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Comment sauver l’année académique ? (Par Mouhamadou M. SY)

L’année blanche est à proscrire et pour cela, il faut prescrire. Loin de nous la prétention de détenir la solution miracle. Il s’agit juste d’explorer quelques pistes que nous jugeons pertinentes pour sauver l’année académique en cours. Reconnaitre une erreur d’appréciation relève de la grandeur, mais persister dans l’erreur est diabolique et le diable est dans le détail. Donc allons à l’essentiel.

C’est le lieu de saluer le patriotisme des enseignants de l’école qui, en vrais soldats du savoir, ont répondu à l’appel de l’honneur. Conscients du danger d’une possible contamination, ils ont mis en avant le service national et respecté le serment qu’ils ont prêté devant la Nation. Bravo et hommage à eux.

La covid-19 a chamboulé toutes les programmations et politiques de toutes les institutions publiques et privées, ici et partout ailleurs. Cette situation exceptionnelle exige des mesures hautement particulières. Elle est l’occasion de remettre l’école au cours du système pour lui redonner sa place de réceptacle et de théâtre de prédilection de l’éducation, de l’apprentissage et de l’enseignement. Il s’agit bien de restaurer l’Ecole-institution.

Avec l’effort de guerre caractérisé par la prouesse du ministère des finances de rassembler en peu de temps la somme sollicitée par le Président de la République Macky SALL, une part belle doit revenir à l’école pour la refaire, la reconstruire et en faire un havre de sécurité, de plaisir et de bonheur. L’utilisation de cet argent doit être repensée et intégrer les besoins de l’institution scolaire. C’est l’occasion d’accentuer la politique entreprise depuis quelques années par en finir avec les abris provisoires. C’est un aspect fondamental et un agenda réadapté s’impose pour finaliser cela afin que ce phénomène soit totalement et définitivement éradiquer.

En même temps, là et maintenant, l’Etat devra prendre la seule mesure qui vaille : repousser l’ouverture des écoles à octobre 2020. Il ne s’agira pas d’empêcher aux apprenants de recevoir des cours mais juste d’avoir du temps pour mieux comprendre le coronavirus, cet inconnu qui nous est dorénavant notre voisin alors qu’on n’ignore beaucoup de lui. Les cours à distance dispensés à travers les plateformes seront poursuivis voire renforcés sur de nouveaux formats comme des groupes d’échanges très prisés et à travers les médias avec l’implication continuelle et soutenue des parents.

Ainsi, le nouveau calendrier sera aménagé avec la participation des inspecteurs d’académie, de l’éducation nationale et pédagogiques régionaux, des directeurs d’écoles, principaux de collèges, proviseurs de lycées et les syndicats d’enseignants. Il y aura alors une pré-rentrée des enseignants à la dernière semaine de septembre 2020 et selon les zones géographiques en raison de la pluviométrie et de la praticabilité des routes en cette période hivernale. Pour cela, il ne serait aucunement question de convoyer les enseignants dans des bus ou transports en commun. Le principe voudrait que chacun se rende à son lieu de travail personnellement comme ça se déroule depuis toujours muni d’une carte professionnelle avec toutes informations utiles et de sa convocation.

D’ailleurs, après le communiqué de fermeture des établissements par le Président de la République, les enseignants sont rentrés chez eux sans aucun soutien de l’Etat. Par conséquent, rien n’explique que pour rappliquer, on devrait les transporter. Même si cela devrait se réaliser pour des raisons quelconques, on devrait créditer le montant retenu dans leur compte bancaire ou l’envoyer par transfert à partir des services de la comptabilité publique. Sans tambours, ni trompette !

La première semaine d’octobre 2020 sera retenue comme début des cours qui prendront fin en janvier 2021. Les quatre mois d’enseignement effectués en 2019 et les cours via l’enseignement virtuel, rajoutés à ceux-ci, permettront d’organiser des contrôles et des compositions dans cet intervalle. Durant le mois de février 2021, on organisera les examens d’entrée en sixième, de BEFM et du BAC pour prendre juste un mois et demi de vacances (mars à mi-avril). Ce sera corsé, mais à situation exceptionnelle, mesure particulière. Tout le monde devrait le prendre comme tel et on sauverait l’année 2019-2020 en 2021.

Au plus tard, en mi-avril 2021, on rouvre les établissements scolaires pour la rentrée 20202021 et retenir la fin des cours en août. En cinq mois de cours intensifs, on pourra organiser toutes les épreuves requises (compositions et contrôles) et attendre septembre, en raison des aléas de la météorologie, pour organiser l’entrée en sixième, le BEFM et le BAC.

La rentrée 2021-2022 pourrait être fixée à la mi-novembre après un mois et demi de vacances pour tout le monde. A ce rythme, tout rentrerait en ordre et l’école serait sauvée.

Cela étant, toutes ces prévisions exigent des mesures d’accompagnement à savoir :

  • consensus sur ce nouvel agenda par tous les acteurs ;
  • respect scrupuleux des gestes barrières et distribution gratuite de matériels de protection ;
  • aucune grève d’élèves et d’enseignants ;
  • aucun retard de paiement de salaires des enseignants ;
  • respect scrupuleux du calendrier envisagé ;
  • paiement de toutes les indemnités échues aux enseignants ;
  • accord d’une prime négociée pour les enseignants pendant ces deux années académiques spéciales.
    C’est notre souhait, notre invite à l’endroit des autorités étatiques et académiques, des élèves, des parents mais surtout des enseignants, ces sentinelles du savoir que Victor HUGO qualifiait de « jardiniers en intelligences humaines ».
    Ce sacrifice multiforme et plurisectoriel s’impose parce que « l’école est le creuset où s’élabore l’avenir d’une génération ».

Mouhamadou Mounirou SY
Enseignant/chercheur à l’Université de Thiès
Conseiller Spécial du Président de la République
(Secrétariat général du Gouvernement)




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