PUBLICITE

DU NOUVEAU

De qualité pour tous

Pour une éducation

Une coalition

Capital et Emploi : le défi de l’emploi massif des jeunes au Sénégal (Moustapha DIAKHATÉ Ex CSP)

Partager

Il n’y a pas un seul jour qui passe ces derniers jours sans que radios et télévisions ne relatent convulsion et mouvement d’humeur de travailleurs et ouvriers dans les usines de fabrication de carreaux céramiques TWYFORD GROUP au Sénégal.
Ce groupe osons honnêtement le dire ne peut être que le bienvenu au Sénégal ; il y a créé des centaines d’emplois ; transformé les carrières du bassin de Diass en carreaux pour maisons et édifices ; il a relevé le plateau technique et logistique grâce à des unités d’assemblage dernier cri.
Pour un groupe capitalisé comme Twyford Groupe l’investissement au Sénégal pouvait se faire dans l’optimisation de la force de travail avec des chaînes d’assemblage robotisées ou semi – robotisées, monitorés à temps réel via fibres optiques ou liaisons satellites depuis l’Asie ou quelques parts dans le monde. C’est les nouvelles tendances des plateformes industrielles. Cependant pour participer à résorber le chômage dans notre pays   il a certainement préféré l’usage intensif du workforce humain local et notre pays y gagne avec les travailleurs et ouvriers qui sont employés.  Bien sûr, l’Apix lui a concédé des facilitations et c’est normal. La concurrence est rude au niveau mondial pour l’investissement direct étranger et les pays jouent la carte des facilités fiscales, douanières, etc.  L’effort de ce groupe asiatique dans l’emploi des travailleurs locaux est une faveur à notre pour peu que vous visitiez les nouveaux hubs d’une compagnie comme Amazon aux USA ou en Europe ou la présence humaine est réduite à sa plus simple expression; dans l’industrie de l’automobile aujourd’hui le robot a fini de remplacer l’homme ou la femme.
Le Sénégal avec ce groupe asiatique valide une stratégie qui s’est enclenchée depuis longtemps à savoir présenter notre pays comme une destination de choix pour l’investissement massif en capital car l’épargne domestique est quasi inexistante. Nos pouvoirs publics surtout les deux derniers régimes y ont travaillé avec des batteries de réformes pour un environnement des affaires attrayant et souvent des facilités exorbitantes ont été concédées pour positionner notre auprès des multinationales.  Aujourd’hui avec le pétrole et le gaz notre pays a des raisons d’espérer.  L’exemple de l’ile Maurice et de l’Ethiopie montrent qu’il est possible d’orienter l’investissement direct étranger dans la densification du tissu industriel local pour la demande d’exportation et surtout pour le marché local. En Afrique toutes les balances commerciales sont déficitaires car le continent importe tout.
L’output des usines Twyford est plus qu’essentiel pour notre pays ; en effet l’importation des matériaux pour le secteur du BTP ne représente pas moins de 800 milliards de FCFA par année ; à part le ciment, le sable et le béton tout est importé dans le bâtiment au Sénégal.  Le secteur du BTP est la première destination de l’épargne des sénégalais ; le motif principal de leur endettement car tout sénégalais veut un toit. La diaspora engloutit 40% de ses transferts au pays dans le bâtiment, ainsi en termes de valeur ajoutée annuelle le bâtiment avoisine 1200 milliards de F CFA   au Sénégal d’où l’enjeu prépondérant de ce sous-secteur pour notre pays et son économie.
A cela s’ajoute le programme des 100 000 logements du Président de la République, en effet les études d’éminents urbanistes ont montré que   les forces du marché seules ne peuvent pas démocratiser l’accès au logement aux pères de familles surtout ceux aux revenus modestes; d’où l’intervention de la puissance publique pour épauler et capitaliser les promoteurs privés.
 
