelle elle appartient.

Un échec de plus, la jeunesse ne le supportera pas.

Mariama Thior Gakou Faye

Juriste d’Affaires/ Consultante

Secrétaire Générale de l’Observatoire Nationale de la jeunesse/ Sénégal

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