Distribution de l’aide alimentaire : Un casse-tête chinois pour les maires.

Le président de la République a lancé un programme d’aide alimentaire d’urgence doté d’une enveloppe de 69 milliards de francs CFA tirée du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Coronavirus (Force Covid-19) pour l’achat de 146 000 tonnes de denrées alimentaires à distribuer aux ménages ciblés sur l’ensemble du territoire national…   8 millions de personnes sont concernées par cette aide pour 1 million de ménages sur toute l’étendue du territoire national. Ainsi, depuis le 12 Avril 2020, des tonnes de denrées alimentaires sont convoyées dans les régions sous la surveillance de l’armée. Le chef de l’État a exigé des gouverneurs de région et des préfets, une transparence totale dans la distribution des vivres. Pour la répartition de cette aide, l’État s’est basé sur le registre national unique, (RNU) et y a ajouté ce qu’il considère comme “ménages vulnérables au Covid-19”. Si l’on sait que le RNU est caculé sur la base du recensement de 2013, mais pour “les ménages vulnérables aux Covid-19”, l’on se demande sur quelle base elle a été calculée. Interpellé par sunugox.info, le maire de Kédougou, qui n’a reçu que pour 3.463 ménages, regrette que l’État n’ait pas pris en compte des milliers de familles, qui vivaient de l’orpaillage, sites fermés  pour cause de Covid-19. Même son de cloche chez le maire de  Khossanto, où pour plus de 3.000 ménages qui vivent tous de l’orpaillage traditionnel, seul 229 bénéficieront de l’aide. Dans une tribune à la presse, le maire de Djiddah Thiaroye Kao a affirmé, “que l’aide reçue ne peut couvrir qu’un ménage sur trois (1/3), dans la commune.” C’est dire donc, que ces trois maires cités, à l’instar de presque tous les autres maires du pays, auront de réels difficultés à partager l’aide aux bénéficiaires. En d’autres termes, l’aide alimentaire serait un cadeau empoisonné entre les mains des maires. Quelle que soit la stratégie adoptée, quels que soient les gages de transparence, aucun maire ne sera épargné dans la gestion de cette affaire. Pour combler le gap et pour parer à toute éventualité, certains d’entre eux ont, comme le maire de Kédougou, a déjà mis de côté plus de 20 tonnes de riz, pour ceux qui ne seront pas dans la liste de la commission qu’il a mise en place. À Khossanto, grâce à ses fonds propres et grâce à un appui de la SGO, le maire de la commune compte doter le maximum de ménages possibles. D’autres, comme celui de Mermoz Sacré-Coeur, ont adopté d’autres stratégies, mais tous font face à un véritable casse-tête chinois…

Yaya cissokho

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