Le groupe asiatique a bien compris tous ces enjeux ; la demande de matériaux de seconds œuvres et finitions explosent en Afrique et le Sénégal en tête avec la montée en puissance de la classe moyenne qui demande des villas et appartements de qualité. Il y’a aussi le corridor Dakar – Bamako et le port de Dakar qui permettent l’accès au marché sous – régional. Les trois géants du ciment dans notre pays lui ont montré la voie.  Le Sénégal cherche désespérément des créneaux et opportunités pour sa jeunesse ; notre force de travail connaît dans ce pays et partout sur le continent une croissance exponentielle d’où l’impérieuse nécessité d’attirer des investissements structurants dans tous les domaines pour une transformation de nos économies surtout dans les secteurs- clé   comme l’industrie et l’agriculture.
L’investissement du groupe asiatique dans notre pays répond à cela il apporte du capital et un savoir-faire technologique ; le tout conjugué à notre force de travail et ressources naturelles abondantes pour transformer nos économies dans le cadre de chaînes de valeur. Les richesses ainsi créées et distribuées sous formes de salaires et de prélèvement direct ou indirect bénéficient aux travailleurs et aux administrations.
Le Sénégal semble avoir un besoin urgent d’investissements importants aujourd’hui et ne nous y trompons pas le monde offre énormément d’opportunités d’investissement notamment en Asie d’où est originaire le groupe asiatique, là-bas la productivité par tête de travailleur est plus élevée que chez nous; le rendement du capital plus garanti et les lois et législations du travail moins rigide souvent même inexistantes.  Les économies en Asie ont été configurées comme telles c’est pourquoi nous avons les tigres avec des pays comme Singapour; la Malaisie; Hong Kong etc. 
Chez nous au Sénégal les travailleurs de la poste et des chemins de fer ont été aux avants postes de la lutte pour l’indépendance et avec la puissance coloniale nos pays ont hérité de lois et législations du travail souvent inadaptées face aux changements et mutations de la demande mondiale. Les cas du textile ou de la sidérurgie sont illustratifs des transformations profondes et souvent brusques de l’industrie dans le monde. L’ouvrier et le travailleur doivent s’adapter à un environnement et un écosystème changeants et volatile et cette situation n’échappe à aucun pays ou aucun continent.  D’où légitimement la question de savoir en quoi l’ouvrier sénégalais et le travailleur ici dans notre pays a- t- il de plus que les ouvriers textiles au Pakistan et au Bangladesh.  Qu’a-t-il de plus que les ouvriers dans le domaine de la sidérurgie ou du charbon en Europe ; et ne parlons pas des usines d’assemblage et de montage des terminaux Apple chez les tigres asiatiques. Et plus près de nous voyons le secteur du textile ou du sucre à Maurice, aussi les travailleurs de l’industrie du cuir et des peaux en Ethiopie. Partout dans le monde les conditions sont à quelques exceptions près les mêmes. Le capital semble dicter sa loi et c’est au travail de s’y ajuster et nos pays d’Afrique s’ils veulent attirer l’investissement structurant n’échapperont pas à cette tendance.
Pour le Sénégal il nous faut beaucoup de cohérence dans notre démarche en abrogeant ou en révisant nos lois et législations du travail ; si nous voulons transformer ce pays avec des capitaux étrangers à la recherche du rendement optimal en allant vers plus de flexibilité dans nos législations car ce monde protège le capital plus que l’emploi. D’ailleurs ne nous y trompons pas l’annonce de vagues de licenciement déclenche rapidement et de manière fulgurante la hausse de l’action cotée à la bourse de l’entreprise qui l’annonce car les financiers considèrent le travail comme un coût c’est à dire une variable d’ajustement.
 Il nous faut impérativement nous aligner sur l’Asie avec plus de flexibilité dans nos législations et booster la productivité des travailleurs par la formation et l’apprentissage. C’est à ce prix seulement que les groupes asiatiques ou européens voire même africains viendront investir à nos côtés pour un renouveau économique qui permettra à nos jeunes de trouver des emplois.
Moustapha DIAKHATÉ
Ex Conseiller Spécial Primature




Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *