PUBLICITE

DU NOUVEAU

De qualité pour tous

Pour une éducation

Une coalition

Relance de l’économie / Implication du secteur privé : Et si le chef avait déjà sa liste d’investisseurs ?

Depuis sa tournée agricole effectuée dans les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine, le chef de l’État insiste sur la nécessité pour le secteur privé national de s’impliquer davantage dans l’agriculture et l’élevage. « Le Sénégal importe énormément de lait et évidemment nous devons encourager les hommes d’affaires, le secteur privé, à investir dans les fermes laitières. C’est très exigeant en terme d’entretien, de soin, qu’il faut apporter aux vaches et surtout en terme d’alimentation et d’eau… Moi, j’invite encore une fois les hommes d’affaires sénégalais à s’investir dans cette filière », a-t-il laissé entendre. 

Poursuivant, le président Macky Sall a mis l’accent sur « l’agriculture et l’agro business mais aussi l’élevage intensif. » 

D’après lui, « l’élevage traditionnel, nous allons continuer à le faire mais pour avoir de la productivité et pour être autosuffisant en lait et en viande, il faut une nouvelle méthode de travail… », avait dit le chef de l’État lors de sa visite à Sokone. 

En conseil des ministres du 23 septembre 2020, il avait exhorté les acteurs du monde rural à intensifier la transformation industrielle locale des productions en s’appuyant sur les agropoles, en cours de développement, dans le cadre de son initiative « PSE Cap sur l’Industrialisation. » 

Le Président de la République a, par ailleurs, exhorté les acteurs du secteur privé à investir massivement dans l’agro-industrie et l’élevage, à travers l’implantation, sur l’étendue du territoire, de fermes et de domaines agricoles modernes, fortement créateurs d’emplois et de valeur ajoutée pour notre économie. De la creation d’emplois c’est de cela qu’il s’agit, mais aussi et surtout de l’autosuffisance alimentaire. Cette volonté, il la réaffirmera le 02 octobre 2020 à l’occasion du conseil présidentiel sur la relance de l’économie.

Au préalable et pour ouvrir la voie au secteur privé, le chef de lÉtat par un décret en date du 16 septembre 2020, a fixé de nouvelles règles relatives à l’affectation des terres du domaine national comprises dans les communes.

Désormais, les terres de culture et de défrichement sont affectées par délibération du Conseil municipal. Cette délibération n’est exécutoire qu’après approbation soit par le sous-préfet, soit par le préfet de département territorialement compétent lorsque la superficie objet d’une délibération ne dépasse pas dix (10) hectares. Toutefois, quand la superficie des terres est comprise entre dix (10) et cinquante (50) hectares, seul le préfet du département dans lequel est géographiquement localisé l’assiette, approuve la délibération. Et au-delà de cinquante (50) hectares, la délibération ne peut être approuvée que par le gouverneur de région, territorialement compétent, par acte réglementaire enregistré au niveau du Secrétariat général du Gouvernement. 

En d’autres termes, c’est le secrétariat général du gouvernement qui affectera les futures agropoles aux futurs investisseurs. Il faut dire que l’accès à la terre pourrait constituer un sérieux blocage à l’implication du secteur privé dans l’agro-business. Ce décret règle en partie ce problème et éviterait d’autres ‘’NDINGLER’’. Les agropoles vont contribuer au renforcement de l’industrialisation du Sénégal à travers les chaînes de valeur agricoles grâce à la mise à disposition d’infrastructures durables et d’équipements d’exploitation. 

Dans un contexte marqué au Sénégal par des performances au plan agricole, les agropoles, en assurant une meilleure répartition des infrastructures, réduiront les disparités entre les régions et créeront les conditions favorables à des investissements vecteurs de compétitivité. Sous l’angle du Plan Sénégal Emergent, trois (03) agropoles ont été identifiées. Il s’agit de l’agropole Nord couvrant les régions de Louga, Matam et Saint- Louis ; de l’agropole Centre regroupant les régions de Diourbel, Fatick, Kaffrine et Kaolack et celui du Sud avec les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Mais il est clair qu’il faut une implication massive du secteur privé si nous voulons avoir des agropoles sur toute l’étendue du territoire. 

Une agropole de 10 000 ha c’est en moyenne 10 000 emplois direct, une autosuffisance assurée en riz, en maïs, en moutons, en lait, si contrairement à ce que l’on voit tout est produit et transformé sur place.  

L’agriculture et l’élevage seront la locomotive de la relance de l’économie Sénégalaise. Comme pour joindre l’acte à la parole, quelques jours après le conseil présidentiel sur la relance de l’économie, soit le samedi 03 octobre 2020, s’est déroulée la signature du contrat de construction de la centrale électrique entre la Senelec et West African Energy (WAE). 

Ceux qui s’attendaient à un regain d’intérêt pour le patriotisme économisme vont vite déchanter, puisque dans cette affaire, ce sont les Turcs qui gagnent le marché, plus de deux ans après une visite de Reccep Tayyip Erdogan à Dakar. 

Les deux pays avaient, en effet, signé une convention portant sur l’énergie. La centrale en question sera construite et gérée par les Turcs de Calik Energy, principal partenaire technique de la société du privé national dirigé par Samuel Sarr et dont Arona Dia, financier de l’opposant MACKY, serait aussi un actionnaire. 

En vérité ce sont les turcs qui ont gagné ce marché et non Samuel Sarr, il n’est en réalité qu’un prête nom dans cette affaire. En réalité, ils sont nombreux, les « amis de Macky » qui ne peuvent plus prétendre à un poste dans le gouvernement qui sont désormais dans le secteur dit privé. Ces derniers, boostés par Macky ont à ce jour des partenaires étrangers qui vont bientôt bénéficier de contrats aussi juteux les uns que les autres.  

C’est le cas des Italiens, sous couvert de privés Sénégalais, vont bientôt bénéficier de 10 000 ha de terres à Niakhar, région de  Fatick. Le paradoxe dans cette affaire est les 10 000 ha de maïs qui y seront cultivés, seront exportés en Italie pour y être transformés en Ethanol qui nous sera revendu pour être utilisé dans l’essence que nous consommons. Un vrai programme d’agrobusiness, installerait une usine de transformation de ce maïs à Fatick. 

L’emploi des jeunes y sera presque réglé et l’éthanol produit, pourrait nous permettre de passer de 10% actuellement dans le fuel à au moins 15%. Mais qu’à cela ne tienne. Le modèle d’agrobusiness qui sera installé à Niakhar, est loin de ce qui nous développera, il ne servira que les intérêts d’un groupuscule de personnes. 

Or, l’intérêt est d’avoir des agrobusinessmen installés à travers le pays, qui seuls sont capables de développer notre agriculture et qui nous permettront d’être auto-suffisant en tout, est d’avoir dans chaque agropole des milliers d’emplois, des usines dans les localités du pays, mais aussi et surtout permettre aux collectivités territoriales de pouvoir bénéficier de redevances pouvant atteindre les 100 millions par an. 

En d’autres termes, il ne servirait à rien d’installer des agrobusiness si tout ce qui y sera produit est destiné à l’exportation. Et dans ce cas, le secteur privé national ne serait qu’un prête-nom…

SUNUGOX




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *